Pourquoi le chômage ne baissera pas en 2014

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Les Français ont bien compris que la dynamique économique n’est pas au rendez-vous en ce début d’année. La croissance de 0,2% de la fin 2013 place le PIB au même niveau que celui de 2008 : le chômage continuera à augmenter.


Il y a un an, François Hollande promettait pour 2013 l'inversion de la courbe du chômage - RAFAEL YAGHOBZADEH/SIPA
Il y a un an, François Hollande promettait pour 2013 l'inversion de la courbe du chômage - RAFAEL YAGHOBZADEH/SIPA

Deux données sont fondamentales en économie : les données de l’activité économique et les données démographiques. Leur observation indique que le chômage ne peut pas baisser et ne baissera pas en 2014, mais continuera à augmenter.
 
Les Français ont bien compris que la dynamique économique n’est pas au rendez-vous en ce début d’année. La croissance de 0,2% de la fin 2013 place le PIB au même niveau que celui de 2008 : le chômage continuera à augmenter.
 
Toutes les institutions sérieuses dont l’OCDE annoncent que la courbe du chômage ne s’est pas inversée en 2013 mais qu’elle continuera à croître cette année.
 
Pour amorcer une inversion de la courbe du taux de chômage, un taux de croissance de 1,5% au moins est nécessaire. Ce taux ne sera jamais atteint cette année, il atteindra 1% dans le meilleur des cas, donc pas de baisse de chômage en vue. Pour infléchir la courbe du chômage et dans un cadre général réduire le déficit de la France de manière efficace, il est urgent d’entreprendre des réformes structurelles (telle une réforme des retraites audacieuse ou encore la réforme du mille-feuille territorial entre autre).
 
Pour l’heure, les mesures prises ne sont pas à la mesure du problème économique de la France. Des réformes drastiques sont à espérer car l’effondrement de la compétitivité française est dramatique.
 
Le moteurs économiques restent bloqués. Pour les relancer, il est maintenant nécessaire de pousser la croissance nationale en profitant de la croissance internationale (par exemple + 4% aux USA) qui favorise la demande extérieure à la France. Mais dans un même temps, les Français doivent être moins ponctionnés pour que l effet déflationniste soit réduit et pour soutenir l’élévation des revenus. En effet, l’inflation est très faible et donc des progressions minimes de revenus ont pour conséquence des gains de pouvoir d’achat qui viendront soutenir la consommation.
 
Si on aligne tous les indicateurs, la meilleure des prévisions est une croissance à 1% fin 2014. Cela signifie sans équivoque que les moteurs économiques resteront en panne cette année.
 
Et si on pousse plus loin l’analyse, sur cette même base, les nouvelles réformes fiscales de ce début d’année n’apporteront strictement rien.
 
On se doit d’expliquer aux Français la fiscalité en place sous peine de risquer une interprétation des plus distordues. En effet, trois croyances sont erronées. La première est de penser qu’en France on ne taxe pas assez le capital alors que c’est en France que le capital est le plus taxé au monde : il faudrait faire le contraire.

La deuxième idée est de penser que l’impôt sur la consommation est particulièrement élevé alors que ce n’est pas le cas au regard des pays nordiques qui sont à 25% de TVA. La troisième est que les Français ne savent pas ou ne comprennent pas que les charges patronales payées sur le travail représentent le principal impôt en France, et par conséquence qu’il alourdit considérablement le coût du travail.
 
Les nouvelles mesures fiscales 2014 liées à ces croyances pour des raisons strictement politiques et non économiques ne serviront à rien et au contraire freineront notre croissance annuelle.
 
Personnellement je ne peux qu’en vouloir à tous ceux qui persistent à clamer que l’urgence est de taxer le capital. Ce discours démagogique est poison pour notre économie. Nous subissons déjà l’impôt sur le bénéfice le plus élevé. Nous avons des impôts sur le cycle de production qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Le capital est taxé sous toute ses formes, au moment de sa formation, de sa transmission ou de sa redistribution et pourtant certains économistes trouvent judicieux de prétendre que l’on ne prélève pas encore assez….je persiste à penser et à dire que cela est une source de risques sérieux pour la France.

Si on opte réellement pour une politique de relance, il vaudra mieux s’attaquer fermement aux dépenses sous couvert de réformes sérieuses, et non par effet d’annonce de coups de rabot. Une vraie restructuration de l’Etat avec courage et raison.
 
Ce sont 20 milliards qu’il nous faudra trouver pour 2015 alors que déjà les rentrées fiscales de 2013 sont inférieures de 10 milliards à la prévision.
 
*Jean-Luc Ginder, Economiste - http://www.marianne.net/

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