Sexe de droite et sexe de gauche

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Après le feuilleton DSK, qui a alimenté pendant des mois les fantasmes sur l'émergence d'une "gauche partouze", on pensait la boîte à racontars polissons un temps refermée. Que nenni ! Entre rumeurs d'infidélité présidentielle et "outings" en série à l'UMP, droite, gauche et sexe continuent de faire bon ménage...à trois.


LE FLOCH/SIPA
LE FLOCH/SIPA
Post coitum, anima tristis. C'est bien connu : après la fièvre, après l'extase, l'âme est triste. L'excitation se retire et l'on s'ennuie un peu, comme on s'ennuierait presque ces derniers mois, depuis que la bagatelle a déserté les manchettes de nos journaux et que le sexus politicus semble en berne... Il faut dire que les Français, scotchés devant la télé par l'ahurissant feuilleton Dominique Strauss-Kahn, ont vécu deux années torrides. Ils ont suivi, mi-effarés mi-titillés, les pérégrinations de ce fils spirituel du marquis de Sade, passé par la rubrique faits divers, avant d'échouer au rayon charcuterie sous la plume de l'essayiste Marcella Iacub qui, dans Belle et bête (1), dévoile sa liaison cochonne avec «le porc».

DSK, l'homme par qui le scandale est arrivé à gauche. Du Sofitel de New York au Carlton de Lille en passant par les soirées libertines en compagnie de prostituées recrutées par ses amis ch'tis, dont un patron de «bars à hôtesses» surnommé Dodo la Saumure, allusion à l'eau salée où marinent les maquereaux... Ça ne s'invente pas ! Pendant de longs mois, DSK a fait planer l'ombre dentelée de ses parties fines sur l'ensemble du PS. Il a suffi qu'entre les deux tours de la présidentielle il se pointe à l'anniversaire du socialiste Julien Dray au bar J'ose de la rue Saint-Denis - où les entrées sont, il est vrai, appelées «préliminaires» et les desserts, «orgasmes» - pour manquer de faire basculer la campagne : certains membres de l'équipe de la campagne hollandaise, eux aussi présents, durent illico se planquer, se récrier, bref, ramer comme de beaux diables afin de ne surtout pas risquer d'associer leur héros à une quelconque «gauche partouze».

Pendant de longs mois, la gauche Strauss-Kahn n'a pu se défaire d'une odeur de soufre et de patchouli. C'est bien simple : être un de ses anciens lieutenants vous rendait presque automatiquement suspect de polissonnerie boulimique. Ainsi, l'UMP Nadine Morano tweeta-t-elle à propos de l'ancien proche de DSK Pierre Moscovici (alors qu'il était directeur de campagne de François Hollande) : «Il aurait échanger [sic] des SMS salaces avec DSK.» Pure invention. La madone de Toul effaça son tweet quelques jours plus tard. Mais c'est dire à quel point les chuchotis régnaient...

Bah ! Aujourd'hui que l'horizon judiciaire de DSK semble se dégager, l'ambiance n'est plus du tout la même. Elle a tourné limite fleur bleue. L'ex-patron du FMI a, dixit le Parisien, «retrouvé le sourire» au bras de sa nouvelle compagne, Myriam L'Aouffir. On a même vu le couple fouler le tapis rouge du Festival de Cannes, et roucouler dans les tribunes du central de Roland-Garros - «the place to be» - sans que ça fasse un foin.

Fripons élyséens

Post coitum, anima tristis. Valérie Trierweiler, la jalouse, qui a révélé sa détestation de Ségolène Royal à l'occasion des campagnes pour la présidentielle et les législatives, a fini par devenir une première dame très discrète. Aucune rumeur de crêpage de chignon entre l'ex et la nouvelle n'a filtré de l'Elysée depuis plusieurs mois. Mais il paraît que, dans l'entourage du chef de l'Etat, on reste sur ses gardes, car «Valérie» peut être imprévisible. «Les hommes de confiance du président envisagent les pires scénarios en cas de conflits typiques d'une famille recomposée, raconte un observateur des mœurs au Château. Par exemple, si le fils aîné, Thomas, a un enfant, qui va poser sur la photo de famille ? Hollande et Ségolène côte à côte ? Dans ce cas, comment va réagir Valérie ?» A surveiller comme le lait sur le feu.

En attendant la prochaine crise politico-conjugale qui rouvrirait la porte de la chambre à coucher élyséenne, d'aucuns s'acharnent à vouloir faire de notre président normal un homme coquin, en alimentant la machine à fantasmes. Le pouvoir étant un redoutable aphrodisiaque, Hollande collectionnerait forcément les maîtresses et planquerait une Mazarine, comme jadis François Mitterrand : avant que le candidat socialiste n'atteigne le perron de l'Elysée, ses adversaires de droite s'étaient au reste déjà empressés de balancer sur les réseaux sociaux une prétendue aventure avec Anne Hidalgo, dont serait née une enfant. Le cancan, supprimé en juin 2012 des comptes Twitter à la demande de la première adjointe au maire de Paris, a resurgi sous d'autres formes très récemment.

Pour remplacer la brune Hidalgo, les commères ont choisi une blonde. Cette fois encore, la victime du ragot, à savoir la comédienne Julie Gayet, a porté plainte contre X pour «atteinte à la vie privée». Mais son démenti n'a pas tué la rumeur. Sur la Toile, les internautes continuent de s'échanger les derniers potins : Gayet serait devenue l'intime de Hollande après avoir participé à son clip de campagne ; on aurait aperçu François sortir au petit matin de l'immeuble de «Julie» situé à deux pas de l'Elysée ; ces dernières semaines, le ventre de l'actrice se serait arrondi et on l'aurait vue au restaurant refuser un verre de vin... et blablabla. Que d'efforts pour hisser François Hollande au rang de ses prédécesseurs infidèles et cavaleurs qui couchaient «à droite, à gauche» : Valéry Giscard d'Estaing le butineur, François Mitterrand le moissonneur, Jacques Chirac le festoyeur, comme les décrit Renaud Revel dans les Amazones de la République (2).

Et quid de Nicolas Sarkozy, dans cette galerie de portraits de nos chefs d'Etat en fripons congénitaux ? Aux dernières nouvelles officielles, le premier président à avoir divorcé à l'Elysée filerait le parfait amour avec sa troisième épouse, Carla Bruni. Morne plaine... Pourtant, à en croire le Monarque, son fils, son fief (éd. du Moment, juin 2012), l'ex-président posséderait un gros appétit pour la chose... Dans cette vraie-fausse fiction mettant au jour les secrets de la galaxie Sarkozy dans les Hauts-de-Seine, l'ex-directrice de cabinet de Patrick Devedjian, Marie-Célie Guillaume, révèle un président de la République vorace, «excité sexuellement» avant la cérémonie de Légion d'honneur qu'il doit remettre à Isabelle Balkany et réclamant une «gâterie» à une élue locale qu'il reçoit dans son bureau de l'Elysée : «Sois gentille... Tu vois bien que j'ai besoin de me détendre ! Allez, c'est pas grand-chose...» Un récit qui a délié quelques langues : toujours vexés de n'avoir pas été choisis par le monarque, quelques petits marquis se vengent en racontant à qui veut l'entendre que Sarkozy a couché avec toutes les femmes qu'il a promues ministres. Mais ça, bien sûr, c'était avant Carla...

"On veut du sexe !"

Anima tristis ? En fait, ces derniers temps, on n'a jamais autant parlé de sexe à droite ! Pour certains culs-bénits, la croisade contre le mariage gay aurait même été une parenthèse enchantée. Dans les manifs, on a vu des milliers d'«anti», vestes Barbour et jupes au-dessous des genoux, hurler à tue-tête : «On veut du sexe, pas du genre.» «Il y avait un côté Mai 68. A la base, les gens étaient supercontents, ils décoiffaient les cathos en parlant d'homosexualité», veut encore croire Frigide Barjot. Aujourd'hui, l'égérie disjonctée de La Manif pour tous qui a remballé ses banderoles le 25 mai dernier à la veille du dernier défilé est amère. Elle accuse les «cathos idéologiques» homophobes et les caciques de l'UMP de lui avoir volé son printemps en instrumentalisant le mouvement. «Avec des slogans comme "Hollande démission" ou "Nous sommes tous des hétéros", c'était devenu insupportable !» s'irrite Barjot, qui se revendique toujours «fille à pédés».

Dégâts collatéraux du mariage pour tous, on a assisté dans la foulée à quelques «outings» (révélation de l'homosexualité) aussi sauvages que spectaculaires. Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la Mairie de Paris, l'a-t-elle utilisé comme arme de guerre contre son ennemi Patrick Buisson, artisan de la droitisation de l'UMP. A l'ex-journaliste de Minute, conseiller de Sarkozy, qui répand partout qu'«elle n'a aucune chance de reconquérir Paris», NKM a répondu en le traitant auprès de quelques journalistes de... «gestapette». Référence au surnom donné sous l'Occupation par les gaullistes à Abel Bonnard, essayiste maurassien, ministre du gouvernement de Vichy et homosexuel. «Avant elle, Sarkozy avait déjà surnommé "Gestapette" un de ses ministres à qui l'on prête une liaison avec un élu local», précise un expert des us et coutumes à l'UMP.

Faire sortir certains adversaires politiques du placard, c'est un domaine où Stéphane Bern semble en connaître un rayon. L'animateur, homosexuel revendiqué et promariage gay, s'est ainsi chargé du cas Geoffroy Didier, en révélant le 1er juin sa prétendue homosexualité sur le plateau de «Salut les Terriens» (Canal +). «Je comprends que, vu vos positions politiques [très antimariage homo], ça peut vous embarrasser... mais, en même temps, y a des gens très bien à qui ça arrive», ajoute perfide le chroniqueur mondain. Démenti de l'«outé», cofondateur avec Guillaume Peltier de La Droite forte : «J'assume mon hétérosexualité, personne n'est parfait.» Mais, bien sûr, le buzz a fait son effet. Sommé, quelques jours plus tard, de s'expliquer devant les télés, Stéphane Bern rétropédale : «Ce n'est pas de l'"outing", c'est une boutade» explique- t-il, avant de lâcher une nouvelle bombinette sur le plateau de «C à vous» (France 5) : «L'"outing", c'est de dire "Untel est comme ça". Je me serais bien gardé de parler de la vie privée de Geoffroy Didier ou de Guillaume Peltier.» Deuxième «outing» ? Encore une boutade à la Bern...

«A gauche, l'homosexualité est revendiquée alors qu'à droite on cultive l'hypocrisie», reprend un proche de l'UMP, en rappelant que Jean-François Copé, qui pendant des semaines a encouragé les antimariage gay à battre le pavé, a toujours dit, en privé, y être favorable. Autre info, le même Copé, qu'on a vu défiler avec l'écharpe tricolore à l'ultime Manif pour tous, possède un staff constitué de conseillers qui ont pratiquement tous la particularité d'être homo. Oh, le faux-cul ! Au siège, rue de Vaugirard, ça ragote même à tous les étages. On joue à se faire peur en faisant courir les bruits les plus dingues sur Untel, ex du gouvernement Fillon, qui aurait quitté sa femme pour un homme.

Élus roses libérés

«La marque de fabrique de la droite, c'est l'homosexualité honteuse», reprend notre informateur. A l'UMP, seul le député Frank Riester assume son orientation. Et le fait est qu'il ne faut pas trop compter sur la droite pour bouleverser les mœurs. Du coup, lorsqu'on parle de sexe aux élus roses, ils se vantent, sans risquer d'être contredits, d'avoir tout fait : le Pacs, la parité, le mariage gay... Ils rappellent que la loi Veil autorisant l'IVG a été votée certes sous Giscard, mais sous la pression des féministes et grâce aux voix de la gauche. Et ils se vantent d'être les premiers à respecter à la lettre la parité au sein de l'équipe Ayrault - ce qui n'est plus exact depuis que Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, a été éjectée pour manque de solidarité gouvernementale.

Il y a quelques mois, Matignon a même sommé les membres du gouvernement de suivre une formation de sensibilisation au sexisme, dispensée par Caroline de Haas, la fondatrice d'Osez le féminisme. Une session qui a ravi Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture : «Caroline de Haas nous a montré des diaporamas, des chiffres clés et des éléments sur les stéréotypes. C'est une bonne manière de cadrer le problème», confie-t-il à l'Express, avant de faire the gaffe. Dans son ministère, dit l'élève Le Foll, il a «tenté de promouvoir des femmes au maximum, bien que [ses] dossiers soient très techniques». Chassez le naturel...

D'autres mazarine ?

Car chez l'Homo sexus le machisme a la vie dure. «Il y a une forme de toute-puissance, assure un habitué de l'Hémicycle. Les élus sont dans la séduction. Ils font preuve d'autant de ferveur pour vous convaincre que leurs choix politiques sont les bons que pour vous proposer un 5 à 7. Ils ont continuellement besoin d'être rassurés sur leur pouvoir.» Le sexisme ordinaire serait d'ailleurs également partagé à droite et à gauche. Exemples pris sur le vif. A ma gauche : un député socialiste qui déjeune avec des collègues au restaurant du Palais-Bourbon interpelle à haute voix une journaliste qui traverse la salle par un : «Je vous présente les plus belles jambes de l'Assemblée !»

A ma gauche toujours, André Vallini, le «M. Justice» de la campagne de François Hollande, qui se serait bien vu en garde des Sceaux, aurait raté le maroquin pour une affaire qui menaçait de lui exploser au nez : le sénateur de l'Isère était poursuivi par Brigitte, son ancienne assistante parlementaire, 56 ans, laquelle lui reprochait de l'avoir «mise au placard» pour promouvoir à sa place une jeunette de 30 ans, Miss Rhône-Alpes 2009. L'affaire s'est tassée en février 2012 quand la plaignante a accepté une transaction financière devant les prud'hommes.

Et à ma droite ? «Ils ont l'air de ne pas y toucher, mais ce sont de gros lourds ! Ils passent leur temps à raconter leurs histoires de fesses et sont persuadés qu'aucune femme ne peut résister à leurs avances», témoigne en off une jeune militante qui n'a pas succombé. Elle raconte que, pendant les universités d'été, les Jeunes pop sifflotent à l'unisson Sea, Sex And Sun. «Ils sont tous mariés, tous hyperconservateurs, mais tout le monde couche avec tout le monde. On se croirait chez des militants d'Europe Ecologie-Les Verts.» Allusion à la réputation de libertins qui colle au train des écolos depuis qu'ils ont fait des galipettes sur le plateau du Larzac dans les années 70.

Moins pudibonde que ne laissent paraître ses idées, Christine Boutin est l'une des rares à ne pas craindre le «on», lorsqu'elle parle des mœurs de ses petits camarades. En 2012, lors d'un déjeuner avec quelques journalistes, la patronne du Parti chrétien-démocrate dégaine son iPad et exhibe une photo datant des années 80 où elle est en compagnie de François Bayrou, François Léotard et de Philippe Douste-Blazy. «Je n'ai jamais couché avec eux», s'amuse-t-elle, avant que la discussion se poursuive sur le retrait inattendu de Jean-Louis Borloo de la course à la présidentielle. A l'époque, il se raconte que le radical a renoncé à la compétition par crainte que ses adversaires ne révèlent l'existence d'un enfant caché. Qu'en pense Boutin ? «Vous êtes naïfs, répond-elle. Ils ont tous des Mazarine !» A droite, comme à gauche, l'ombre de Tonton rôde...


(1) Stock, 2013.

(2) First Document, 2013.


Sodomie, avantage au FN 1: 55 % des sympathisants du Front national pratiquent la sodomie, contre 45 % en moyenne chez l'ensemble des Français.

Fellation, avantage à la gauche 1 : 81 % des sympathisantes de gauche déclarent l'avoir pratiquée, contre 69 % des sympathisantes de la droite parlementaire.

Fidélité,avantage à l'UMP 1 : 23 % des sympathisants de l'UMP n'ont eu qu'un seul partenaire au cours de leur vie, contre 18 % en moyenne chez l'ensemble des Français.

Infidélité, avantage à la gauche 1 : 35 % des électeurs de gauche disent avoir été infidèles, contre 29 % des électeurs sarkozystes, 28 % des lepénistes et 27 % des centristes.

Echangisme, avantage à la gauche de la gauche 1 : 10 % des sympathisants d'extrême gauche et 9 % de ceux du Front de gauche déclarent pratiquer l'échangisme, contre 5 % en moyenne chez l'ensemble des Français.

1. Source : enquête sur les mœurs des Français et leurs orientations politiques réalisée par l'Ifop pour Hot vidéo du 30 mars 2012.

DIS-MOI POUR QUI TU VOTES...

La gauche olé-olé, la droite coincée. Question sexe, les stéréotypes ont la vie dure et les électeurs français seraient clairement divisés en deux catégories. Mais en fait, comme toujours en amour, les choses ne sont pas simples.

Si, à droite, les électeurs sont plus sages, c'est avant tout parce qu'ils sont plus riches, plus diplômés et «surtout beaucoup plus âgés et plus pratiquants que la moyenne des Français», analyse François Kraus, directeur d'études à l'Ifop au département opinions et stratégies d'entreprise*. Les sympathisants de l'UMP et du MoDem ont donc une vie sexuelle plus stable, moins intense que la moyenne des Français et moins folichonne que ceux du camp d'en face.

Les électeurs de gauche, plus jeunes et plus libertins, en effet, «se distinguent par une plus grande expérimentation des comportements sexuels sortant du cadre classique», poursuit François Kraus. En bref, leur marque de fabrique serait l'infidélité et l'échangisme, «comme si, souligne-t-il, leurs positions sur les questions de propriété pouvaient les rendre plus enclins à l'échange de partenaires sexuels». Voilà pour les partis dits «classiques».

Et aux extrêmes, que se passe-t-il ? Plus l'électeur est frustré sexuellement, plus il est disposé au vote protestataire. Ainsi, plus d'un tiers des électeurs du Front de gauche, du Front national, du NPA et de Lutte ouvrière ont un «sentiment d'insatisfaction sexuelle» plus fort que la moyenne des Français. Il existerait même un lien entre «insatisfaction sexuelle» et «rejet de la politique» : en résumé, moins on fait l'amour et plus on s'abstient ! CQFD...

* «Sexe et politique... Enquête sur les mœurs des Français et leurs orientations politiques», sondage Ifop pour Hot Vidéo du 30 mars 2012.

MAIS AU FAIT... Où en est-on de l'affaire Tron ?

L'«affaire Tron», qui a explosé dix jours après l'arrestation de DSK au printemps 2011, s'est révélée être un pétard mouillé. Georges Tron, alors secrétaire d'Etat dans le gouvernement Fillon, s'était vu accuser de viol en mai 2011 par deux anciennes employées de sa mairie de Draveil (Essonne), et mis en examen dans la foulée. Grand fana de réflexologie plantaire, l'édile avait en effet une étrange façon de prendre son pied : en massant ceux des dames ! Après deux ans d'enquête, le parquet a requis un non-lieu. Mais Tron n'est pas lavé de tout soupçon. Les magistrats instructeurs ont en effet recueilli «plusieurs témoignages d'employées de la mairie de Draveil qui ont eu à subir - ou ont accepté - des séances de massage de pieds de la part de Georges Tron, sous prétexte de pratiquer la "réflexologie plantaire", parfois suivies de caresses sur tout le corps, puis éventuellement de relations sexuelles».

LE FN ET LE VOTE HOMO

La discrétion de Marine Le Pen pendant le débat sur le mariage gay a pu en surprendre certains - on ne l'a pas vue dans les cortèges, ni entendue exhorter ses sympathisants à battre le pavé. Il y a une explication électorale à cela : d'après une étude du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof) réalisée en janvier 2012 par le sondeur de l'Ifop François Kraus, si les électeurs homosexuels (majoritairement de gauche) rejettent très nettement la droite parlementaire, ils ne boudent en rien le Front national ! A la veille des échéances de 2012, leur attrait pour l'extrême droite (19,5 % d'intentions de vote) était «tout aussi prononcé que dans le reste de l'électorat». La leader frontiste l'a bien compris, qui, en pleine campagne présidentielle, s'est même fendue d'une longue interview à Têtu.


*Article publié dans le n°847 du magazine Marianne paru le 13 juillet 2013

Publié dans Dans l'actualité

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