Qui ne connaît les deux bons vieux proverbes :
« qui ne dit mot consent » et
« les promesses n'engagent que ceux qui y croient ».
Il faut décrypter les silences de Hollande et ses demi-propos. Son programme annonce vouloir ouvrir un grand débat sur l'attractivité du métier d'enseignant ainsi que sur le
statut de cette profession, tout en discutant de la revalorisation des salaires.
Soyons honnête : on ne crée pas 60 000 postes dans une branche tout en augmentant les salaires. Plus généralement, je dirais simplement :
dis-moi quel est ton conseiller je te dirai ce
que tu feras.
Le conseiller éducation de François Hollande est Vincent Peillon. Vincent Peillon
rêve de coller les enseignants aux 35 heures dans les établissements et d'allonger
leur année scolaire. Il l'a dit à plusieurs reprises.
Jamais je n'ai entendu qui que ce soit dans l'entourage socialiste revenir sur ces objectifs. Verba volant, scripta manent, seuls les écrits font foi à mes yeux. A ma connaissance,
seul
François Bayrou a explicitement fait savoir qu'il s'opposait à tout allongement du temps de service des enseignants. Il l'écrit noir sur blanc dans son État d'urgence, faisant
observer que nul ne sait ce qu'est le butinage de l'enseignant (et le temps qui va avec) quand il prépare ses cours :
« Demain, c’est leur temps de travail qui sera attaqué, à la suite, « naturellement », d’une large concertation. Dont on connait le résultat à l’avance puisqu’il a été décidé à l’avance
(…). Personne pour expliquer qu’une heure de cours, ce sont des heures de préparation, de corrections, de lectures, de butinage intellectuel, pour essayer tous les jours un peu mieux, de
comprendre ce qu’on enseigne, et de mieux l’enseigner. »
De la même manière, Bayrou s'oppose à ce que les enseignants ne soient évalués que par les chefs d'établissement, ne serait-ce que parce qu'une administration qui se prive de ses corps
d'inspection signe sa déliquescence.
Le grand silence de Hollande et des socialistes en général (pas un n'a soutenu les syndicats enseignants dans leur révolte) est éloquent.
Il y a évidemment parmi les enseignants
des adeptes de ces 35 heures-là. En partie par
conviction (Ségolène Royal s'en faisait déjà l'apôtre en 2007), en partie par militantisme. Tiendront-ils puisqu'ils doivent
craindre le froid, désormais ?
C'est très intelligent, 35 heures dans les établissements à l'heure où 1 agent sur 4 de l'Éducation nationale est en état d'épuisement.
J'avoue que je ne comprends pas les enseignants : ils sont actuellement 35 % à accorder leurs suffrages à Hollande et aux socialistes contre 10 % seulement pour Bayrou. Pourtant, ils doivent le
comprendre : s'il y a une majorité socialiste qui accède au pouvoir, ils sont morts. De même si l'UMP survit à son déclin et parvient à conserver une majorité.
Seul Bayrou
défend explicitement l e statut des
enseignants. On n'entend aucune autre protestation à gauche, preuve que les Mélenchon, Joly et compagnie sont exactement sur la même longueur d'ondes que François Hollande...
Mieux, vous allez voir : surveillez bien les commentaires de ce billet ! Si la
pravdasphère débarque ici, vous pouvez vous attendre à ce qu'elle
justifie son champion et en aucun cas à ce qu'elle ne critique les orientations de son poulain.
Mieux vaut faire confiance à un homme dont
les axes directeurs
sont à la fois clairs et sains. Pas de fioritures, des mesures simples et justes.
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