Partager l'article ! Martine Aubry: «Les Français nous attendent, le PS doit être à la hauteur»: C’est le premier ...
C’est le premier chapitre du nouveau logiciel socialiste. Un texte de 23 pages, rédigé sous la houlette du député PS Pierre Moscovici, pour dessiner les contours d’un «nouveau modèle économique, social et écologique». Corrigées et enrichies, lundi soir en bureau national, «après une longue discussion qui a duré jusqu'à 1 heure du matin», les pistes de cette première convention en vue de 2012 ont été examinées, ce mardi par le conseil national, à la Mutualité (Paris).
La première secrétaire du PS, Martine Aubry s'exprime à la Maison de la Mutualité à Paris, lors du conseil national de son parti. (AFP/JACQUES DEMARTHON)
«Un moment important», a commencé Martine Aubry: «Le temps est venu de présenter aux Français un nouveau modèle de société. Ils nous attendent et nous devons être à la hauteur.» Forte de la victoire de son camp aux régionales de mars, la première secrétaire a déploré que le gouvernement n’ait «rien entendu du message lancé par les Français» lors du scrutin. Elle dénonce la «volonté» de la droite de «récupérer son électorat par le retour des boucs émissaires habituels», citant le débat très animé autour du futur projet de loi interdisant le port du voile intégral et l’intervention de Nicolas Sarkozy en Seine-Saint-Denis sur le thème de la sécurité, un «copier coller de ses précédents discours».
«Le président, attaque encore Aubry, essaie de jeter un grand voile sur la situation de la France aujourd’hui et essaie de faire oublier son échec.» Sans pour autant laisser un boulevard à la gauche: «Nous ne souhaitons pas être élus par un rejet, mais choisis pour nos valeurs.»
Du pain sur la planche socialiste, donc. Une dizaine de forums et quatre conventions nationales, programmées en 2010, doivent déterminer le projet du parti pour la présidentielle: les prochaines conventions porteront sur la rénovation du PS (primaires, non cumul, parité, diversité), l’international et l’égalité réelle. Autant de rendez-vous censés permettre, selon Aubry, de «réarmer le PS et la gauche», que la patronne socialiste veut «imaginative, pas imaginaire», «solidaire et fière de ses valeurs», à même de faire mentir les «belles intelligences», comme Bernard-Henri Lévy, qui diagnostiquaient «le coma voire pire»: «le cadavre à la renverse vous salue», ironise Aubry.
Côté propositions, la maire de Lille ébauche trois grands axes: une «société du bien-être» dans laquelle «on produit mieux en respectant l’environnement et nos valeurs»; «une société de la création» où l'on donne la priorité à la recherche, à l’enseignement supérieur, où l'on soutient les PME, l’économie sociale et solidaire et la culture; et «la justice plutôt que la captation des richesses par une minorité» avec le plafonnement des hautes rémunérations et une remise à plat de la fiscalité. Sur ce point, l’une des pistes avancées est la mise en place d’un «impôt plus progressif qui remplace la CSG et l’impôt sur le revenu».
Au chapitre industriel, la première secrétaire suggère la création d’un «grand pôle public industriel» pour créer des filières d’excellence, «réarmer la puissance publique pour réorganiser une économie réelle» et garantir la «mutation vers l’industrie verte» et plaide pour une «TVA écomodulable». Elle parle aussi «agriculture responsable permettant une juste rémunération» et «revalorisation du travail», débat que doit «reprendre la gauche».
La première secrétaire du PS promet enfin d'être au «rendez-vous» des propositions sur le front des retraites, se disant, au passage, «consternée par le non-respect dont le gouvernement fait preuve dans la conduite de ce dossier»: «il n’a toujours pas rendu publique ses propositions et nous somme de mettre les nôtres sur la table. [...] Nous ne cèderons pas aux injonctions, aux petites manoeuvres.»
En attendant 2012, Aubry doit reprendre, demain mercredi, le chemin de l’opposition: elle doit rencontrer le ministre du Travail, Eric Woerth, pour confronter leurs points de vue, dans les cadre des concertations gouvernementales sur les retraites.