Sarkozy candidat en 2017 : Hollande doit en rêver tous les matins en se rasant…

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Une candidature Sarkozy ne manquerait de cliver la droite électorale en regonflant le vote centriste autour d’une candidature Bayrou ou Borloo et en boostant la candidature gaulliste Dupont-Aignan. Ce cas de figure idéal à droite assurerait à une candidature unique de la gauche de se retrouver au deuxième tour face avec Marine Le Pen, si celle-ci continuait de progresser au rythme actuel…


Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
C’est un mystère qui n’a cessé de se renforcer depuis la rentrée, les provocations ou esclandres de responsables ou ministres écologistes se concluant invariablement par l’ignorance ou la bienveillance présidentielle : pourquoi François Hollande tolère-t-il des mises en cause de sa politique et de ses propres déclarations (sur l’énergie, le nucléaire ou la fiscalité) ou de ses ministres (Manuels Valls quasiment traité de fasciste et de raciste, Arnaud Montebourg de fossoyeur de la planète) ? Si l’on compare ce qui valut à Delphine Batho d’être immédiatement éjectée du gouvernement et ce que se permettent en toute impunité les écolos, le mystère ne fait que se renforcer. Il est d’autant plus épais, ce mystère, que les Verts, groupuscule qui ne pèse guère électoralement, ne doivent leur gonflette politique (18 députés, 12 sénateurs et deux ministres) qu’à leur alliance avec le Parti Socialiste, véritable inventeur de cette anomalie politique.

Les raisons de ce cadeau du PS ? Serait-ce, à défaut de réel renfort électoral, la volonté de favoriser un lieu d’invention politique ? De bénéficier des contributions d’un partenaire fécond et inventif ? Evidemment pas, le parti écologiste étant pour l’essentiel un rassemblement hétéroclite de vrais politicards d’accord sur rien et faisant passer leurs petites carrières d’apparatchiks avant toute préoccupation de fond. Car c’est le grand paradoxe, à quelques exceptions près (notamment  Yves Cochet) la plupart d’entre eux, sortis de quelques slogans, ne sont guère passionnés par les questions d’écologie, à tel point qu’est identifié au sein des Verts une minorité qualifiée avec mépris d’« environnementaliste » et que la future responsable, après le limogeage sans débat de Pascal Durand, apportera une expérience limitée en matière d’écologie en tant qu’ancienne présidente d’Act Up…

Non, le pacte Verts-PS n’est justifié que par la nécessité d’accords électoraux qui conditionnent la majorité de gauche dans beaucoup de scrutins locaux, municipaux et régionaux. C’est pourquoi les velléités de listes séparées aux prochaines municipales exprimées par quelques irresponsables Verts locaux sont prises très au sérieux par le PS et l’Elysée, car elle apparaissent bien plus graves que toutes les atteintes effrontées à la solidarité gouvernementale ou à l’honneur des ministres. Il suffit d’échanger un peu avec l’entourage présidentiel pour comprendre que l’enjeu de l’alliance avec les Verts apparaît encore plus déterminant pour la présidentielle de 2017. Alors que la progression des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen ne siphonnent plus seulement les voix de droite, mais commence à sérieusement puiser dans les voix de gauche, ainsi que le révèlent les derniers sondages et élections partielles, l’inquiétude socialiste vient d’être heureusement tempérée par d’excellentes nouvelles venue de la droite.

La divine surprise de l’explosion en vol du fade mais présentable Fillon et le retour en piste de l’inespéré Sarkozy permet d’envisager le scénario gagnant d’un 21 avril à l’envers. On y croit en effet dur comme fer : une candidature Sarkozy ne manquerait de cliver la droite électorale en regonflant le vote centriste autour d’une candidature Bayrou ou Borloo et en  boostant la candidature gaulliste Dupont-Aignan. Ce cas de figure idéal à droite assurerait à une candidature unique de la gauche de se retrouver au deuxième tour face avec Marine Le Pen, si celle-ci continuait de progresser au rythme actuel…

Comme l’a bien montré Jacques Julliard, François Mitterrand n’a cessé de se servir du Front national pour diviser et handicaper à son profit la droite, mais c’est Jacques Chirac qui a bénéficié de l’épouvantail en 2002 parce que Lionel Jospin avait commis l’erreur de laisser proliférer les candidatures multiples à gauche au premier tour. Une candidature Sarkozy en 2017 permettrait donc à François Hollande de triompher par une illustration nouvelle de son art de la synthèse : une synthèse Mitterrando-Chiraquienne, celle qui semble pour l’instant le définir le mieux. Voilà pourquoi les Verts insupportables continueront d’être supportés…
Par Eric Conan - http://www.marianne.net

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