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C’est finalement Cécile Duflot des verts qui a eu une réflexion qui mérite que l’on s’y attarde : "C’est à la fois dérisoire et ça suscite une véritable question", a déclaré Mme Duflot sur i-Télé. "C’est dérisoire parce qu’il (M. Sarkozy) y était le 16 novembre, apparemment tout le monde converge, mais on oblige des gens à mentir pour dire qu’il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens ?" (AFP)




 Cette mascarade, cette Bérézina du mensonge Facebook présidentiel, est une affaire, finalement, bien plus grave qu’il n’y paraît. Petit à petit, tout converge pour dire que, en parodiant Tweeter, celui qui créa Dieu n’était absolument pas à Berlin dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. J’ai mis en vignette en superposition deux découpes. La première vient de la collection privée du Président et mise sur Facebook le déclarant en train de participer, sinon faire, l’Histoire en Allemagne, avec son petit piolet. La seconde est extraite d’une vidéo (voir ci-dessous) d’un extrait retrouvé par TF1 qui montre Juppé et Sarkozy à Berlin le 16 novembre 1989. Ce que j’ai entouré en rouge c’est une écharpe (en mohair ?) grise. Cette écharpe, qui paraît identique est sur les deux extraits. Ce n’est pas une preuve absolue, mais un élément de preuve que, sans doute, cette photo du mur a été prise ce même jour, le 16.
 
Sans s’étendre sur les divers témoignages venus à la rescousse de Sarkozy, il faut en analyser au moins trois.
 
Celui de Juppé. Il n’a pas arrêté de s’embrouiller pour terminer par une pirouette pour le moins minable et qui botte en touche sans courage et sans honneur, prétendant que si tout le monde disait que c’était le 9 alors c’était le 9 et ce malgré une photo le montrant à Colombey la veille, malgré un interview télévisée le 10 dans laquelle il ne parle ni de son possible voyage imminent dans la journée à Berlin - ce qu’il pouvait glisser dans son commentaire sur le mur - ni de sa folle nuit, et enfin malgré un article du Figaro du 17 novembre 1989 qui le dit y être allé le 16, ses propres déclarations de 1993, et son affirmation qu’il n’y été allé qu’une seule fois.
 
Celui de Fillon qui déclare être présent à Berlin les 7,8, 9 et 10 novembre alors que son intervention à l’Assemblée Nationale du 8 novembre y est retranscrite et prouve sa présence à Paris ce jour-là (- M. François Fillon : "On vous pose une question : répondez !" - Pierre Bérégovoy : "Je vais répondre, monsieur Fillon et monsieur Pons . Ne vous impatientez pas !"). Il convoque en plus un témoin absent. Il déclare avoir rencontré le journaliste Ulysee Gosset alors que celui-ci était à Moscou le 9 novembre. ("Le 9 novembre, j’ai bien croisé Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Je crois même avoir croisé dans un autre groupe Alain Madelin et François Léotard". "Nous avons vers minuit passé le Check Point Charlie et nous avons retrouvé de l’autre côté une équipe de télévision de TF1 qui était conduite par Ulysse Gosset. Et nous sommes allés ensemble dîner dans un restaurant à Berlin est." […] "Dans l’après-midi, ils avaient rencontré le maire de Berlin." L’ancien chargé de presse de Walter Momper, Werner Kolhoff, a aussitôt démenti la rencontre auprès de l’AFP.
Ulysse Gosset, alors correspondant permanent à Moscou ne se trouvait pas à Berlin en ce jour historique. Le Premier ministre a finalement reconnu sur TF1, lundi soir, avoir confondu le journaliste avec son confrère Patrick Bourrat.) (NouvelObs)
 
Et enfin celui qui comme le dit Brice de Nice, a tout cassé, s’appelle Jean-Jacques de Perretti. Non seulement au comble de l’affabulation il annonçait qu’au RPR ils avaient des visionnaires puisqu’ils étaient au courant 48 heures avant tout le monde, avant Khol, avant Mitterrand et donc les services secrets, et avaient organisé ce voyage dans ces 48 heures. Cependant il vient de casser le jouet, déjà bien amoché. Mis devant ses contradictions par une dépêche de l’AFP du 17 novembre 1989 qui le citait présent le 16, il ne peut que reconnaître qu’alors c’était le 16 et qu’il n’avait fait qu’un voyage, un seul à Berlin pour jouer aux aventuriers de l’Histoire, et se faire des souvenirs de propagande. Or sur la photo présentée sur Facebook, l’ex député RPR est présent. Ce qui prouve sans aucune ambiguïté que cette photo a été prise le 16 novembre, cette photo qui illustre le voyage du Casseur de mur berlinois et libérateur des Allemagnes. Le Monde : L’ancien député RPR Jean-Jacques de Peretti, présent aux côtés de Nicolas Sarkozy sur la photo diffusée sur Facebook, a fini par torpiller la version présidentielle. Après avoir confirmé le récit de M. Sarkozy, il est confronté à une dépêche de l’AFP du 17 novembre 1989, qui relate son voyage à Berlin la veille. "Si l’AFP dit que c’était le 16 novembre, c’est que ça doit être vrai", lâche-t-il, embarrassé, au Monde.fr. Et de concéder qu’il ne s’est rendu "qu’une seule fois à Berlin". La photographie montrant M. Sarkozy s’attaquant au mur de Berlin ne peut donc pas avoir été prise un autre jour.
 
Cette méchante histoire est-elle close ? Est-elle anodine ?
 
Elle ne sera close que lorsque Sarkozy reconnaîtra son mensonge et que lorsqu’il aura demandé un pardon difficile à donner. Enfin non close pour nous, car avec les erreurs qui s’accumulent, les incohérences permanentes de celui qui gouverne aux destinées de la France, elle sera close par faute de combattants et par encombrement d’autres événements qui viendront la remplacer. Mais nous ne devrons pas oublier. Nous ne devrons rien oublier, non pour faire comme Noah qui dit ne rien lâcher (pas difficile vivant à New-York de confortables revenus, alors que c’est ici qu’il devrait mener son combat et non loin avec de belles paroles) , non, mais parce qu’en fait cette histoire n’est pas anodine. Ni dans sa genèse, ni dans sa suite, ni dans le reflet qu’elle donne de la France.
 
Ce qui est plus que troublant et fort inquiétant pour celui qui est à la tête de la Nation (nation dont on parle ces derniers temps) et qui est censé nous représenter, ce n’est pas que Sarkozy mente deux fois quand il respire une, cela tout le monde le sait - seuls les journalistes le découvrent maintenant - c’est que tout extraordinaire communicant qu’il soit comme nous l’a décrété la presse, après ses nombreuses erreurs de communication d’il y a peu, après ses affirmations notamment au traître le NouvelObs cet été, il devrait savoir que ses mensonges, se cumulant avec son népotisme, ne peuvent plus passer inaperçus. Nous nous trouvons devons un dilemme sans solution favorable pour notre pays. En effet, soit il sait que son mensonge pourra être découvert et que cela sera terrible, que le contre coup sera bien plus fort que le supposé bénéfice de faire croire qu’il était présent dans la nuit du 9 au 10 novembre, mais, malgré cette hypothèse fort probable, il est tout simplement incapable de ne pas se vanter de façon ignominieuse. Soit il est d’une telle inconscience, folle à dire vrai, qu’il ne s’en rend même pas compte, qu’il ne se rend pas compte qu’Internet, puis la presse, que le monde entier car Internet ce sont des centaines de millions de mémoires, d’yeux, d’oreilles, de réflexions, d’historiens, qui chercheront la vérité et d’autant que comme dit le proverbe, chat échaudé craint l’eau froide, et connaissant le bonhomme, que des centaines de mille iront vérifier ses paroles. Que ce soit l’une, un tel orgueil qu’il brise tout sur son passage dont la raison et le bon sens comme un coulée de lave emporte et brûle tout sur son passage, ou que ce soit une autre inconscience qui lui fait tout ignorer de ce qui est, c’est d’une gravité extrême pour notre pays.
 
Le fait de l’avoir fait est d’une extrême gravité, mais également ce qui est aussi d’une grande gravité c’est le contenu du fait. Vouloir aux yeux du monde travestir l’Histoire au profit d’un orgueil démesuré. Cela est tout autant inadmissible et insupportable.
 
Ce qui est aussi d’une autre gravité ce sont les conséquences pour l’image de la France à l’étranger. Ce qui est grave et correspond à tout ce qu’il nous montre depuis deux ans et demi c’est son inconséquence. La communication ne mène pas à tout, mais avec lui sûrement à la ruine. Il ne cesse de lancer des idées en l’air qui retombent et écrasent tout dans leur chute. Il vit dans l’image, son bénéfice immédiat et aucunement dans la projection dans l’avenir comme se devrait de faire un chef d’Etat. Les seules conséquences qu’il croit maîtriser sont celles de son image et du pouvoir électoral de celle-ci. Or ce qui peut fonctionner quand on est ministre que l’on a qu’un sujet à traiter et que pendant 5 ans avec une presse complice on peut mentir et faire croire qu’un résultat catastrophique est un exploit, cela ne peut en aucun cas fonctionner quand on dirige un pays, ce qui est autrement plus dur et nécessite par évidence une délégation des pouvoirs car il y a trop à faire. Ce que l’on voit de lui maintenant n’est pas plus répétitif ou plus imposant qu’avant. C’est comme cette lave dont je parlais plus haut. Sarkozy est cette lave au sein de la terre, mais avant il n’y avait que quelques volcans ici ou là, que la presse et les caciques tentaient le plus vite possible de masquer par des contre-attaques ou des déviations d’informations. Or maintenant il y a eu des mouvements des plaques tectoniques et les brèches à la surface de notre pays s’ouvrent de plus en plus et sont de plus en plus béantes. Et la lave s’écoule dès qu’elle trouve un chemin et un espace où s’épandre : JeanJean, Pierre, le sommet de l’UPM, la non séparation des pouvoirs avec des ministres candidats à toutes les élections y compris législatives, la volonté de contourner le conseil constitutionnel, l’inscription sur les listes électorales après le 31 décembre, la déclaration d’impôt déposée après délai, la paye de ministre encaissée illégaleent après fin septembre 2007 jusqu’en décembre (31) 2007, les sondages, les voyages en air Bolloré, l’augmentation salariale présidentielle, les Nissan prêtées, les WE de 4 jours, les égouts de Cap Nègre, les amitiés chinoises, les déficits abyssaux, edwige, la taxe professionnelle, la taxe carbone, l’affaire Tapie, l’affaire Clearstream, l’affaire Karachi, l’appartement de la Jatte, les villas au Mexique et à Wolfeboro, Louis à l’ONU et dans les bras de Poutine, le débat sur l’Identité Nationale, la modification de la Constitution, la suppression du juge d’instruction, la dépénalisation des affaires, la réforme de l’AFP, l’affaire Pérol, l’affaire Richard, l’affaire Solly, l’affaire Proglio, l’affaire Frère, l’affaire Buisson, l’affaire Giacometti, l’affaire Desmarais, les affaires Mitterrand, le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, les chercheurs, les chômeurs, les enseignants, les fonctionnaires, l’armée, la non privatisation de GDF, France Télévision, les grèves invisibles, les cons de journalistes et les pauv’cons, les UMP à l’UMP comme si c’était leur siège social et Sarkozy à l’UMP comme si c’était le palais présidentiel, les tests ADN, le bouclier fiscal, la libération des soignants bulgares, les discours de Latran et de Riyad, la lettre de Guy Môquet, la Shoa aux enfants, l’accusation de la création de solution finale par l’Allemagne en pleine campagne électorale française, la visite de Kadhafi, l’amitié avec el Assad, Bongo l’ami éternel, Mittal, les coupables...
 
Tout est grave dans cette affaire, ce qui l’a initiée, ce qui l’a fait se réaliser, ce qui fait qu’elle continue, l’atteinte à notre image déjà écornée dans le monde. Mais ce qui est grave et qu’a bien fait de relever Cécile Duflot : […] mais on oblige des gens à mentir pour dire qu’il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens  ?
 
Il faut s’arrêter un instant et se demander quel sens nous pourrions donner à cette remarque : on oblige les gens à mentir. En fait on ne sait même plus. Y-a-t-il un ordre d’en haut d’envoyer les chevau-légers pour défendre le soldat Sarkozy ? C’est possible pour un certain nombre. Mais ce qui est plus inquiétant c’est la perte complète de mesure et de conscience de tous ceux qui se sont prêtés au jeu du mensonge. Et pourtant. Et pourtant, ils avaient déjà pris fait et cause pour deux faits et causes indéfendables : le coupables de l’interview new-yorkaise du Guide - qui pourtant déclarait en même temps après un jogging et avant un cocktail à 400 000 € qu’il travaillait jours et nuits - et l’affaire JeanJean. Aucun recul, pas le plus petit vermiceau de recul, d’honnêteté, de simple mesure. Pas de Gémini Cricket ni un Gepetto qui disent : Holla ! Là, ça dépasse les bornes, ça je ne peux pas le défendre, je ne peux plus le défendre. Non pire que des courtisans royaux, ils se sont engouffrés dans une défense impensable. Impensable en regard du discours historique du mérite, impensable en regard des faits, impensable en regard de la simple justice, en regard de la séparation des pouvoirs, en regard de la présomption d’innocence, en regard du rôle d’impartialité et de modèle d’un Président de la République. Ils perdent toute notion de bon sens et de simple justice uniquement pour voler au secours d’actes et de paroles injustifiables d’un homme qui pour notre malheur à été élu à la tête de la France. Volà que des hommes responsables et en responsabilités, des hommes dont on dit qu’ils sont sérieux (Fillon) mentent. On les fait mentir. Ils se font mentir eux-mêmes. Quelque petite lucidité, comme des lucioles en pleine nuit d’août, en fait reculer une minorité car devant des preuves irréfutables il arrive un moment où pour certains hommes il n’est plus possible de résister devant un tel mensonge éventé. Oh, ils le peuvent tant qu’il y a assez de flou et si peu de vérifications que le doute peut masquer le mensonge, mais cela est parfois au-dessus de leur force que de nier l’évidence, ils se refusent à perdre l’ultime microscopique parcelle de crédibilité qu’il leur reste. Ils sont dans la tombe de leur honneur perdu mais espère encore que leur tête restera hors des pelletés de terre jetées avec dédain sur eux. Mais cette minuscule lucidité n’atteint pas Sarkozy. A lui qui a créé cet état d’esprit inommable, qui l’a amplifié comme jamais, rien d’impossible. Il continue à mentir et à faire mentir. La toute dernière serait qu’il y serait allé deux fois, dont une en catimini. Plus c’est gros plus ça passe, croit-il, mais Internet intervertit tout cela. Cela ne passe plus. No pasarán !
 
Et maintenant un autre plan de com’. La polémique serait dérisoire selon Kouchner ("Ce n’est pas une polémique intéressante par rapport à ce qui s’est passé" au Mur de Berlin, "c’est dérisoire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères) et Chatel (Le ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement a également déclaré : "Je trouve cette polémique assez dérisoire. Nicolas Sarkozy a fait part de son témoignage par rapport à un événement qui marquera la fin du XXe siècle. Il se trouve que lui fait partie de ceux qui ont été associés à cet événement. Il y était", assure Luc Chatel.
 
Selon lui, "peu importe" la date, "le sujet c’est qu’il y a un événement planétaire et que Nicolas Sarkozy était là et qu’il a voulu faire part de son témoignage. Le Post pour les deux interventions). Non la polémique n’est pas dérisoire. Et cela serait savoureux si ce n’était triste et indigne que ce soit le ministre de l’Education Nationale, termes dans lesquels il y a éducation, ministère qui comporte l’enseignement de l’Histoire et de sa véracité qui considère que le mensonge et la volonté de détourner l’Histoire à son profit d’image n’est que dérisoire. Tout est faux et médiocre dans le nouveau slogan du pouvoir, dans cette réponse de Chatel. Non seulement ce n’est pas dérisoire, mais de plus la date elle, au contraire a une importance symbolique. Il ose écrire que Sarkozy a fait partie de ceux qui sont associés à cet événement planétaire - il veut sans doute par là faire déteindre l’adjectif sur le Prince. En rien Sarkozy n’est associé à cet événement. Il y ets venu chercher une photographie de propagande, l’autographe du mir pour sa biographie. En quoi sa simple présence peut-elle l’associé à cet événement autrement que comme celui qui est venu prendre et non donner. Sue n’est-il venu anonymement, pendant une journée entière à casser réellement du béton, à suer et s’écorcher les mains, se faire des ampoules qui auraient éclairé d’une autre lumière son geste. Il n’y est allé que pour passer les trente secondes nécessaires à se faire photographier et à réécrire l’Histoire à son profit. Il est venu prendre, Rostropovich le 11 est venu donner.
 
C’est d’une très grande gravité car c’est une histoire de menteur qui force d’autres à mentir. C’est une histoire qui ne reste plus localisée à la tête de l’Etat , une histoire qui va contaminer tous les étages, le tronc et les racines. Elle va faire un dégât considérable. Le Président de la République, son Premier Sinistre, même si ce n’est qu’un fantoche, mentent. L’étranger va se moquer une fois de plus de nous, mais que peut-on donner comme exemple non seulement à la jeunesse déjà éprouvée par le chômage, sacrifiée par la dette et humiliée par le raid neuilléen sur l’Epad, mais aussi à tout un peuple si le mensonge est le principe du gouvernement et de pouvoir de ce gouvernement et de ce pouvoir ?
 
Oui Cécile Duflot a raison de poser la question. La réponse est que cela n’a pas de sens. En un autre mot c’est insensé au sens le plus profond de ce mot. Cela détruit tout. Et on va nous parler maintenant d’Identité Nationale avec des majuscules pour un pays qui devient si minable.
 
Voilà ma question : le Mensonge est-il notre Identité Nationale ?
 
 
 


par Imhotep - http://www.agoravox.fr/
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 20:51
- Publié dans : Observation Politique
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