Hollande plus transparent que jamais

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Le président a beau multiplier interviews, interventions télévisées et initiatives à l'encontre de Barack Obama, il ne retient plus l'attention.


WITT/SIPA
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Article paru dans le numéro 847 de Marianne daté du 13 juillet 2013

Après les aveux de Jérôme Cahuzac, François Hollande avait promis une grande «opération transparence». C'est réussi. Du moins pour lui. Le chef de l'Etat est devenu tellement «transparent» qu'il a disparu des écrans radar !

Son voyage en Tunisie ? Personne n'a retenu le moindre mot, la moindre formule. C'était pourtant le premier déplacement d'un président français dans ce pays depuis la chute de Ben Ali. L'occasion était belle : en Egypte, Morsi et les Frères musulmans venaient d'être désavoués puis d'être renversés par l'armée. Mais non, rien. Hollande parle désormais en infrasons. Personne ne l'entend. Il aurait pu enfiler un slip de bain, foncer sur la plage de la Marsa, et y construire le plus beau des châteaux de sable, que l'événement serait passé inaperçu !

Les hollandistes nous vantent - sans grande conviction - un président efficace sur la scène internationale. Mais, Mali mis à part, les événements se suivent qui racontent l'inverse. Les Etats-Unis nous espionnent ? Hollande gonfle le torse et... appelle les «partenaires européens» à «suspendre» pour «une durée de quinze jours» les négociations avec l'Oncle Sam sur l'accord de libre-échange transatlantique. Or dame Merkel ne l'entend pas de cette oreille. Résultat : M. Hollande rempoche sa maigre initiative et s'écrase. Une fois encore...

Delphine Batho explique que son éviction du gouvernement est due au patron de Vallourec - qui n'est autre que l'époux de Sylvie Hubac, la directrice de cabinet de Hollande -, mais ni le chef de l'Etat, ni personne côté socialiste ne réplique. Majorité aphone... Pendant ce temps, la courbe de popularité du président déprime. Elle finira par débusquer du gaz de schiste ! Pendant ce temps, surtout, les spadassins de la Sarkozye avancent en rangs serrés. Armés de leurs éléments de langage, ils font passer l'invalidation des comptes de campagne pour une forfaiture (lire ci-contre). Et le PS en reste coi. Quand l'UMP fait du bruit comme dix ou quinze, il n'en fait même pas comme la moitié d'un ténor léger. Même la parole du chef n'est pas relayée. Qui, par exemple, a entendu parler de l'interview que le président a donnée le 1er juillet à Ouest-France ? Pourtant, ce jour-là, il se permettait de mettre les mains dans la tambouille électorale en appelant «la majorité» (comprendre : les écologistes) à «s'organiser pour les prochains scrutins, notamment municipaux, pour partir rassemblée». Sarkozy aurait commis pareille transgression que les médias lui seraient tombés dessus. Mais là, plus personne ne fait attention...

A commencer par les Français, qui ont boudé sa dernière intervention télévisée dans «Capital», sur M6. Hollande reconnaît désormais que c'était une erreur de participer à un programme qu'un secrétaire d'Etat aurait tout juste accepté. Le 14 juillet, il parlera depuis l'Elysée, pour retrouver un peu de majesté. Il avait promis qu'il ne le ferait pas. Mais on a oublié...

 

Par Gérald Andrieu - Marianne

Publié dans Dans l'actualité

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