Et c’est toute la perversité du système qui se met en place. En effet, les TEG autorisés sur les crédits à la consommation permettent aux banques de dégager des marges énormes, même avec un taux de non-paiement significatif. Du coup, elles en font la publicité et les facilitent grandement pour les consommateurs en mettant à leur disposition une carte qui déclenche automatiquement un crédit. Mais cet accès automatique démultiplie son utilisation et donc les risques...
Bien sûr, on pourra dire qu’il revient aux individus de bien lire toutes les petites lignes concernant les
conditions du crédit. Et ce n’est pas faux. Néanmoins, ce raisonnement présente ici deux limites. Tout d’abord, le rapport de force entre les banques et les particuliers est asymétrique. Les
banques l’ont bien compris : en créant cette carte « double action », elle déconnecte le moment où le client « lit » les conditions du prêt du moment où
il le contracte tout en simplifiant à l’extrême la procédure.
Ensuite, il ne faut pas oublier que l’abus de crédit est dangereux pour la collectivité, comme l’expérience
des subprimes aux Etats-Unis le montre. Un trop grand recours au crédit peut provoquer une bulle, qui, en se dégonflant, peut avoir des conséquences dévastatrices. Dès lors, il est important de
mieux encadrer cette activité. Le gouvernement l’avait promis il y a quelques semaines mais rien n’a changé. A minima, il pourrait déjà interdire la publicité, ce qui semble la moindre des
choses.
Ce qui est terrifiant avec la crise actuelle, c’est la vitesse à laquelle nous revenons aux excès qui nous
ont menés dans le mur il y a si peu de temps. Bonus, crédit, rien n’a changé sous le soleil de la planète finance. Pour notre plus grand mal.
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