Retraites : mini réforme, maxi cotisations

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Pour équilibrer le régime général, le premier ministre n'a retenu que des hausses de cotisations et d'impôts.

Il n'aura fallu attendre que deux petites heures mardi, après la fin des consultations sur les retraites à Matignon, pour que Jean-Marc Ayrault dévoile sa réforme, la première réalisée par un exécutif socialiste. Sur le fond, pas de réelle surprise. La totalité du besoin de financement du régime général (7,3 milliards par an à l'horizon 2020) sera assurée par des hausses de prélèvements qui toucheront salariés, entreprises et retraités. Le gros des nouvelles ressources proviendra d'une hausse des cotisations salariales et patronales à partir de 2014 (de 0,15 point la première année, puis de 0,05 point par an jusqu'en 2017), qui rapportera 4,4 milliards par an à terme. «Tous les régimes seront concernés, a prévenu le premier ministre: celui des fonctionnaires, les régimes spéciaux comme le régime général ou, par exemple, celui des indépendants, selon des modalités propres.»

Les retraités seront eux aussi mis à contribution, via la fiscalisation de la majoration de 10 % des pensions des parents de trois enfants et plus, et le report au 1er octobre (au lieu du 1er avril) des revalorisations annuelles des pensions de retraite dont les hausses seront «régulières mais décalées». Ces deux mesures rapporteront en 2020 au régime général 2,7 milliards. Le gouvernement a en revanche écarté toute hausse de la CSG. «Elle pèserait sur l'ensemble des ménages, elle n'a pas été créée pour financer les retraites», a justifié le chef du gouvernement.

Grâce à ces mesures, «le régime général sera équilibré en 2020», s'est félicité Jean-Marc Ayrault. Le régime général, mais pas l'ensemble du système puisque, le premier ministre l'ayant rappelé, «le déficit des retraites atteindra 20,7 milliards en 2020». Reste donc un trou de 13,1 milliards par an à combler, les deux tiers de la facture étant acquittés par l'État, «par subvention», pour régler les pensions des fonctionnaires. Bref, par le déficit.

Hausse de la durée de cotisation après 2020

Le premier ministre compte équilibrer le régime général après 2020 par la seule augmentation de la durée de cotisation, au rythme d'un trimestre tous les trois ans. Une solution que Jean-Marc Ayrault préfère «à la diminution des pensions». Résultat, un salarié né en 1973 devra avoir cotisé quarante-trois ans en 2035 pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Et s'il a commencé à travailler à 25 ans, il ne pourra partir sans décote avant 68 ans.

Pour faire accepter ces «efforts nécessaires» aux Français, le premier ministre a annoncé quelques mesures de correction d'injustices. Un «compte personnel de pénibi­lité» va être créé dès 2015 pour les salariés qui auront été exposés à une ­situation de pénibilité, au rythme d'un point par trimestre d'exposition. En fonction du nombre de points, ils pourront bénéficier d'une formation, d'un aménagement de fin de carrière ou d'un départ anticipé. Ce dispositif, qui coûtera 1 milliard en 2020 et 2,5 milliards en 2035, sera financé dès 2016 par «une contribution payée par toutes les entreprises».

Pour rassurer un patronat déjà vent debout, le premier ministre va engager «une réforme pour que le financement de la protection sociale, et de la branche famille en particulier, pèse moins sur le coût du travail, et donc sur l'emploi». Avec la promesse, qui n'engage que ceux qui la reçoivent, «qu'il n'y ait pas de hausse du coût du travail» en 2014.

 

Par http://www.lefigaro.fr/

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