Copé : le compte à rebours a commencé

Publié le par MoDem76

Combien de temps Jean-François Copé va-t-il tenir dans son Fort Chabrol de l’UMP ? Combien de temps peut-il survivre dans son camp retranché de la rue de Vaugirard et s’accrocher à sa nouvelle république bananière ? Désormais, la France entière — et singulièrement les sympathisants de l’UMP — sait tout de ses manigances électorales. 

 

 

Thibault Camus/AP/SIPA
Thibault Camus/AP/SIPA
 
Ils savent comment il a tenu l’appareil et fixé les règles du scrutin pour servir au mieux ses intérêts. 
Ils savent comment ses amis ont tout fait pour désorganiser le vote et privatiser les moyens financiers, humains, technologiques à son seul profit. 
Ils savent comment le directeur juridique de l’UMP, David Biroste, a été mis à pied, puis licencié trois semaines avant l’élection – alors qu’il aurait dû être chargé d’instruire les dossiers pour la commission de recours et donc de dire le droit en cas de litige. 
Ils savent comment Dominique Dord, le député de Savoie, a préféré démissionner de ses fonctions de trésorier de l’UMP pour ne pas avoir à cautionner les méthodes de son parti. 
Ils savent que Christophe Laroche, le directeur des services informatiques de l’UMP, a discrètement démissionné de ses fonctions la semaine dernière, après avoir refusé d’avaliser l’utilisation du fichier des militants au seul profit de Jean-François Copé. 
Ils ne connaissent pas avec précision l’ampleur des fraudes commises, mais ils ont compris que des milliers de procurations – « 20.000 à 30.000 », dit-on dans l’entourage de François Fillon — ont été miraculeusement comptabilisées.
Ils ont vu, de leurs yeux vu, un certain Patrice Gélard, agrégé de droit, ancien professeur d’université et membre de la Haute Cour de Justice, prononcer des résultats qu’il savait erronés – il avait juste oublié de compter les bulletins de Nouvelle-Calédonie, de Mayotte et de Wallis-et-Futuna ! 
Ils ont compris que l’instrumentalisation politique de Nicolas Sarkozy n’était que circonstancielle. À l’instant précis où l’ancien chef de l’État est entré dans la mêlée de l’UMP — fut-ce pour proposer (interdit de rigoler !) un référendum sur la possibilité de revoter — Jean-François Copé s’est empressé de faire savoir qu’il ne renoncerait sous aucun prétexte à son trône, à sa couronne, fut-elle de pacotille.
Bref, Jean-François Copé est coincé. Sa légitimité est nulle. Son honnêteté est mise en cause. Son obstination ridiculise sa propre formation politique et tous ceux qui soutiennent son coup de force démocratique. Elle décrédibilise — et pour longtemps — la parole de celles et ceux qui agiront ou réagiront, demain, au nom de l’UMP. 
Il veut être le premier opposant à François Hollande, au gouvernement, à la gauche, sans se rendre compte qu’en étant inflexible, il leur rend le plus formidable des services : avec lui, l’opposition de droite est inaudible pour longtemps. 
La création par François Fillon d’un groupe parlementaire autonome à l’Assemblée – le Rassemblement UMP – le cornérise un peu plus. Si, de surcroît, des juges, saisis par l’ancien Premier Ministre, venaient à mettre leur nez dans le misérable petit tas de secrets de l’UMP…
Voilà pourquoi, en réalité, pour Jean-François Copé, le compte à rebours a commencé. Et ce, quels que soient les prochains épisodes de ce qui ressemble, chaque jour un peu plus, à une pitoyable émission de télé-réalité.
Laurent Neumann - Marianne

Publié dans Dans l'actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article