Quand Hamon écrivait sur l’éducation…

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

 

Oui, Benoît Hamon s’y connaît en matière d’éducation. Dans son dernier livre paru en 2011, il y consacre… 10 pages sur 300 ! Mais, au fait, que disent-elles ?


JEROME MARS/JDD/SIPA
JEROME MARS/JDD/SIPA

En écrivant son dernier livre, Tourner la page, paru en 2011 chez Flammarion, Benoît Hamon avait-il imaginé se retrouver un jour à la tête du ministère de l’Education ? Vu l’espace qu’il accorde au sujet — 10 pages sur 300 insérées dans la dernière sous-partie du dernier chapitre — il faut croire que non ! D’autant que sur ces quelques lignes, la moitié traite, sans transition, d’un tout autre sujet : « Les biens fondamentaux de l’humanité », et notamment de l’eau.
 
Mais au moins, à l’époque, Benoît Hamon reconnaissait volontiers que « la question [de l’éducation] mérite mieux qu’un simple chapitre d’un livre politique de rentrée (sic) ». Mieux donc que les quatre propositions qu’il y esquisse brièvement et dont la plupart rejoignent les mesures phares portées depuis deux ans par son prédécesseur, Vincent Peillon.
 
Cela tombe bien car visiblement l’ancien leader du Mouvement des jeunes socialistes semble envisager sa nouvelle mission comme une simple poursuite de ce qui a déjà été engagé… « J’essayerai, déclarait-il d’ailleurs lors de la cérémonie de passation de pouvoir, de m’inscrire dans les pas de celui et de celle (George Pau-Langevin, jusqu’alors ministre déléguée à la Réussite éducative, ndlrqui m’ont précédés », dans « le sillage » de leurs « choix politiques courageux » évoquant, à plusieurs reprises, leur bilan « considérable ».
 
Ainsi se disait-il favorable, dans Tourner la page, à la scolarisation dès 2 ans, une solution… déjà envisagée par Vincent Peillon. Ce dernier ayant fixé pour objectif la scolarisation progressive de 30 % des enfants de moins de 3 ans (contre 11% en 2012) en priorité « dans les secteurs de l'éducation prioritaire, les secteurs ruraux isolés et les régions d'outremer. »
 
Pour cela, écrivait Hamon en 2011, « des moyens humains supplémentaires doivent être affectés aux écoles »« On ne me fera jamais avaler qu’il est normal qu’une famille confie l’éducation de la personne la plus précieuse à ses yeux (…) à des jeunes professeurs seulement payés 1 500 euros par mois », poursuivait-il. Voilà des propos que les représentants syndicaux sauront lui rappeler ! Comme ils sauront lui rappeler la promesse des 60 000 postes d’enseignants supplémentaires promis par le candidat Hollande, mais dont une partie (10 à 15 000), rigueur oblige, semble sur la sellette.
 
Benoît Hamon aura-t-il également les moyens de mettre en place l’« allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation », seule proposition structurelle énoncée dans son livre ? Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur dans le précédent gouvernement, s’était engagée en 2013 à le faire d’ici la fin du quinquennat. Dans le cas contraire, l’Unef, dont Hamon est extrêmement proche et qui porte cette mesure depuis des années, saura aussi se rappeler à son bon souvenir…

 

Par Patricia Neves - http://www.marianne.net/

Publié dans Dans l'actualité

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