Avec la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy se remet en selle après sa chute des régionales et parvient à faire ce pour quoi il est peut-être le plus doué : diviser ses adversaires.
(photo: Lauren Goldenberg pour Marianne)
Et dire qu’après les régionales, certains moquaient déjà le roitelet qui avait tout perdu, à commencer par ce qui avait fait sa force : sa maîtrise du calendrier. Avec la réforme des
retraites, il faut bien le reconnaître, Nicolas Sarkozy a repris la main. Elle devrait être menée selon son rythme, profitant au passage de la torpeur de l’été pour anéantir toute velléité. Et
du côté des pontes de l'UMP qui sont allés au charbon la peur en ventre, on commence déjà à s'y voir... Mais en agitant la question des retraites, le chef de l’Etat ne parvient pas seulement à
instaurer à nouveau son tempo, il piège aussi l’opposition.
À commencer par le PS. Il y a peu encore, les médias s’astreignaient à mettre en scène le combat Aubry-DSK. De fond, dans ce duel au soleil de « Solfé », il n’en était pas
question. Jamais ou presque. L’affrontement se faisait par enquêtes d’opinion interposées. Tout se jouait au « lequel-des-deux-est-le-plus-populaire » auprès des Français et
accessoirement chez les sympathisants socialistes (et moins accessoirement, dans le cas de Strauss-Kahn,
chez les électeurs de droite…) Jusqu’à ce que déboule la question des retraites. Jusqu’à ce que Dominique Strauss-Kahn vienne sur le
plateau d’Arlette Chabot et crache son
« dogme » à la face des téléspectateurs (aidé,
comme le relève très justement Daniel Schneidermann, par la maîtresse des lieux). Et voilà comment les retraites viennent mettre à mal
l’accalmie dont jouissait le premier parti d’opposition, même si dans les couloirs de Solférino, on semble vouloir calmer le jeu. Personne n’y a intérêt. Il est encore trop tôt…
Mais le Parti socialiste n’est pas le seul piégé par la question des retraites. Les syndicats également doivent sentir le collet se resserrer dangereusement. Comme pour le PS, leur unité
est mise à rude épreuve. Force ouvrière boudera les cortèges aujourd’hui. Quant aux autres organisations, elles prennent un risque considérable
en misant tout sur la manifestation de ce jeudi.
Quel que soit le niveau de mobilisation, le gouvernement aura beau jeu de le comparer à celui des mobilisations passées sur le même sujet. Et dans ce domaine, avec les grèves et
manifestations de 1995, Alain Juppé a placé la barre très haut. De là trébucher et à voir se refermer le piège des retraites…
Jeudi 27 mai 2010
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27
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/2010 05:51
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Publié dans : Dans l'actualité
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Par MoDem76
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