Modem . Le leader centriste réunit ses militants à Arras pour valider son programme présidentiel.
Le président du Modem, François Bayrou, le 24 octobre à Paris (© AFP Miguel Medina)
François Bayrou avait déjà un parti, le Modem, à sa disposition. Il va bientôt avoir son programme présidentiel avec 216 propositions. Celles-ci seront soumises à la discussion et au vote des militants à partir de demain jusqu’à dimanche à Arras (Pas-de-Calais), où le parti centriste tient son congrès programmatique. Petit à petit, le député des Pyrénées-Atlantiques met ainsi en place les éléments de la fusée destinée à le propulser vers l’Elysée.
«François Bayrou privilégie sa stratégie présidentielle au détriment des choix des militants et de la survie de ses élus», critique un notable du Modem, pas vraiment convaincu par la stratégie d’alliance à gauche prônée par le leader centriste. Après avoir joué la carte des alliances locales tous horizons, un coup à droite, un coup à gauche, lors des municipales, le président du Modem a décidé d’une stratégie «tout sauf l’UMP» après les européennes. «La campagne anti-Sarkozy de François Bayrou n’a pas donné les fruits escomptés lors des élections européennes. Je ne suis pas sûr que le virage à gauche lui réussisse plus aux régionales de mars», analyse un des cadres du Modem, issu de l’ancienne UDF. En 2007, François Bayrou avait fait le plein des voix de l’électorat UDF et réussi à grappiller un peu sur celui de gauche. D’où sa main tendue à la gauche afin de pouvoir être sélectionné pour le second tour de la prochaine présidentielle.
Mais, selon ce même cadre, un «probable revers» du parti bayrouiste à cette consultation obligera son leader à reconsidérer son positionnement et à changer de stratégie sous la pression des élus du Modem. «Déjà en 2007, François Bayrou ne cessait de répéter qu’il y avait pour lui, à ce moment-là, une fenêtre de tir. Pour 2012, il le croit encore», confie un de ses proches.
Le patron du Modem parie sur l’incapacité du PS à se redresser avant cette échéance et à dégager un véritable leader. En petit comité, il confie même que Dominique Strauss-Kahn serait dans les séances de qualifications pour le deuxième tour «un interlocuteur facile». «Personne ne sait aujourd’hui dans quel état sera le PS en 2012 et qui portera ses couleurs. Cela fait quand même beaucoup d’inconnues pour une équation», analyse un sénateur centriste (non étiqueté Modem), qui se demande déjà ce qu’il adviendra du Modem «si la troisième tentative se soldait par un échec».
Par CHRISTOPHE FORCARI - http://www.liberation.fr/
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