Un cadavre retrouvé par la police dans une rue de Nogales dans la province de Sonora au nord du Mexique.
Si l'assassinat des trois fonctionnaires, attribué au gang de Ciudad Juarez, a été largement relayé par les médias internationaux, les violences qui gangrènent quotidiennement des villes comme Ciudad Juarez ou Reynosa sont à peine évoquées par les médias locaux.
Et pour cause, la frontière nord du Mexique, principal théâtre de la guerre entre les cartels pour le contrôle du trafic de drogue et l'approvisionnement du marché américain, est l'un des endroits les plus dangereux pour les reporters.
En deux semaines, huit enlèvements de journalistes ont eu lieu dans la seule ville de Reynosa, une ville située à quelques kilomètres du Texas où les violences entre gangs ont fait plus de 100 morts ces trois dernières semaines.
Intimidation, chantage et corruption sont le quotidien des journalistes qui couvrent les territoires contrôlés par les narcotrafiquants. Pour 500 dollars par mois (360 euros), un peu d'alcool et quelques prostitués, les barons de la drogue tentent d'acheter le silence des journalistes. Et ceux qui refusent risquent leur peau.
Dans ces conditions, les habitants n'ont pas d'autres moyens de s'informer que les rumeurs qui circulent d'un quartier à l'autre. Des rumeurs sur la violence des cartels qui sèment chaque jour un peu plus de confusion et de panique.
Pour tenter de compenser ce silence médiatique, des internautes postent chaque jour les images des fusillades ignorées par les médias locaux, comme par exemple ici et ici. Et sur Twitter, les habitants s'organisent pour signaler et dénoncer les crimes dont ils sont témoins.





