Interview du 14 juillet : François Hollande tourne en (grande) boucle

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Le chef de l’Etat était interviewé par Claire Chazal et Laurent Delahousse depuis les jardins de l’Elysée. Mais pareil à ses coureurs cyclistes qui, lors d’une étape de montagne, ont le regard voilé par le manque d’oxygène et l'effort, il ne se rend pas compte qu’il faudrait changer de braquet et abandonner le pignon de la rigueur.


Capture écran : France 2
Capture écran : France 2

«Moi, je me bats. Je n’invente pas une mesure de plus parce que je suis là devant vous. La politique, ce n'est pas de la magie. C'est une stratégie, c'est une volonté, une cohérence ». Une cohérence qui s'apparente à de l’entêtement, jugeront certains de ceux qui ont écouté l’interview de François Hollande, ce 14 juillet, depuis les jardins de l’Elysée. Car François Hollande tourne en boucle. En grande boucle. Pareil à un cycliste lancé dans une course de keirin, cette compétition qui se dispute sur un anneau lancée par une moto.
 
Le chef de l’Etat — et le pays avec lui — ont décroché du peloton de tête, la moto de la croissance prend ses distances, mais lui se veut toujours optimiste s’accrochant à des signes d’espoir qu’il semble bien être le seul à voir : « La reprise, elle est là », nous explique-t-il, « La production industrielle repart. La consommation connaît une petite reprise ». Les Français en doutent ? Ils ne voient rien d’autre qu’un pays déprimé ? Mais pas Hollande, convaincu qu’il pourra inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année ! « Ce n’est pas un objectif, c’est un engagement », martèle-t-il  alors même que les membres de la majorité n’y croient plus depuis longtemps…
 
Mais lui ne veut toujours pas changer de braquet. Il reste sur le pignon de la rigueur. Et qu’importe s’il s’épuise à pédaler dans le vide et ne parvient pas à rejoindre la tête de course. « Nous avons besoin du sérieux budgétaire », persiste-t-il ainsi à répéter. Toujours en boucle. Il y aura ainsi, dit-il, « moins de dépenses en 2014 qu’il y en a eu en 2013 ».

Il est en définitive comme ses coureurs qui, lors d’une étape de montagne, ont le regard voilé par le manque d’oxygène et l'effort. Hollande ne discerne plus l’évidence. Il est aveuglé, persuadé que ses deux premières années de quinquennat constituent son Mont Ventoux à lui, qu’il est à mi-parcours, que le col du retour à la croissance n’est donc plus très loin, qu’il ne reste plus qu’un an à souffrir. Après ça, pense-t-il, l’économie pourra rouler d’elle-même, sans jamais plus à avoir à donner un seul coup de pédale.
 
En attendant,  François Hollande dit savoir qu’« il y a des défiances, des impatiences » dans la population. Il nous explique « qu’il ne faut pas céder au pessimisme », que la France est « un grand pays ». Certes. Mais ces phrases, il les répète comme un mantra lors de chacune de ses interventions. Elles semblent presque obligées, dictées par un de ces « conseillers en com » qui, lui, n’a jamais trop eu à souffrir dans la course à l’emploi. Qui, lui, n’a jamais chuté dans une descente professionnelle…

 

Par Gérald Andrieu - Marianne

Publié dans Dans l'actualité

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