Pour les Français, la récession, cela fait 18 mois qu’elle dure !

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Pour les Français, la récession, cela fait 18 mois qu’elle dure!

Ce matin, à 7h25, sur France Inter, à l’heure du café-tartines, notre ami Dominique Seux (chroniqueurs aux Echos) nous susurre  :  « je peux vous dire avec une certitude de 98% que dans trois minutes l’Insee va nous annoncer l’entrée de la France en récession ».

Le pari n’est pas bien risqué, et effectivement, à 7h30 pétantes, l’Institut de la statistique proclame l’état officiel de récession, puisque l’économie française avait connu deux trimestres consécutifs de « croissance négative », soit -0,2% au quatrième trimestre de l’année passée et encore une fois -0,3% au premier trimestre de 2013.

La nouvelle, qui correspond à la définition académique de la récession, est certes une sorte de catastrophe, économique, sociale et politique, bien évidemment. Mais pour les Français, qu’est-ce que cela change ?

En fait pas grand-chose, parce que la récession, les Français sont dedans depuis plus d’un an, si on relit bien les statistiques. Que nous dit l’Insee dans les mêmes tableaux (Informations rapides numéro 108 du 15 mai 2013) ? Que la croissance a été nulle en 2012.

Aucune richesse nouvelle n’a été crée, mais il faut reprocher ce « nul » de la progression la population, qui, elle, s’est « enrichie » de 333000 individus dans la même année. Pour prendre une image simple, nous sommes plus nombreux à nous partager un gâteau qui ne grossit pas. En moyenne nous nous appauvrissons donc...

C’est ressenti très confusément mais très sûrement par les Français qui constatent que leur revenu baisse (pouvoir d’achat -0,9% en 2012), évidemment dans des proportions très différentes selon les situations des uns ou des autres, la perte de l’emploi restant le moyen le plus radical de s’appauvrir.

Dans ce tableau la ponction fiscale commune de la droite et de la gauche a un rôle central. L’Insee évaluée à 1,1% du PIB, soit 21 milliards d’euros, le poids des nouveaux impôts établis par la droite à la fin de 2011 et par la gauche en juillet 2012. Or nous savons depuis les travaux d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, que dans une situation de récession, chaque euro retiré en impôt conduit à une baisse d’activité de 1 euro. On peut donc dire que les ponctions fiscales ont précipité la France dans la récession en réduisant l’activité de 1,1% du PIB. Sans elles, nous n’aurions sans doute pas connu de flambée du chômage, ni de réduction des revenus des Français…

C’est pour la bonne cause nous a-t-on dit, pour réduire l’endettement public du pays.  L’objectif est louable, mais le chemin emprunté nous éloigne du but : avec une croissance nulle en 2012, le déficit public de 4,8% du PIB a gonflé le stock de dette, plein pot. Elle s’affiche désormais à 90,2 % du PIB, contre 85,8% un an plus tôt. Si on avait eu 1 ou 2% de croissance, on n’aurait enregistré une progression de la dette d'environ3  points du PIB…

Cela ne devrait pas s’arranger en 2013. Non seulement le nombre d'habitants en France devrait gonfler encore d’environ 500000 personnes (toujours selon les prévisions de l’Insee), mais la croissance pourrait être non pas nulle, mais négative, si l’on en croit la Commission européenne. Le gâteau va se réduire et les bouches à nourrir augmenter: ça craint la famine ! La dette, elle, va continuer au contraire de s’empiffrer, puisque le déficit sera encore de 3,9% en 2013 et 4,2% en 2014. Le taux de dette à 100% du PIB est en vue. Il suffit de garder le même cap, hélas !

 

par Hervé Nathan - http://www.marianne.net

Publié dans Dans l'actualité

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