La Corée du Nord redémarre une "ruine" nucléaire

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

 

Selon un centre de recherche américain, la Corée du Nord serait sur le point de relancer un réacteur nucléaire dont la production de plutonium a servi à des essais nucléaires en 2006. Un réacteur dans un état jugé épouvantable par les russes.


AP/SIPA
AP/SIPA

La Corée du Nord a l’art des effets d’annonce. Après avoir intronisé, l’ex star des Chicago Bulls, Dennis Rodman entraîneur de son équipe de Basket en vue des JO 2016, le pays est à l’origine d’une autre annonce autrement explosive. 
 

C’est un réacteur nucléaire jugé dans « un état épouvantable » par les Russes qui serait sur le point d’être relancé. Selon des images satellites analysées par le « US-Korea Institute » de l’Université John Hopkins,  cette installation nucléaire de Yongbyon en Corée du Nord a « probablement redémarré ». 


En avril 2013, le pays avait annoncé son intention de travailler à la relance de ce réacteur. L’institut de recherche américain avait constaté « des progrès rapides au cours du printemps et de l’été pour mettre l’installation en service ». 
 

L’imagerie satellitaire du 31 août a permis de remarquer des vapeurs blanches près de la salle du réacteur qui abrite les turbines : « la coloration blanche et le volume sont compatibles avec la vapeur évacuée lorsque le système de production d’électricité est sur le point d’entrer en service et que le réacteur est en fonctionnement ou presque » indique l’institut. 
 

Le réacteur « est capable de produire 6 kilos de plutonium par an que Pyongyang pourrait utiliser pour lentement accroître la taille de son arsenal nucléaire », ce qui est suffisant pour une arme nucléaire. Certains experts estiment, sans preuve formelle, que le réacteur a, en effet, produit le plutonium utilisé dans le premier essai nucléaire coréen en 2006. 
 

Pyongyang est actuellement soupçonné d'avoir suffisamment de plutonium pour environ six bombes, après avoir utilisé une partie de son stock pour au moins deux de ses trois essais atomiques.

Les capacités nucléaires du Nord sont essentiellement un sujet de conjecture, car la Corée du Nord est loin de  maîtriser les techniques de miniaturisation d’une arme nucléaire susceptibles d’être embarqué sur un missile longue portée. 


La Corée du Nord redémarre une «ruine» nucléaire

Aujourd’hui, c’est plutôt la vétusté des installations qui inquiète les observateurs. 


Selon une source russe citée par les agences de presse, « le réacteur, qui est une construction des années 1950, est dans un état épouvantable. Cela pourrait avoir des conséquences terribles pour la péninsule coréenne, entraîner une catastrophe ». Un avis d'expert quand on se rappelle des ruines nucléaires laissées à l'abandon à la fin de l'empire soviétique. 


La relance de ce réacteur serait est un rappel brutal des ambitions nucléaires de la Corée du Nord à un moment où Pyongyang est par ailleurs engagé dans une « offensive de charme » avec la Corée du Sud sur les questions transfrontalières sensibles. 


Fermé en 2007, suite à des accords de désarmement, le réacteur de Yongbyon est le plus puissant de Corée du Nord. Au delà de la question technologique, chaque menace de redémarrage par la Corée du Nord est surtout l’occasion pour le pays de demander un allègement des sanctions internationales à son égard pour assurer de l’arrêt de son programme nucléaire.  


Certains experts estiment même que le redémarrage est uniquement conçu pour attirer les Etats-Unis à la table des négociations, car les efforts de Pyongyang en matière nucléaire sont désormais connus pour être portés principalement sur ​​l'enrichissement de l'uranium plutôt que la production de plutonium. 


« Le redémarrage du réacteur de Yongbyon va soulever des préoccupations internationales et va augmenter la pression sur les Etats-Unis et ses alliés de faire quelque chose à ce sujet », a déclaré Kim Yong-Hyun, un spécialiste de la Corée du Nord à l'Université Dongguk de Séoul.

 

Par Régis Soubrouillard - Marianne

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article