Rentrée politique : une communication (très) scolaire

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !


François Hollande, Rentrée 2013 - Denis Charlet/AP/SIPA
François Hollande, Rentrée 2013 - Denis Charlet/AP/SIPA
Questions embarrassantes, postures cocasses, les hommes politiques se sont pliés, cette année encore, à un célèbre rituel de rentrée : visiter de jolies têtes blondes pour leur premier jour de classe. Certains avec plus de succès que d'autres. Si le ministre de l'Education Vincent Peillon a la tête (et les micros) dans les cartons, Martine Aubry n'hésite pas quant à elle à mettre les mains à la pâte. Au sens propre, comme au figuré. Ainsi a-t-elle assisté, à Lille, à un atelier pâte à modeler, accompagnée de charmants chérubins.

Rien de plus efficace en effet que de s'entourer d'enfants pour conquérir un auditoire et casser l'image souvent rêche de bête politique. Le très sécuritaire Christian Estrosi l'a bien compris, lui qui prenait joyeusement place l'année dernière sur un pouf rose fluo - trop petit pour lui - auprès de petites filles pour (feindre) de partager un moment de lecture. Qu'importe le sourire un peu forcé ou la tenue pas très à l'aise du maire de Nice, la mise en scène est soignée.

Certaines images sont néanmoins dépassées, ainsi ne verrait-on plus une ministre prendre la pose avec ses enfants lors de l'achat des fournitures scolaires, comme le fit Ségolène Royal, alors ministre déléguée - chargée de l'enseignement scolaire - en 1998.

A l'inverse, un tableau revient entre tous : l'homme politique qui accompagne, bienveillant, l'élève à son poste de travail - si possible pourvu d'un ordinateur - notamment de manière à montrer les investissements de son gouvernement dans du matériel dernier cri. Jean-Marc Ayrault qui admire le bonhomme jaune dessiné par une petite fille sur son ordinateur en 2012, ou encore Xavier Darcos qui partage très enthousiaste, en 2002, un jeu ludique dont le personnage principal est un éléphant à salopette rouge sont autant d'exemples d'un topos qu'avait déjà pressenti Jean-Pierre Chevènement en 1985. La largeur de l'écran d'ordinateur a été divisée par deux, pas la taille du cliché.

Vincent Peillon, 30 août 2013, Mantes La Jolie - MEUNIERAURELIEN/SIPA
Vincent Peillon, 30 août 2013, Mantes La Jolie - MEUNIERAURELIEN/SIPA

Martine Aubry, 3 septembre 2013, Lille - BAZIZCHIBANE/SIPA
Martine Aubry, 3 septembre 2013, Lille - BAZIZCHIBANE/SIPA

Christian Estrosi, 4 septembre 2012, Nice - BEBERTBRUNO/SIPA
Christian Estrosi, 4 septembre 2012, Nice - BEBERTBRUNO/SIPA

Jean-Marc Ayrault, 4 septembre 2012 - TAVERNIER-POOL/SIPA
Jean-Marc Ayrault, 4 septembre 2012 - TAVERNIER-POOL/SIPA

Xavier Darcos, 3 septembre 2002 - FAYOLLE/SIPA
Xavier Darcos, 3 septembre 2002 - FAYOLLE/SIPA

Jean-Pierre Chevènement, septembre 1985, Créteil - HALEY/SIPA
Jean-Pierre Chevènement, septembre 1985, Créteil - HALEY/SIPA

Ségolène Royal, 1998, Paris - MEIGNEUX/SIPA
Ségolène Royal, 1998, Paris - MEIGNEUX/SIPA
Par Patricia Neves - http://www.marianne.net/

Publié dans Dans l'actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article