Delphine Batho quitte le navire

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Invitée mardi matin sur RTL, la ministre de l’Ecologie a jugé « mauvais » le budget 2014 de son propre ministère. Une nouvelle atteinte à la cohésion gouvernementale. Convoquée à Matignon, Delphine Batho a présenté sa démission en fin d'après-midi. Elle a été aussitôt acceptée.


Delphine Batho - PDN/SIPA
Delphine Batho - PDN/SIPA
L’assemblée nationale débat, aujourd’hui, des orientations budgétaires pour 2014 et dans le budget de dépenses affectées aux ministères, de nouvelles restrictions sont tombées. En première place du podium dans cette course aux millions : le ministère de l’écologie. Amputé de 7 % - soit de 500 millions d’euros – et de 1093 emplois supprimés, les avantages de ce ministère militant fondent comme une banquise sous le réchauffement de la planète.
 
Invitée ce matin sur RTL la ministre de l’Ecologie délaisse son habituelle langue de bois et s’emporte quelque peu « Nous sommes dans un moment où les Français doutent, où (....) il y a une déception à l'égard du gouvernement, il y a un doute sur notre volonté de changement ». Moralité : une coupe franche la fait douter du slogan hollandais : « Le changement, c’est maintenant ».


La ministre reste soudée aux objectifs de son ministère et fait l’éloge de l’importance de l’écologie dans notre pays « la question de l'écologie, de la transformation de notre modèle de développement économique est cruciale », insiste t-elle. Elle souligne, également que « Dans le moment actuel, quand tout va mal, les Français ont besoin d'espoir, de perspectives d'avenir et donc, c'est un chantier très important dans ce quinquennat », d’où l’importance d’un ministère d’avenir. 

Tous ces arguments avancés, aujourd’hui, n’ont apparemment pas convaincu Jean-Marc Ayrault.
La question est de savoir quelle place atteint l’écologie dans la liste des priorités du gouvernement pour 2014.


La ministre s’étonne de cette amputation drastique faite à son budget, mais reste lucide face à la situation budgétaire périlleuse de la France. Delphine Batho insiste, elle se considère avant tout comme « une militante passionnée de la cause environnementale » et non comme « une femme en colère ».

L’écologie n’est, apparemment plus une priorité pour le président de la république, François Hollande, qui rêvait, en septembre dernier, de faire de la France « la nation de l’excellence environnementale », restriction budgétaire oblige.

Cette désolidarisation de la ministre face à son gouvernement doit faire esquisser quelques sourires aux leaders du parti des écologistes, qui rêvent « secrètement » de pouvoir, un jour, placer l’un des leurs à la tête de ce ministère qu’ils convoitent depuis longtemps. En revanche, elle chiffonne les socialistes qui note un couac supplémentaire au sein du gouvernement.

Après plus d’un an et demi de gouvernance, le premier ministre avait pourtant promis l’arrêt des « couacs politiques ». Il y a eu l’affaire des « poussins ». De bourdes en tacles, on se demandait, finalement, si ce gouvernement n’était pas abonné aux couacs. 

La réponse à cette interrogation vient d'être donnée par Jean-Marc Ayrault en personne qui a mis au vert spectaculairement son Ministre de l'écologie. Pour Batho, la véritable galère commence. 
par Victoria Belz - http://www.marianne.net/

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