Chiffres de la délinquance : le rapport boomerang

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !

Le rapport de l'IGA (inspection générale de l'administration) et de l'IGPN (inspection générale de la police nationale) sur l'enregistrement des plaintes par les services de police en Ile de France dévoile un véritable système de triche organisée. Peu flatteur pour l'ancienne majorité, ce rapport fait tâche en pleine campagne municipale.


Valls/ Sarkozy au Parc des Princes, 2 mars 2024
Valls/ Sarkozy au Parc des Princes, 2 mars 2024
Eric Ciotti et Guillaume Larrivée, députés UMP, étaient pressés de connaître le contenu d’un rapport sur le traitement des statistiques de la délinquance par la Préfecture de police de Paris, récemment remis par l’inspecteur général de l’administration Werner Gagneron à Manuel Valls. Comme nous l'indiquions dans Marianne, une fuite parvenue à leurs oreilles laissait entendre que certains délits ne seraient pas pris en compte et que plusieurs commissariats joueraient de la technique de la « déqualification » pour contenir la hausse. 

Ce qu’ignoraient en revanche nos deux adeptes de la transparence, c’est que le rapport présente ces anomalies comme des persistances d’un passé pas si lointain, sur lequel les auteurs s’attardent avec la précision d’un expert de la police scientifique. Ils décrivent un véritable « système » de formatage des statistiques, mis en place à partir de 2008 et « piloté » par les directeurs.  
Tois techniques ont été utilisées pour canaliser les chiffres à la baisse : la requalification (un cambriolage devient un bris de porte), la non comptabilisation de certains faits et le report d’une partie des crimes et délits vers le mois suivant. Des réflexes tellement bien rodés que l’équipe mise en place en 2012 autour du préfet Bernard Boucault a eu du mal à remettre la machine en ordre : les commissaires ont rechigné devant une normalisation qui va automatiquement faire flamber les chiffres de la délinquance, et pas seulement ceux des cambriolages.

Sans compter que ces hausses risquent de mettre en danger le système des primes, autre survivance de l'époque Sarkozy à laquelle Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, n'a pour le moment pas touché.   

En attendant une lente et délicate remise aux normes, ce rapport circonstancié ne manquera pas d'alimenter les débats dans le cadre des élections municipales parisiennes, une capitale où l'ancien premier flic de Sarkozy, Frédéric Péchenard, brigue un...

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