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Que ce soit sous la gauche ou sous la droite, la Caisse d’Epargne a tenté de jouer avec les marchés… et a perdu. Sauf que l’Ecureuil mange les noisettes… des petits épargnants. Une enquête du Fakir.

 

 


Le denier numéro du journal Fakir, édité par François Ruffin et ses compères, rend au peuple les noisettes détournées par l’Ecureuil. La Caisse d’Epargne, derrière son attendrissant logo à poils, cache en fait un animal hybride, une chimère qui a les sourcils de DSK, le nez de Charles Milhaud, et des euros dans les yeux… mais les poches vides.

Bakchich, en bon partenaire de Fakir, vous propose ici quelques extraits du dossier consacré à un écureuil devenu fou dans le numéro de juin de ce journal non conventionnel.

 

Le numéro 41 - Juin 2009 - de Fakir - JPG - 173.8 ko
Le numéro 41 - Juin 2009 - de Fakir
(DR)

Le dossier de Ruffin & Co commence par un reportage à Marseille, où la banque casse-noisettes a joué le jeu des « grands » en pariant sur l’immobilier. Extraits.


« A Marseillle, au printemps 2006, entre son fournil et sa pâte à pain, ce boulanger s’étonne : "On a inventé la Caisse d’Epargne, c’était la banque des pitites gens. Et maintenant…" Et maintenant, les "pitites gens" sont éjectés : ce mitron a reçu un courrier qui lui demande de "quitter les lieux dans les meilleurs délais". De céder son fonds de commerce - pour le louer à "des boutiques de luxes. Ils veulent avoir des magasins de marque, ils ne veulent pas de boulangerie ici et que nous les Marseillais, ils nous chassent de chez nous si vous voulez." (…)

Aux côtés du "private equity" Lone Star (50%) et de la Société Générale (25%) c’est la Caisse d’Epargne qui finançait cette "reconquête du centre ville". "Et pourtant, la Caisse d’Epargne c’était la banque populaire !" Notre boulanger n’en revenait toujours pas. (…) Comment le sage écureuil est-il devenu dingo - au point, non plus d’épargner ses noisettes mais de gaspiller des milliards ? Car c’est, finalement, toute l’ironie de l’histoire. Non seulement la Caisse d’Epargne a voulu jouer aux grands, s’est associée aux Américains, a soutiré des crédits aux "petites gens", voire les a expulsés de leur logement, mais en plus, elle y a perdu de l’argent ! Elle a vendu son âme, et ça lui a couté cher !

A Marseille, par exemple, les appartements vidés de force demeurent vides. Les riches et les boutiques de luxe n’ont pas accouru comme prévu. L’avenue, hier bruyante, est aujourd’hui morte, avec ses milliers de volets clos. Voilà le bilan social : on a tué un quartier. Et l’aventure se solde, pour l’Ecureuil, par un trou d’environ neuf cent millions d’euros… que nous, les petits épargnants, paierons. »

L’écureuil dans le viseur

Le journal « fâché avec tout le monde ou presque », présente ensuite des chiffres à nous faire marcher sur la tête, les montants des dettes cumulées par la Caisse d’Epargne, mariée à Natixis.

« "En moins d’un an, lit-on dans une dépêche de l’AFP, Natixis aura donc reçu plus de 9 milliards d’euros." Mais d’où vient tout cet argent, on se demande sottement ? Pareil : quand l’Ecureuil rachète Ixis à la Caisse des Dépôts et Consignations,, elle paie 7 milliards d’euros. Plus une poignée de milliards pour Nexity. Plus des "primes exceptionnelles" pour les copains du directoire. Mais d’où la Caisse d’Epargne sort tout ce pognon ? D’en bas. Des Caisses Régionales, qui font remonter les liquidités au sommet, à la Caisse Nationale. Nous, bêtas, on croyait que les financiers avaient des chapeaux de magiciens, comme pour les lapins. Qu’il en pleuvait des billets. Pas du tout : c’est nos poches, le chapeau. C’est nous, les lapins. A chaque fois qu’on paie des agios, ou des frais de virement, ou des prélèvements mensuels sur nos cartes bancaires, ou qu’on nous vend des assurances, des machins "garantie", des bidules "investor", à chaque fois une fraction de notre monnaie s’en va nourrir les gros d’en haut.

Les malheurs de l’Ecureuil - JPG - 54.2 ko
Les malheurs de l’Ecureuil
© Nardo

Ça paraissait tellement simple, comme combine, tellement simpliste même, qu’on n’osait pas écrier cela. Même pas le penser. Alors, on a demandé à un directeur, à des syndicalistes, à des économistes : si, si on avait tout compris. Les agences locales, saines elles, les petites près de chez nous, envoient du "cash" pour éponger les dettes de la tête. Mais vu les performances de nos artistes, la pression sur les commerciaux, les agents, les clients ne suffit plus. L’Ecureuil enregistre les premières pertes de sa longue histoire. Donc, a décidé la Caisse Nationale : on va "procéder à 4 000 suppressions d’emplois d’ici 2012". Oh pis non, "4 500". Après les petits épargnants, les petits employés paieront la facture… (…)

Contre la dérive financière de l’Ecureuil, en effet, les médias, les élus, et les experts n’ont pas protesté, au contraire. Mais de l’intérieur, aucune voix ne s’est élevée non plus. Les patrons des Caisses régionales n’ont guère moufté : trop bien nourris pour aboyer ? »

Conserver ses noisettes

Hommes politiques, patrons, journalistes, tout le monde en prend pour son grade dans l’affaire de la Caisse d’Epargne. Mais les sbires de Fakir ne se contente pas d’expliquer et de critiquer… ils cherchent des solutions. La fin du dossier ouvre sur deux types de solutions : « Prendre le pouvoir et "nationaliser le crédit", tout simplement - comme le réclamaient encore les socialistes en 1981. Ou, tant que Fakir et ses complices n’ont pas pris le pouvoir, brûler l’euro et établir une monnaie qui serve aux échanges, et non à la spéculation… »

La fin du dossier est ainsi consacrée à une interview de l’économiste François Morin et à une présentation des monnaies alternatives, monnaies qui favorisent l’échange en vue de rémunérer le travail et non le capital.

Les socialistes débarrassent l’Etat de son « pôle financier public »

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Après le Fakir amiénois, sort le Fakir national ! Créé et dirigé par François Ruffin, Fakir est paré d’une équipe d’une dizaine de journalistes passionnés. Le canard, au format pratique et original, est en vente dans presque tous les kiosques de France, de Navarre, et de Belgique depuis près d’un mois. Et est blindé d’enquêtes et de reportages savoureux.

Retrouvez plus d’infos sur le site www.fakirpresse.info.


 

par François Ruffin - http://www.bakchich.info/



À lire ou à relire sur Bakchich.info :

Alors que BNP Paribas plastronne malgré la crise bancaire, la caisse d’Epargne paye sa folie des grandeurs. Et le petit rongeur doit à présent se limer les dents…
Trop de générosité nuit aussi. En prêtant à taux réduits et aux petites gens, les grandes banques mondiales ont plongé le système dans la plus grande crise bancaire des trentes dernières années. La vie est (…)
Pour son premier numéro, le journal « Fakir » version nationale, dirigé par François Ruffin, épingle les liens entre les députés et les lobbys de la consommation.
Aujourd’hui samedi, une équipe du journal « Fakir » se déplace à Reims. Analyse de la politique libérale du PS dans ce tract qu’ils distribuent aux militants socialistes au congrès.

Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 06:21
- Publié dans : Dans l'actualité
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