L’étude des e-cigarettes passée à tabac

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

La revue 60 Millions de consommateurs publie une enquête dénonçant la nocivité trop vite oubliée des cigarettes électroniques. L’alerte lancée suscite la controverse.


Illustration - Tim Ireland/AP/SIPA
Illustration - Tim Ireland/AP/SIPA
Fumer tue, certes, mais vapoter nuit… aussi. La revue 60 Millions de Consommateurs conteste la réputation d’inoffensivité des derniers produits en vogue. A l'aide d'une machine effectuant une simulation de « vapotage », le magazine de l’Institut National de la consommation (INC) a pu tester une dizaine de modèles et évaluer la teneur de composants toxiques potentiellement cancérigènes. L’enquête révèle alors que les e-cigarettes « ne sont pas aussi inoffensives » que le disent leurs fabricants et « peuvent émettre des composés potentiellement cancérigènes. »

Substances « préoccupantes » et étiquetage douteux

Sur le banc des accusés, l’acroléine, le formaldéhyde et l’acétaldéhyde. Les trois molécules cancérigènes se retrouveraient dans les e-cigarettes et « parfois même en quantité plus importante que dans certaines cigarettes conventionnelles »« Il ne faut pas se fier aux compositions indiquées » peut-on lire dans la revue qui s’en prend à l’étiquetage. Trois « erreurs » courantes sont pointées du doigt.

La première concerne le taux de nicotine « parfois bien loin de celui réellement mesuré » et les deux suivantes concernent la présence ou non de propylène qui est parfois omise dans la composition indiquée ou franchement déniée en toute hypocrisie. Enfin, le magazine dénonce l’absence de bouchon de sécurité sur une majorité de recharges alors que la nicotine peut être létale pour les enfants.

Ne touchez pas à ma e-clope !

Qu’importe la scientificité de l’étude, la nocivité de ces nouveaux produits fait débat. Tabacologues, cancérologues ou pneumologues ont chacun leur idée sur la question. Mises au point en Chine en 2004, les cigarettes électroniques sont arrivées sur le marché français il y a cinq ans seulement. Les effets à long terme restent donc largement méconnus. En 2011, l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait été beaucoup plus définitive, en recommandant de ne pas consommer de cigarette électronique. Or si l’e-cigarette reste nuisible, sa toxicité resterait bien moindre que celle de la cigarette classique comme l’indiquait le rapport de Bertrand Dautzenberg publié en mai. En réalité, dans cette étude comme celle de 60 Millions de consommateurs, le propos reste le même : si l’e-cigarette est loin d’être recommandée pour la santé, mieux vaut vapoter que d’allumer une clope.
 
Les vendeurs de ces élégants inhalateurs ont déjà pignon sur rue dans toutes les grandes villes de France. Les industriels du secteur évoquent le chiffre d’un million de consommateurs. Brice Lepoutre, président de l'Association indépendante des utilisateurs de cigarettes électroniques (Aiduce), s'est dit « écoeuré » par cette étude « scandaleuse et dangereuse qui pourrait faire retourner de nombreuses personnes vers le tabac qui, lui, est très dangereux ».

Sur Twitter et Facebook, les internautes suivent. « Face au vrai danger des cigarettes, les vapoteurs n'ont pas trop de soucis à se faire ! » écrit sur Twitter Antoine Flahault, professeur de santé publique. Le Dr. Dominique Dupagne s’interroge quant à lui sur son blog : « E-cig cancérigène, tout est dans le "potentiellement". Mais pour qui roule l'INC ? ». Les vendeurs de fumée ont encore leurs adeptes.
Par Léa Ducré - http://www.marianne.net

Publié dans Dans l'actualité

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