Daft Punk : Random Access Memories, un disque gonflé

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

NOUS L'AVONS ÉCOUTÉ - Le nouvel album du duo électro est à la hauteur de ses ambitions démesurées, tout en rendant hommage à un âge d'or de la musique enregistrée.

Les deux robots, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo.

Les deux robots, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo.

 

Random Access Memories , nouvel album de Daft Punk, est déjà l'objet de tous les fantasmes. Avec leur art consommé du marketing et de la dramaturgie, les Français Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont fait du lancement de ce disque le buzz le mieux orchestré du moment. Extraits diffusés au compte-gouttes, informations distillées avec parcimonie, rumeurs et contre-rumeurs agitent la Toile depuis déjà quelques semaines, alors que le disque ne sortira que le 21 mai prochain. Enfermé dans une malle dont deux salariés seulement de Sony Music possèdent le code d'ouverture, le disque dur qui contient les 73 minutes de musique les plus attendues du moment a révélé son contenu.

 

 

 

Cet album dense et touffu nécessitera, on le sait, de nombreuses écoutes pour diffuser tous ses arômes. Get Lucky - déjà classé numéro un dans de nombreux pays - le premier extrait, dévoilait l'orientation funk du disque. Pionniers du home-studio et des machines dès le milieu des années 1990, les deux démiurges ont conçu un disque joué quasi-intégralement sur des instruments. Daft Punk emprunte au son et aux méthodes de productions de la deuxième moitié des années 1970, tout en prenant bien soin de citer leurs sources: Steely Dan, Eagles, Michael Jackson, Chic… Le guitariste et leader de ces derniers, Nile Rodgers, est présent sur trois titres avec son jeu de guitare identifiable entre mille. Tout comme le pionnier du disco européen, Giorgio Moroder, dont la voix rythme les neuf minutes de la cathédrale sonore érigée en son honneur, Giorgio by Moroder.

Le passé et le présent communient

Avec des durées de morceaux qui dépassent allégrement le format standard, Daft Punk repousse les limites sur cet album d'une ambition et d'un souffle hors du commun, dans lequel le présent et le passé communient. Le compositeur de la BO de Phantom of the Paradise croise ainsi le chanteur des Strokes, dont la voix est traitée de manière à le rendre difficilement identifiable. La majorité des parties de chant est filtrée à travers des Vocoders, signature sonore du duo depuis Homework, en 1997. Avec ses guitares à la Shaft, ses cordes, ses cuivres et sa rythmique discoïde, Touch est la pierre angulaire de cet album qui n'a pas froid aux yeux.

 

Les quelques ballades saupoudrées tout au long du disque sont soignées, les morceaux dansants sont d'une efficacité imparable, et les pièces plus expérimentales, si elles prennent parfois l'allure de péplums sonores, sont à la hauteur des ambitions démesurées des conquérants que sont les deux maîtres d'œuvre de Daft Punk.

 

Par http://www.lefigaro.fr

Publié dans Médias

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