Bertrand Cantat parle de la mort de Marie Trintignant et accuse la presse "de lui avoir volé son histoire"

Publié le par Ce qu'il ne fallait pas rater !



 
 
 
 

Dans une longue interview aux Inrocks ,  Bertrand Cantat revient sur son geste mortel envers sa compagne Marie Trintignant en 2003.

Il explique en vouloir aux médias, sur la façon dont l'affaire a été traité car "il a été dépossé de son histoire".

Voici un extrait de cette interview:

"Dès la première seconde, j’ai été dépossédé de l’histoire, du drame lui-même.

J’ai très vite compris que mon histoire allait m’être volée.

Ma vision, mon témoignage n’ont pas eu le droit de cité : on est immédiatement dans le médiatique, le spectaculaire, on ne veut ma parole que pour alimenter le cirque.

Et dans ces conditions, pas question, j’ai essayé de garder de la décence. J’ai su très vite que je ne pourrais pas m’expliquer.

Je ne demande bien sûr pas de rétablir quoi que ce soit : ce qui est est, malheureusement.

Personne ne peut revenir sur le drame. Mais très vite, le traitement de ce drame a été orchestré : tout a débordé.

Pour feuilletonner ainsi, il fallait que tout soit en noir et blanc, avec des angles bien droits.

Mes remords, ma souffrance, ma sensibilité, ça ne marchait pas dans cette histoire.

Je suis alors devenu une caricature.

Le fait que j’aime tant Marie, on l’a gommé de mon histoire.

Il ne fallait que du sordide, tout ce qui était beau a été occulté. Je suis devenu cet assassin qui tue sciemment. I

l fallait que je sois condamné le plus lourdement possible et qu’en sortant, je n’aie plus la moindre chance d’exister.

C’est encore à l’oeuvre aujourd’hui. (...)

Je n’ai jamais pu faire le travail de deuil, je n’en avais pas le droit : j’étais juste un ignoble personnage.

Même en méditant, je n’arrivais plus à savoir ce qui était vrai de notre histoire. Je ne pouvais pas croire ce qui était arrivé, j’espérais toujours me réveiller, je me pinçais…

Et le jour était pire que la nuit. Il n’y avait plus aucune limite dans ce cauchemar."

 

Par http://www.jeanmarcmorandini.com

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