"La Croix" interroge les partis en lice aux élections européennes sur les grandes questions qui se posent à l’Union
Le "plombier polonais" avait été la star de la campagne lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. Cette fois-ci, c’est le chauffeur routier roumain que Philippe de Villiers
brandit comme épouvantail pour souligner la concurrence déloyale produite par les différences de salaires au sein de l’Union. Afin de tenter de ramener un peu d’ordre, certains partis proposent
donc d’instaurer un salaire minimum au niveau européen. Mais le débat est piégé, entre ceux qui rêvent d’un même smic de Londres à Varsovie et ceux qui défendent l’idée d’un salaire minimum
différent dans chacun des pays de l’Union. Sans oublier ceux qui refusent l’une et l’autre de ces propositions.
À droite, en effet, l’idée d’une telle harmonisation ne fait pas recette. "Je suis contre toute norme qui va compliquer et bureaucratiser l’Europe", tranche le souverainiste Philippe de Villiers.
L’UMP Alain Lamassoure y voit lui "une fausse bonne idée", car, vu les différences actuelles "on serait obligé de fixer un smic européen au niveau le plus bas. Or, on laisse croire aux Français que
cela va améliorer le smic en France ou mettre fin aux bas salaires chez certains de nos partenaires, généralement considérés à tort comme de la concurrence déloyale".
"Un smic européen de but en blanc, c’est une blague"

Le MoDem n’est guère plus enthousiaste. "Vous ne pouvez pas faire un smic européen de but en blanc, c’est
une blague, les socialistes le savent bien. Si vous le faites au niveau de la Roumanie, alors il n’y a plus de smic en France. Si vous le faites au niveau de la France, alors il n’y a plus
d’économie roumaine", assure ainsi François Bayrou.
Le PS, pourtant, fait valoir qu’il n’est évidemment pas question de fixer un smic uniforme pour tous les pays, mais bien de tenir compte de la situation de chacun. "Ce smic européen doit être fixé
à 60% du salaire médian dans chaque pays. C’est à la fois une façon de soutenir la consommation en ces temps de crise et d’engager un mouvement pour une harmonisation sociale vers le haut", plaide
Henri Weber, tête de liste socialiste PS dans la circonscription Centre. Ce smic, estiment les socialistes européens, pourrait limiter les délocalisations à l’intérieur de l’Europe. Mais il ne
changerait rien en France, où le salaire minimum atteint déjà le niveau retenu par le PS.
"Pour avoir un smic, il faut déjà avoir un boulot"

Les écologistes, eux aussi, ont fixé la barre à 60% du revenu médian de chaque pays, mais proposent de
déconnecter ce revenu de l’emploi. "Pour avoir un smic, il faut déjà avoir un boulot. Nous proposons plutôt un revenu minimum universel, une sorte de RMI étendu aux jeunes", explique Hélène Gassin,
coordinatrice du programme des listes Europe écologie.
Les partis situés à la gauche du PS voient les choses différemment. Pour le Front de gauche (réunissant le PCF et les amis de Jean-Luc Mélenchon), "il faut un salaire minimum dans chaque pays,
équivalant à 60% de la moyenne des salaires", détaille Patrick Le Hyaric, tête de liste en Île-de-France. Ce qui ferait en France un salaire minium de 1.600 € net. "C’est tout à fait possible en
réorientant vers les salaires les 2.400 milliards de profit fait par les grandes entreprises de l’Union", assure le candidat communiste.
Le NPA, de son côté, va encore plus loin et propose un seul smic pour tous les pays. "Nous voulons un salaire minimum fixé à 1.500 € net dans toute l’Union européenne, car ce vrai salaire minimum
est nécessaire pour vivre dignement en Europe et pour en finir avec la concurrence entre salariés", explique Myriam Martin, tête de liste dans le Sud-Ouest. De quoi faire rêver le plombier polonais
et le routier roumain.
Jeudi 4 juin 2009
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/2009 09:05
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Publié dans : Dans l'actualité
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Par MoDem76
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