Les salariés malades de leur travail

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

 

A mesure que le mal-être au travail gagne du terrain un nombre croissant de patients refusent d'être mis en arrêt, de crainte de perdre leur emploi.


Avis d'arrêt de travail pour le Sécurité Sociale dans le traitement des dossiers médicaux - DURAND FLORENCE/SIPA
Avis d'arrêt de travail pour le Sécurité Sociale dans le traitement des dossiers médicaux - DURAND FLORENCE/SIPA
Les fonctionnaires qui exercent au ministère de la Jeunesse et des Sports sont manifestement plus vaillants que leurs collègues du ministère des Outre-mer. Quand les premiers s'arrêtent pour cause de maladie six jours par an en moyenne, les seconds prennent vingt-trois jours.

Au-delà de l'anecdote, le dernier rapport de la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (MECSS) de l'Assemblée nationale sur les arrêts de travail et les indemnités journalières pointe une réalité : les Français souffrent de leur travail.

En 2011, 204 millions de journées d'arrêt ont été prescrites, contre 180 millions en 2000. Les professions les plus touchées par cet absentéisme ?

Le secteur de la santé (vingt-quatre jours par an), les transports (dix-huit jours et demi), l'industrie (treize jours) et les services (douze jours). Si la structure de la population active et son vieillissement sont à prendre en compte, la qualité de vie au travail a une véritable incidence sur l'absentéisme et contribue à l'augmentation du nombre d'arrêts, comme le souligne la MECSS.

Selon l'assurance maladie, 29 % des indemnités journalières maladie de plus de six mois sont constituées de pathologies ostéo-articulaires (les fameux troubles musculo-squelettiques, TMS), et 26 %, de troubles mentaux. « Il y a une indéniable montée en puissance des cas de harcèlement moral, de burn-out », constate le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, de la Fédération des médecins de France (FMF), pour qui les arrêts irréguliers ou injustifiés sont des raretés.

Reste qu'à mesure que le mal-être au travail gagne du terrain un nombre croissant de patients refusent d'être mis en arrêt, de crainte de perdre leur emploi, ou parce qu'ils ne peuvent se permettre une perte sèche sur leur fiche de paie.

Cet article est paru dans le Magazine Marianne en kiosques du 4 au 10 mai

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