La courbe du chômage ne s’inverse pas, elle ondule !

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

« L’inversion de la courbe du chômage », promesse présidentielle, ressemble, hélas, à la ligne d’horizon, celle qui s’éloigne à mesure qu’on s’en approche.


POUZET/SIPA
POUZET/SIPA
La comédie mensuelle des statistiques du chômage restera probablement comme le plus mauvais feuilleton du quinquennat de François Hollande. Voici près de huit mois que nous sommes convoqués à quelques jours de la paye pour commenter les progrès de « l’inversion de la courbe du chômage », promesse présidentielle, qui, hélas ressemble à la ligne d’horizon, celle qui s’éloigne à mesure qu’on s’en approche.
Le mois dernier c’était comme si c’était fait : le baromètre d’octobre affichait les hautes pressions : « -20500 dans la catégorie A », annonçait le communiqué du ministère du Travail (drôle de nom pour un ministère dont la préoccupation majeure est le manque d’emplois…).  

Ce mois-ci, patatras ! la dépression reprend le dessus (sans doute un effet de la tempête Dirk ?) : le « baro », comme  disent les marins, s’effondre à « +17800 dans la catégorie A ». On y perd sa météo. Michel Sapin, ministre du travail (ou du sous emploi, selon les goûts) affirme qu’il faut savoir « in-ter-pré-ter » ! Ce qui compte « c’est la tendance », et la tendance du quatrième trimestre, nom de nom, c’est que ça baisse, « 1350 en moyenne par mois » (sur 3 millions, quel exploit !) donc cela veut bien dire que l’inversion a déjà commencée… Sauf que le trimestre n’est pas fini.


Manque les statistiques du mois de décembre. Imaginons que ça remonte, ou même que ça rebaisse. La courbe serait alors doublement inversée, c’est à dire… ondulée ? Vous imaginez François Hollande, lors de sa conférence de presse du 14 janvier, annoncer triomphalement « l’ondulation de la courbe  du chômage » ?
 
Mais en fait on a du mal à rigoler. Plus de 3 millions de chômeurs, comme dit Sapin, ce ne sont pas des « statistiques, mais des personnes ». D’ailleurs en vrai, elles sont près de six millions (5860700 en novembre) inscrites à Pôle Emploi… , si l’on prend en compte toutes les catégories de chômeurs (A,B, C, D, E), et leur nombre ne fait qu’augmenter..
Alors qu’est ce qui sonne faux dans le scénario ? Tout simplement la politisation d’un indicateur bancal. Car la statistique de Pôle Emploi est des plus contestables. On peut la corriger, par exemple avec une politique sévère de radiations administratives (50000 en novembre). Ou bien l’occulter en prenant comme unique témoin la catégorie A, celle des chômeurs qui ne travaillent pas du tout, en négligeant la série des travailleurs à éclipse, ou la détresse des chômeurs de longue durée de plus en plus longue, etc..
Michel Sapin et François Hollande ont délibérément choisi le nombre de demandeurs d’emplois en fin de mois  pour prouver qu’ils ne subissent pas la crise économique. Après tout, si le gouvernement parvient à faire baisser le chômage, est-ce qu’il a à la fois des moyens d’action et la bonne vision de ce qu’il faut faire ?
En fait la comédie de l’inversion de la courbe n’a pas d’autre effet que de...

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