Facebook : Pour le pire et pour le meilleur

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Facebook peut parfois se transformer en supermarché de l’horreur. Les réseaux sociaux ont cette formidable capacité à faire interagir des milliers de gens. Mais il arrive que le réseau lui-même soit au centre du fait divers. Illustration à travers cinq histoires.


Martin Sterba/AP/SIPA
Martin Sterba/AP/SIPA

En Auvergne, le 12 avril dernier, la tante d'un petit garçon de deux ans et demi signalait sa disparition au commissariat de la commune de Moulins. Une semaine intense de recherche démarre alors. Les autorités cherchent la mère du petit Chayson Basinio, introuvable. Le père, un dénommé Rayane, serait âgé de 20 ans et n'a pas de domicile ou de téléphone connu des services de police. Pourtant, un compte Facebook montre tout ce beau monde ensemble, postant photos et commentaires... On fouille jusqu'au fond du lac, avec ce sentiment d'anticipation de l'horreur. Quand revient la tante au commissariat pour avouer que tout ceci n'était qu'un canular. Cette femme de 47 ans, sa fille de 13 ans et le cousin de celle-ci seraient à l'origine de toute cette histoire. Ils ont été mis en examen pour « dénonciation de crime ou délit imaginaire et dénonciation calomnieuse ». Au total, c'est trois faux comptes que ces trois personnes alimentaient régulièrement. Le procureur en charge de l'affaire en reste dubitatif : « Il y avait des dialogues, les amours de Rayane, etc. On est dans un jeu de rôle, dans le fantasme, la vie virtuelle de personnages sur Facebook. » Like !

Selfie meurtrier

Sur la toile, on ne plaisante pas non plus avec les selfies. Preuve en est, au Mexique, Erandy Elizabeth Gutierrez, une adolescente de 16 ans a tué sa meilleure amie à coup de couteau, pour une photo dénudée. En effet, Erandy reprochait à Anel Baez d’avoir posté sur Facebook des selfies où elles apparaissaient toutes les deux nues d’elles nues. La jeune mexicaine n’a pas supporté l’humiliation, en témoignent ses derniers tweets : « Je t’enterrerai avant la fin de l’année », suivi d’un smiley, ou encore « J’ai peut-être l’air calme, mais dans ma tête, je t’ai tuée trois fois ». Ambiance entre les deux copines. Pour « faire la paix », Anel invite alors son amie chez elle. Mais à la place d’une petite photo de réconciliation, Erandy la tue en la lardant de 65 coups de couteau. Finalement, la jeune adolescente a été arrêtée quelques jours plus tard à l’enterrement de son ex-meilleure amie. Étant mineure, elle n’encourt que sept ans de prison. Le temps de prendre un ou deux selfies encore.

Alcoolisme précoce

De l’autre côté de l’atlantique, dans le nord de l’Angleterre, une jeune anglaise de 9 ans a bien failli mourir à cause de la mode de la « neknomination ». Apparue en Australie, la neknomination, contraction de « Neck your drink» de l’anglais « bois ton verre cul sec » et de nomination « nominé », est un jeu à boire version 2.0 qui s’est propagé à vitesse grand V sur le net, dépassant rapidement les simples frontières australiennes. Le principe du jeu est simple : Il faut se filmer en train d’avaler cul sec un verre d’alcool, voire une bouteille entière, de poster le tout sur le net et de nominer trois de ses amis pour qu’ils en fassent autant. Il n’y a rien à gagner et même plutôt tout à perdre. C’est le cas de cette très jeune anglaise, Rhiannon Scully, que sa mère a retrouvé complétement ivre, à deux doigts du coma éthylique. D’après les premiers éléments de l’enquête, la gamine aurait ingurgité pas moins d’un demi-litre de whisky et de vodka mélangés à du jus d’orange. La jeune Rhiannon se serait lancée dans un défi, incité par deux autres fillettes qui l’ont filmée durant son « exploit ». Exploit qui l’a conduite tout droit à l’hôpital où elle a du subir un lavage d’estomac. Heureusement, après une nuit sous surveillance, la fillette a pu ressortir hors de danger. 

Détournement salutaire

C’est d’ailleurs en réaction à ce jeu d’alcool, qu’un jeune français a décidé de détourner le principe pour le rendre plus utile à tous.
 
 « Bonsoir à tous, j’ai été nominé pour ce jeu de merde (…) pour ma part j’ai décidé de faire une vidéo un peu plus intéressante pour relever le défi ». C’est par ces mots que commence la vidéo de Julien Voison, un bordelais de 23 ans, qui avait été défié par un de ses amis dans le cadre de la neknomination. Mais au lieu de descendre une bouteille d’alcool, Julien se filme en train de distribuer des bouteilles d’eau et des hamburgers à des SDF. Il vient de lancer la « smartnomination » ou la nomination intelligente. Très vite, sa vidéo, partagée des centaines de fois sur facebook,  va faire le tour du net et de nombreuses personnes vont lui envoyer des messages de soutien de toute la France mais aussi du Québec, de Martinique, d’Espagne, de Belgique… Notre jeune Bordelais décide alors d’aller plus loin en créant une page facebook « Smartnomination » ou les internautes sont incités à venir poster leur propre vidéo. Le pari est gagnant puisque en moins d’une semaine des centaines de vidéos sont publiées et la page, au moment de la rédaction de ses lignes était likée 15 708 fois. 

 

 

 

 

 

Facebook : Pour le pire et pour le meilleur

Lundi 21 Avril 2014 à 16:40 | Lu 5414 fois I 2 commentaire(s)


Bruno Rieth, Loïc Le Clerc


Facebook peut parfois se transformer en supermarché de l’horreur. Les réseaux sociaux ont cette formidable capacité à faire interagir des milliers de gens. Mais il arrive que le réseau lui-même soit au centre du fait divers. Illustration à travers cinq histoires.


Martin Sterba/AP/SIPA
Martin Sterba/AP/SIPA
En Auvergne, le 12 avril dernier, la tante d'un petit garçon de deux ans et demi signalait sa disparition au commissariat de la commune de Moulins. Une semaine intense de recherche démarre alors. Les autorités cherchent la mère du petit Chayson Basinio, introuvable. Le père, un dénommé Rayane, serait âgé de 20 ans et n'a pas de domicile ou de téléphone connu des services de police. Pourtant, un compte Facebook montre tout ce beau monde ensemble, postant photos et commentaires... On fouille jusqu'au fond du lac, avec ce sentiment d'anticipation de l'horreur. Quand revient la tante au commissariat pour avouer que tout ceci n'était qu'un canular. Cette femme de 47 ans, sa fille de 13 ans et le cousin de celle-ci seraient à l'origine de toute cette histoire. Ils ont été mis en examen pour « dénonciation de crime ou délit imaginaire et dénonciation calomnieuse ». Au total, c'est trois faux comptes que ces trois personnes alimentaient régulièrement. Le procureur en charge de l'affaire en reste dubitatif : « Il y avait des dialogues, les amours de Rayane, etc. On est dans un jeu de rôle, dans le fantasme, la vie virtuelle de personnages sur Facebook. » Like !
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Selfie meurtrier

Sur la toile, on ne plaisante pas non plus avec les selfies. Preuve en est, au Mexique, Erandy Elizabeth Gutierrez, une adolescente de 16 ans a tué sa meilleure amie à coup de couteau, pour une photo dénudée. En effet, Erandy reprochait à Anel Baez d’avoir posté sur Facebook des selfies où elles apparaissaient toutes les deux nues d’elles nues. La jeune mexicaine n’a pas supporté l’humiliation, en témoignent ses derniers tweets : « Je t’enterrerai avant la fin de l’année », suivi d’un smiley, ou encore « J’ai peut-être l’air calme, mais dans ma tête, je t’ai tuée trois fois ». Ambiance entre les deux copines. Pour « faire la paix », Anel invite alors son amie chez elle. Mais à la place d’une petite photo de réconciliation, Erandy la tue en la lardant de 65 coups de couteau. Finalement, la jeune adolescente a été arrêtée quelques jours plus tard à l’enterrement de son ex-meilleure amie. Étant mineure, elle n’encourt que sept ans de prison. Le temps de prendre un ou deux selfies encore.

Alcoolisme précoce

De l’autre côté de l’atlantique, dans le nord de l’Angleterre, une jeune anglaise de 9 ans a bien failli mourir à cause de la mode de la « neknomination ». Apparue en Australie, la neknomination, contraction de « Neck your drink» de l’anglais « bois ton verre cul sec » et de nomination « nominé », est un jeu à boire version 2.0 qui s’est propagé à vitesse grand V sur le net, dépassant rapidement les simples frontières australiennes. Le principe du jeu est simple : Il faut se filmer en train d’avaler cul sec un verre d’alcool, voire une bouteille entière, de poster le tout sur le net et de nominer trois de ses amis pour qu’ils en fassent autant. Il n’y a rien à gagner et même plutôt tout à perdre. C’est le cas de cette très jeune anglaise, Rhiannon Scully, que sa mère a retrouvé complétement ivre, à deux doigts du coma éthylique. D’après les premiers éléments de l’enquête, la gamine aurait ingurgité pas moins d’un demi-litre de whisky et de vodka mélangés à du jus d’orange. La jeune Rhiannon se serait lancée dans un défi, incité par deux autres fillettes qui l’ont filmée durant son « exploit ». Exploit qui l’a conduite tout droit à l’hôpital où elle a du subir un lavage d’estomac. Heureusement, après une nuit sous surveillance, la fillette a pu ressortir hors de danger. 

Détournement salutaire

C’est d’ailleurs en réaction à ce jeu d’alcool, qu’un jeune français a décidé de détourner le principe pour le rendre plus utile à tous.
 
 « Bonsoir à tous, j’ai été nominé pour ce jeu de merde (…) pour ma part j’ai décidé de faire une vidéo un peu plus intéressante pour relever le défi ». C’est par ces mots que commence la vidéo de Julien Voison, un bordelais de 23 ans, qui avait été défié par un de ses amis dans le cadre de la neknomination. Mais au lieu de descendre une bouteille d’alcool, Julien se filme en train de distribuer des bouteilles d’eau et des hamburgers à des SDF. Il vient de lancer la « smartnomination » ou la nomination intelligente. Très vite, sa vidéo, partagée des centaines de fois sur facebook,  va faire le tour du net et de nombreuses personnes vont lui envoyer des messages de soutien de toute la France mais aussi du Québec, de Martinique, d’Espagne, de Belgique… Notre jeune Bordelais décide alors d’aller plus loin en créant une page facebook « Smartnomination » ou les internautes sont incités à venir poster leur propre vidéo. Le pari est gagnant puisque en moins d’une semaine des centaines de vidéos sont publiées et la page, au moment de la rédaction de ses lignes était likée 15 708 fois. 


27 ANS PLUS TARD...

Cette capacité de partager une info à grande échelle sur Facebook, Katheryn l’a bien compris aussi. Cette américaine de 27 ans, abandonnée par sa mère biologique dans les toilettes d’un Fast-food alors qu’elle venait de naître, vient de reprendre contact avec elle grâce au réseau social. Après des années de questionnements sur ses origines et les motivations de son abandon, elle décide, il y a six mois, de se lancer à la recherche de sa génitrice. « Je recherche ma mère biologique. Elle m’a abandonnée dans les toilettes d’un Burger King quelques heures après ma naissance. Aidez-moi à la retrouver en diffusant ce message, s’il vous plait ». Ce simple texte, inscrit sur une pancarte avec une photo d’elle va être partagée plus de 30 000 fois sur le réseau social et se retrouve finalement sur le « wall » de sa véritable mère. Ce qui va leur permettre de se rencontrer et répondre aux questions de la jeune femme. Sa mère, alors âgée de 16 ans, tombe enceinte après un viol. Ne pouvant avouer sa grossesse à ses parents, elle se décide à accoucher dans le plus grand secret et d’abandonner son bébé en espérant qu’il soit adopté par de bons parents. 27 ans plus tard, Katheryn a pardonnée à sa mère et, les deux femmes, ont même décidé de se revoir régulièrement pour tenter de rattraper le temps perdu. 

 

Par Bruno Rieth, Loïc Le Clerc - http://www.marianne.net

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