L'assassinat d'une ancienne miss émeut le Venezuela

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

L'ancienne miss vénézuelienne Mónica Spear ainsi que son ancien compagnon ont été assassinés, ce lundi, dans le nord du pays, par un groupe d'individus, lors d'un car jacking qui a mal tourné. Un assassinat, un de plus, qui a suscité une vague d'émotion dans l'un des pays les plus dangereux d'Amérique Latine.


Mónica Spear et son ancien compagnon - Gavin Rodgers/REX/REX/SIPA
Mónica Spear et son ancien compagnon - Gavin Rodgers/REX/REX/SIPA
Mónica Spear ainsi que son ancien compagnon ont été assassinés. Sauvagement. Comme tant d’autres anonymes au Vénézuela, dont le taux d’homicide est l’un des plus élevés au monde : 39 pour 100 000 habitants en 2013, selon le ministère de l'Intérieur ; 79 pour 100 000, selon l'Observatoire vénézuélien de la violence (OVV).
 
A la différence que la jeune femme de 29 ans, ancienne miss - élue en 2004 - était l’un des emblèmes du pays, connu pour ses populaires reines de beauté. Reconvertie depuis aux Etats Unis en actrice de télénovelas, ces feuilletons tant prisés par les sud-américains, pour la chaîne hispanique Telemundo, la jeune femme se trouvait en vacances avec sa famille, lorsque leur voiture a été attaquée par plusieurs individus sur une autoroute du nord du pays, reliant les villes de Valencia et Puerto Cabello.

« Un massacre »

Il est près de 22h30, ce lundi, quand la voiture s’immobilise, heurtant un objet pouvant avoir été déposé sciemment sur les voies. Alors que se déroule le remorquage du véhicule, plusieurs individus se sont approchés, tirant à bout portant - en « quemarropa » selon le jargon policier - sur Mónica Spear, son ex conjoint, un irlandais de 39 ans, Berry Thomas Henry, et leur fille de 5 ans qui s’étaient barricadés à l’intérieur de l’automobile, résistant selon le principal quotidien de la capitale, Últimas Noticias, aux braqueurs. Seule survivra la fillette, blessée à la jambe. Les remorqueurs s'étant quant à eux précipités pour chercher de l'aide. 
 
Selon El Carabobeño, média local, le principal dispositif de ce type d’attaque, fréquent sur les routes de la région porte même un nom : le « Miguelito » désignant les objets artisanaux fabriqués et déposés à même le sol de manière à bloquer les voitures.

Une cinquantaine d'enquêteurs travailleraient actuellement sur l'affaire, qui a déjà abouti à cinq arrestations dont celles de deux mineurs selon le directeur de la police scientifique, José Gregorio Sierralta.

Devant l'émoi suscité par ce double meurtre, le président vénézuélien Nicolas Maduro s'exprime. Beaucoup. Evoquant notamment « l'image » de la famille criblée de balles «décrite par les enquêteurs» qui lui « revient ». L'image en somme d'un « massacre ». Le successeur d'Hugo Chavez se réunit par ailleurs, ce mercredi 8 janvier, avec tous les gouverneurs du pays et les 79 maires des villes les plus touchées par l'insécurité pour une réunion de « travail » et de « coordination ».

Dans un rare consensus, Henrique Capriles, gouverneur de l'Etat de Miranda, et principal opposant, a proposé au président de «s'unir» contre l'insécurité.
Par Patricia Neves - http://www.marianne.net
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