Partager l'article ! La fusion entre le PS et Europe Ecologie vire à la cacophonie: Les deux formations de gauche, qui négocient pour créer des listes ...

Europe Ecologie et le Parti socialiste peinent à s'exprimer d'une même voix. Lundi soir, le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, a assuré qu'aucun accord national n'avait pour l'instant été trouvé entre les deux formations pour le second tour des élections régionales, contredisant le député socialiste Claude Bartolone. «Nous allons continuer les discussions avec les autres partis de gauche, mais avec les Verts, les discussions sont terminées», avait pourtant assuré le bras droit de Martine Aubry.
Selon Jean-Vincent Placé, cette annonce de Claude Bartolone était «très prématurée». «Il y a une volonté commune d'un accord ensemble dans toutes les régions», a-t-il admis, mais tous les obstacles n'ont pas été levés. Les discussions, sur le principe d'une répartition à la proportionnelle, sont toujours en cours en Ile-de-France, tandis qu'en Bretagne, Europe Ecologie a décidé de se maintenir.
Dans l'après-midi, après plus de cinq heures de négociations à Paris, le numéro deux des Verts avait prévenu qu'un accord ne devait pas être trouvé avant mardi matin, «car la nuit porte conseil». «On n'est pas dans un état d'esprit de gens hégémoniques ni de gens vassalisés», avait-il suggéré. «Il n'y aura pas d'accord partout», avait indiqué de son côté Daniel Cohn-Bendit, invité du Talk Orange-Le Figaro.
Les déclarations de Jean-Vincent Placé, qui ont pris à contrepied le PS, ont semé la confusion jusque dans les rangs d'Europe Ecologie. Présent aux côtés de Claude Bartolone parmi l'équipe de négociateurs, le secrétaire national adjoint des Verts, Jean-Marc Brûlé, a été contraint de porter secours à l'élu socialiste, réaffirmant qu'un accord national avait été trouvé «dans toutes les régions, sauf en Bretagne».
«Je compte sur les camarades bretons pour rejoindre l'accord», a-t-il indiqué, expliquant que Pascal Durand, délégué national du mouvement écologique, avait reçu une «confirmation» de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. «L'animation, l'ambiance, ça fait partie de la vie de famille», a-t-il expliqué, interrogé sur cet imbroglio autour de l'accord national.
Voici l'état des lieux des discussions entre le PS et Europe Ecologie.
» Les régions où un accord a été trouvé
• Alsace. La liste fusionnée, qui sera conduite par le socialiste Jacques Bigot, comprend 26 noms issus de la liste PS et 21 venus d'Europe Ecologie, soit une répartition presque exactement proportionnelle à leurs scores respectifs au premier tour.
• Champagne-Ardenne. L'alliance, conclue lundi en milieu d'après-midi, conduit à l'arrivée de cinq conseillers régionaux Europe Ecologie éligibles sur la liste conduite par le président sortant divers gauche, Jean-Paul Bachy.
• Lorraine. «A l'issue du premier tour, nous nous sommes retrouvés avec Europe Ecologie dans une grande facilité», a déclaré le socialiste Jean-Pierre Masseret, président sortant. «Nos amis écologistes auront huit places éligibles sur nos listes communes», a-t-il ajouté.
• Midi-Pyrénées. Europe Ecologie obtient 15 candidats en position éligible sur la liste commune, menée par Martin Malvy, 74 ans, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région. L'accord sera signé sous réserve d'une alliance nationale. Les Verts ne disposaient jusqu'à présent d'aucun siège au parlement régional.
• Paca. Un accord a été trouvé entre le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche, selon le président sortant du Conseil régional, Michel Vauzelle. «La liste est bouclée et j'irai la déposer demain [mardi] matin à la préfecture», a-t-il assuré.

• Poitou-Charentes. Un «accord est intervenu ce jour» pour opérer «le rassemblement autour de Ségolène Royal», a déclaré le directeur de cabinet de la présidente de la région. Europe Ecologie obtient «neuf places éligibles» sur les listes menées par Ségolène Royal, en plus des trois ex-militants Verts (dont deux en position éligible) qui l'avaient déjà rejointe avant le premier tour.
» La région où un accord paraît exclu
• Bretagne. «C'est parti, on part en triangulaire», a annoncé Michel Balbot, directeur de campagne d'Europe Ecologie en Bretagne. Europe Ecologie revendiquait 14 ou 15 sièges dans les négociations mais le PS ne souhaitait en accorder que 10. La liste (PS, PCF et dissidents Verts) du président socialiste sortant, Jean-Yves Le Drian, a recueilli 37,19% des voix, devant Bernadette Malgorn (UMP) à 23,73% et Europe Ecologie à 12,21%.