L'école des fans... de l'UMP ?

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Vous avez entre 18 et 25 ans, la politique vous intéresse et vous êtes ancré à droite, l’Institut de formation politique est fait pour vous. Mais faites vite, il y a, semble-t-il, plus de candidats que de places.


Extrait de la vidéo Institut de Formation Politique - Séminaires
Extrait de la vidéo Institut de Formation Politique - Séminaires

Vous avez entre 18 et 25 ans, la politique vous intéresse et vous êtes ancré à droite, l’Institut de formation politique  est fait pour vous. Mais faites vite, il y a, semble-t-il, plus de candidats que de places. Au choix, deux formations. La première, par Internet - car c'est bien connu, pour se former à la politique un ordinateur et un accès Internet suffisent-, dure deux mois et demi et est axée sur l’anthropologie politique. La deuxième, se présente en trois niveaux sous la forme de séminaires le week-end et vise à associer la théorie à la pratique. Et pour le contact avec le terrain, les futurs électeurs, etc, il faudra repasser.

 

Contacté par Marianne, Alexandre Pesey, directeur de l’IFP, propose cette formation à tous les jeunes attachés à «la primauté de la personne», et ce depuis 2004. En d’autres termes, ceux qui placent «la valeur de l’homme» au centre, et qui ne se reconnaissent pas dans la «chosification de l’homme (notamment à travers) la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui» souligne le patron de l’institut. Cet établissement nomade peut être caractérisé d’ «école de formation de droite» comme nous le précise son directeur. Selon ses dires, «la tendance est libérale et conservatrice, mais tous les courants de la droite sont les bienvenus». Objectif principal de ces séminaires ? Répondre à la question :«pourquoi l’engagement ?» et apprendre à défendre ses convictions (de droite).
 

De nombreux intervenants sont là pour aider les étudiants dans leur démarche. Parmi eux, Elisabeth Levy (Causeur), Eric Brunet (RMC), ou encore la philosophe Chantal Delsol et l’historien Stéphane Courtois sont des habitués de la maison. Du côté de la pratique, on apprend à poser sa voix, à répondre aux questions des journalistes ainsi qu’à déceler les artifices d’un débat pour l’entreprendre sans animosité.

 

Bien que tous les courants de la droite soient les bienvenus, la tendance conservatrice semble la plus représentée. On retrouve, parmi  les auditeurs, Simon Cossiez, illustre inconnu, qui a reçu le prix de l’action politique de 2013 via l’IFP. Pour quelle raison ? Sa forte mobilisation, en Île-de-France lors de la Manif pour tous... et notamment son engagement robuste dans le mouvement des veilleurs. Ces anti mariage gay qui, Bible dans une main et bougie dans l'autre, prient contre la loi Taubira. 
 

Parmi les auditeurs on retrouve également le très controversé Vivien Hoch, qui a participé à de nombreuses actions musclées des anti mariage gays. Ou encore Samuel Lafont, également pilier de la Manif pour tous et ex membre de l’organisation universitaire très droitière, l’UNI.

 

Cependant, Alexandre Pesey l’assure : «Des débats sans animosité prennent forme au sein de l’IFP,  aussi bien entre des pro mariage gay que des antis.» En somme, selon le directeur, les perturbateurs de l’ordre public qui sortent de l’Institut ne sont absolument pas significatifs des 600 auditeurs ayant suivi cette formation. Qui plus est, Pesey le jure une main sur le cœur, il «n’encourage pas les jeunes à être des politiciens», la participation au «milieu associatif est d’ailleurs plus représentée que l’appartenance aux partis politiques.» Une affirmation qu’aucun chiffre ne vient étayer, mais passons.

 

Les personnes ayant complété leurs études par l’IFP accroissent-elles leur chance d’embauche ? A en croire Alexandre Pesey, «cet institut dispose d’un large réseau» qui faciliterait l’entrée sur le marché du travail. On retrouve, selon lui, «des attachés parlementaires ou des élus municipaux».
 

Néanmoins ce genre de formation n’est «pas un élément déterminant» pour l’embauche tempère David-Xavier Weiss, conseilleur municipal délégué de la jeunesse et communication à Levallois-Perret ; également contacté par Marianne. «Les idées sont prémâchées» par rapport à d’autres structures comme le Cercle Hippocrate où «chacun apporte sa vision des choses et toutes les droites au sens large sont réunies», fustige l’élu. D’après lui, les réels critères d’embauche sont «la volonté et la détermination». Inutile donc de passer par ce genre de structure même si elle peut apporter «une valeur ajoutée» mais pas forcément celle recherchée.

 

Quoi qu’il en soit, cette initiative d’Alexandre Pesey rappelle la proposition de Michèle Alliot-Marie de créer une école RPR de journalisme. La droite serait-elle en manque de représentativité nationale ?

 

Par Charles des Portes - http://www.marianne.net/

Publié dans Dans l'actualité

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