Éducation : des chefs d'établissement pas assez managers

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

la Cour des compte préconise une plus grande implication des chefs d'établissement dans l'évaluation des enseignants.

la Cour des compte préconise une plus grande implication des chefs d'établissement dans l'évaluation des enseignants. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Dans son rapport, la Cour des comptes recommande une meilleure adéquation entre les exigences du poste et le profil des enseignants «sur la base d'entretiens entre les candidats et les chefs d'établissement».

LE RÔLE et les pouvoirs des directeurs d'école et chefs d'établissement. Un vaste et délicat sujet, largement débattu sous le mandat de Nicolas Sarkozy, que le rapport de la Cour des comptes remet sur la table.

La Rue Cambon, qui a largement mis en avant la «réalité locale», recommande une meilleure adéquation entre les exigences du poste et le profil des enseignants, «sur la base d'entretiens entre les candidats et les chefs d'établissement en s'inspirant d'exemples étrangers et d'un système existant dans les établissements d'enseignement privé catholique». Dans ces derniers, le chef d'établissement publie les offres de postes vacants et reçoit les candidats dans le cadre de véritables entretiens d'embauche. Un modèle jugé inacceptable par l'enseignement public, qui rejette haut et fort l'idée d'une école transformée en entreprise et soumise aux lois du libéralisme.

«Culture infantilisante»

On se souvient de Luc Chatel, ministre de l'Éducation, suggérant l'introduction à l'école d'un management inspiré du privé. Le décret publié en mai 2012 autour de l'«appréciation et la reconnaissance de la valeur professionnelle» des personnels enseignants proposait de faire évaluer les professeurs du secondaire par les chefs d'établissement, lors d'un entretien tous les trois ans. Il introduisait une évaluation des performances individuelles avec fixation d'objectifs et progression de carrière en fonction des résultats. Unanimement dénoncé par les syndicats, il avait été abrogé au lendemain de l'élection de François Hollande.

«Sur le sujet, si les propositions sont trop provocatrices, on aboutit immanquablement à des affrontements et des reculades», estime Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN).

Quid du pouvoir actuel du chef d'établissement? «Il n'en a quasiment aucun. Son intervention dans la carrière de l'enseignant se résume à celle d'un robot noteur», poursuit Philippe Tournier qui, sans exiger davantage de pouvoir, appelle à sortir de la «culture infantilisante». Il ne s'opposerait pas non plus à un «élargissement des postes à profils». La proportion de ces postes spécifiques (dans les zones difficiles, notamment) reste à ce jour faible (6 %).

 

Par http://www.lefigaro.fr/

Publié dans Dans l'actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article