En fin de semaine,
le président est redevenu social et écolo. Mercredi, il s’est joint à Angela Merkel et Jean-Claude Junker pour demander l’interdiction de toute spéculation
sur les produits dérivés. On appelle cela «
crier au vent ». Cela permet aussi d’éviter de parler des bonus des traders. Les principales banques françaises ont toutes dévoilé leurs
résultats. Globalement, leurs 7750 traders percevront quelques 2 milliards d’euros au titre de 2009 : 250 000 euros en moyenne chez BNP Paribas, 245 000 euros chez Crédit Agricole, 214 000
euros à la Société Générale, et 131 000 euros chez Natixis. On se souvient de la fameuse «
super-taxe » du gouvernement, que Christine Lagarde avait dû endossée en décembre dernier –
après l’avoir combattue fermement. La ministre promettait à l’époque quelques 360 millions d’euros de recettes fiscales, soit … un petit 18% de ces primes faramineuses. A l’époque, la
ministre s’était renseignée auprès des banques pour faire son évaluation.
L’UMP a conduit une campagne exécrable pour ces élections. A la différence du scrutin européen, la stratégie du parti unique à droite est cette fois-ci grandement contestée
jusque dans les rangs mêmes de la majorité. Il faut dire que le scrutin est cette fois-ci à deux tours. Faute de dynamique, l'UMP s'inquiète pour cette fameuse«
réserve de voix » qui
risque de lui faire défaut au second tour. On comprend mieux pour Nicolas Sarkozy a exigé le passage au scrutin uninominal à un tour pour les prochaines élections des futurs conseillers
territoriaux en 2014… Gouverner avec le soutien de 10% du corps électoral,quelle démocratie !
Ces élections n’ont pas motivé les
foules.
L’abstention ce dimanche est attendue à un niveau record, près de 50%. On oublie souvent
en France que l’abstention est de surcroît minorée car elle se calcule sur les inscrits aux listes électorales. On nous explique que le socle électoral de l’UMP s’est affaissé : sa cote de
soutien est en chute chez les seniors, les classes populaires, les agriculteurs, les commerçants et artisans. Gouverner avec le soutien des seuls bénéficiaires du bouclier fiscal n’est donc
pas évident. Quelle surprise!
L’UMP a aussi raté sa campagne faute de projet : Sarkozy a cru un temps pouvoir crier au loup, en agitant ses trois thèmes favoris fiscalité, insécurité et immigration. Le
débat sur l’identité nationale s’est fourvoyé, comme prévu, et a fait un temps le jeu du Front National. Depuis le 15 février, Eric Besson a été prié de la mettre en sourdine.
Vendredi, le ministre
a quand même cru bon de refuser toute réunion avec les représentants de travailleurs sans-papiers. L’UMP a même donné la pire image qui soit des travers de ce funeste débat : en
Ile-de-France,
les attaques contre le candidat socialiste Ali
Soumaré furent ignobles et indignes de notre démocratie.
Mercredi dernier, le
président des sénateurs UMP Gérard Longuet s’est aussi lâché en disqualifiant Malek Boutih de la présidence de la HALDE, au motif que ce dernier ne serait pas issu du «
corps français
traditionnel». Préjugé quand tu nous tiens ! Côté insécurité, les régions ne sont pas dotées de polices régionales. Le maintien de l’ordre est encore une fonction régalienne de l’Etat.
Et le bilan de Sarkozy n’est pas fameux. Enfin, le poids fiscal des régions reste minime au regard de l’explosion des déficits et de l’endettement publics. Fin janvier, la Cour des Comptes a
relevé que le que la politique fiscale et économique de Nicolas Sarkozy avait aggravé le déficit budgétaire de 0,6 points de PIB depuis 2007, hors impact de la crise sur les recettes fiscales
et hors plan de relance.
Malgré tout, Nicolas Sarkozy a tenu une promesse,
qu’il avait pourtant rapidement publiquement niée le 25 janvier dernier sur TF1 :
celle de faire campagne. Il a ciblé ses déplacements
pour soutenir ses têtes de listes dans des régions menacées ou sensibles : en Guyane, avec «
l’Eric Besson local », dans le Centre avec Hervé Novelli, en Franche-Comté avec Alain
Joyandet, ou en Corse.
Son interview,
vide d’idées et de vision, dans le Figaro Magazine du 12 mars, était un dernier soutien de campagne. Sarkozy s’est fait piéger. Son impopularité a nationalisé le scrutin plus qu’il ne le
souhaitait.
« C'est un grand problème français que de confondre tout le temps les échéances. A élections régionales, conséquences régionales. A élections nationales, conséquences nationales
»
Par cette petite phrase, le Monarque agacé tentait de desserrer la future pression d'un échec aux élections régionales. Laissez-moi tranquille ! semble-t-il nous dire. Last but not least, il
a terminé la semaine à refuser de commenter les
rumeurs nées du Web sur les infidélités conjugales de son couple.