L'axe UDI-MoDem inquiète à l'UMP

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

 

Jean-François Copé, François Bayrou et Jean-Louis Borloo, aux obsèques de Pierre Mauroy, le 11 juin à Paris.

 

Borloo souhaite aboutir à une « charte » et à un embryon de structure avec Bayrou avant le 21 octobre.

 

Le rapprochement entre le MoDem et l'UDI force l'UMP à s'interroger sur sa stratégie. Le coup du mépris ne semblant pas décourager le centre, Jean-François Copé a été interpellé mardi matin au bureau politique.

Bernard Deflesselles a ouvert le feu et mis en garde contre le Modem. Le député des Bouches-du-Rhône a cité l'exemple d'Aubagne, dans sa circonscription. Lors des municipales de 2008, les listes du maire communiste sortant et du candidat du MoDem avaient fusionné entre les deux tours. En mars 2014, ils feront liste commune...

«En Normandie, a expliqué à son tour Bruno Le Maire, on a fait dans toutes les villes des accords avec l'UDI, mais une UDI qui ne tendait pas la main à Bayrou!» Selon le député de la Drôme Hervé Mariton, «l'UDI est devenue le réceptacle naturel et systématique des non-investis» de l'UMP. «Beaucoup d'UDI sont des aigris de chez nous, a affirmé son collègue du Nord Marc Laffineur. Localement, ça peut donner des situations compliquées à gérer.»

Jean-François Copé a admis l'existence de «quelques cas emblématiques à traiter», tout en estimant que l'UMP ne devait pas s'inquiéter outre mesure, «l'UDI n'étant pas une marque, contrairement au MoDem». Conscient que «les situations sont très différentes d'une ville à l'autre, d'une région à l'autre», il a encouragé ses troupes à s'en tenir à une ligne simple: «UMP, UMP, UMP! On fait nos listes et on se maintient.»

Si on n'est clairement pas avec la gauche, il ne faut pas deux cents ans pour l'écrire

Jean-Louis Borloo

Malgré ses liens anciens et plutôt amicaux avec Jean-Louis Borloo, Jean-François Copé n'a pas jugé utile de s'enquérir auprès de lui des manœuvres en cours au centre. François Fillon, en revanche, a déjeuné il y a quelques jours avec le président de l'UDI à la buvette de l'Assemblée nationale. Selon Borloo, l'ex-premier ministre n'a pas paru fâché que le centre s'organise. Rien de ce qui peut contrarier Copé n'est vraiment mauvais aux yeux de Fillon…

Pendant que l'UMP s'occupe d'elle-même, la reconstitution de la famille centriste s'accélère. Le patron de l'UDI a une méthode et un calendrier en tête. «S'il doit se passer quelque chose, promet-il, ce sera par écrit, en public, et ça nous engagera.» Il souhaite signer une «charte» avec son homologue du MoDem, «avec les lignes essentielles d'un projet commun, un système de fonctionnement unifié et démocratique et des alliances claires». La «charte fondatrice» de la «nouvelle structure», dont le nom reste à trouver, acterait aussi le changement de stratégie du MoDem. Et bien sûr, elle établirait des règles pour la présidentielle.

Jean-Louis Borloo veut aller vite. Selon lui, «si on n'est clairement pas avec la gauche, il ne faut pas deux cents ans pour l'écrire». Il voudrait boucler le tout «avant le 21 octobre». L'an dernier, à la même date, il portait l'UDI sur les fonts baptismaux et il assure que déjà, il avait en tête la réconciliation avec François Bayrou. «Si j'y arrive, j'aurai terminé la mission que je m'étais fixée», confie-t-il. Et après? «Eh bien, on aura deux présidentiables, comme l'UMP!», a lancé sur le ton de la plaisanterie un membre du comité exécutif de l'UDI, mardi soir.

 

Par http://www.lefigaro.fr

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