Comme Bakchich l’a révélé ce matin, le camp de réfugiés de Loon-plage a été rasé le mardi 17 novembre à l’aube, 11 mois après la dernière intervention -Bakchich avait d’ailleurs filmé l’intervention-
Quelques précisions sur cette matinée. Selon plusieurs associations présentes sur place, averties par une source interne de l’imminence d’une opération policière, « la Police aux Frontières (PAF) était accompagnée d’un grand déploiement de personnels du Port Autonome de Dunkerque (PAD). »
Selon Michel Candat du MRAP [1], « on a d’abord cru qu’une petite dizaine de réfugiés avaient été pris mais en fait une trentaine à peu près se sont faits coincé. D’autres parties du camps ont été vidées hors de notre portée. La police est aussi intervenue près du parking à côté du camps où de nombreux réfugiés tentent de monter dans des camions. Heureusement qu’on a pu prévenir la plupart des réfugiés à temps -80 sur Loon-Plage- qui ont pu quitter les lieux. »
Selon les associations, la Police Aux Frontières a assuré qu’aucun n’irait en Centre de rétention mais en foyers d’accueil. Problème, c’était le même cas de figure récemment pour Calais. Les réfugiés avaient refusé de faire une demande d’asile pour la France et certains avaient été envoyés en centre de rétention. Puis trois d’entre eux à Kaboul.
Selon une source bien informée, seul le Ministère de l’immigration pourrait monter une telle opération. Puisque comme Calais, les mineurs sont séparés des majeurs. « Et pour le placement des mineurs, il faut saisir le procureur. Des procédures lourdes que le préfet et le maire ne peuvent monter tout seuls ». Besson devrait être dans le coup mais a choisi cette fois-ci la discrétion. bakchich a demandé confirmation au Ministère de l’Immigration et appréciera quelques explications.
Le chaud et le froid
Que faisaient les personnels du port autonome à Loon-Plage ? Bakchich essaie d’avoir des précisions. Mais pour l’instant personne n’est joignable… Ce que l’on peut dire, c’est que lors du dernier démantèlement, le Port Autonome avait joué de tout son poids pour forcer l’intervention policière. Le 21 novembre de l’année dernière, un routier polonais a été agressé de trois coups de couteau mais restait en vie. Souvent exaspéré par les montées clandestines des réfugiés afghans dans leurs camions, les routiers et le personnel du Port sont à cran.
Mais on avait l’air de mieux s’entendre. Selon le MRAP, huit jours plutôt, la municipalité de Loon-Plage, en plein accord avec le port, avait médiatisé l’installation de douches en faveur de ces mêmes migrants ! Bakchich, ayant contacté la mairie de Loon-Plage exprime aussi son étonnement. Le maire n’était pas au courant, assure sa secrétaire. Les services de la voirie ne se sont pas déplacés sur Loon Plage ce matin pour vider le camps.
Les réfugiés ont un mois et demi d’attente s’ils le veulent. Ensuite, ils pourront regagner le 15 décembre les chapiteaux chauffés de la ville de Grande-Synthe à quelques encablures de Dunkerque. Comme l’année dernière. Ils pourront toujours dire que décidément les politiques jouent le chaud et leur froid avec eux.








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