Jean-Louis Borloo : "le choc s(c)eptique"

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Le vol des vautours pourrait-il accélérer sa convalescence ou finir de le dégouter de la politique! Hors circuit en principe jusqu’à l’été, Jean-Louis Borloo est de méchante humeur. D’abord le « choc septique » qu’il a subi, et qui aurait pu lui être fatal, l’a véritablement mis à plat. Choc septique ou choc sceptique ?


Jean-Louis Borloo: «le choc s(c)eptique»

Le vol des vautours pourrait-il accélérer sa convalescence ou finir de le dégouter de la politique! Hors circuit en principe jusqu’à l’été, Jean-Louis Borloo est de méchante humeur. D’abord le « choc septique » qu’il a subi, et qui aurait pu lui être fatal, l’a véritablement mis à plat. Choc septique ou choc sceptique ? Les deux peut-être, mais pour la faculté c’est le premier auquel il fallait d’abord faire face, trouver le bon antibiotique, pour l’autre, il faudra aviser. Rien n’est réglé.

Cet hyper-actif, hyper-angoissé aussi, déteste être hors d’état d’hyper-intervenir, en particulier au moment où son meccano centriste prenait forme. Les élections européennes devaient stabiliser cet échafaudage bringuebalant et lui permettre d’atteindre des hauteurs vertigineuses : 15%,16%, 18% même…autant que les grands partis.

L’Alternative promettait de devenir plus qu’un nom de boîte de nuit échangiste. Un projet politique cohérent et menaçant pour les concurrents. Or le voilà qui tremblote à nouveau. Un seul être vous manque – jusqu’à l’été au moins - et tout est menacé. Ca s’agite, ça volète, ça piaille…

Pourtant les sondeurs sont venus ces jours-ci confirmer l’intuition qui avait présidé à ce rassemblement des centres. L’électorat centriste et pro-européen fédéraliste existe et constitue une base solide – plus de 10%- qui ne demande qu’à croître. Une bonne raison de demeurer groupé, en dépit de l’absence de Jean-Louis Borloo.

Mais au temps de sa présence déjà, des personnalités aussi différentes que les parlementaires Yves Jégo, Hervé Morin, François Sauvadet, Jean-Christophe Lagarde, Jean Arthuis etc. avaient du mal cohabiter sans se griffer. Et ça le fatiguait. Et ça l’exaspérait tous ces baronnets qui ne font tourner le centre qu’autour de leur nombril. Désormais, c’est pire. Aussitôt que la tête de l’un dépasse, les autres s’empressent de lui taper tous dessus comme sur un clou !

Or les dissensions pourraient s’aggraver. Car les dirigeants de l’UMP comptent bien profiter de l’absence du valétudinaire pour « effectuer des pressions d’enfer » et « réveiller des agents plus ou moins dormants », afin d’empêcher l’Alternative de se lancer aux européennes.

Au nom des intérêts supérieurs de l’opposition et de la Nation, car si les centristes se présentent ils risquent d’empêcher leurs alliés d’arriver devant le Front national. Ils pourraient même précipiter leur écroulement, et le parti présidé par Jean-François Copé se retrouverait à l’étiage lamentable où avait échoué Nicolas Sarkozy en 1999 : 12,82 %. Ce qui ne l’a pas empêché de rebondir ensuite, notez bien. Mais ça c’était avant…

Si les centristes réussissaient leur coup européen, rien ne pourrait ensuite empêcher une récidive à la présidentielle. Surtout si Bayrou s’est requinqué à Pau, ce qui est très probable. Avec « François », ce « béarnais tête de pioche », les sarkozystes redoutent de ne pas pouvoir s’entendre. Alors qu’avec Borloo, ils imaginaient parfaitement jouer le jeu de conserve quitte même à lui promettre Matignon pour qu’il se retire.

Les voilà donc qui prient pour que « Jean-Louis se requinque au plus vite ». En ne voulant pas croire un instant qu’il puisse tout envoyer promener comme la rumeur en court. Son corps aurait parlé, aurait dit « stop et plus go… ». Mais quand on a la politique dans le sang, à haute dose, est ce qu’on n’arrête jamais ? Mais certains lui assurent que c’est justement ça qui l’empoisonne…

 

Par Nicolas Domenach - http://www.marianne.net/

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