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MoDem76.com vous recommande ce livre :


 Petite histoire du Mouvement Démocrate et de François Bayrou par Imhotep

Ce livre peut se commander dans n'importe quelle librairie (seulement à  la commande pour l'instant) ou par l'intermédiaire de site comme alapage.com, amazon.fr  mais surtout sur le site de l'éditeur dont voici des liens pour le commander à partir du 13 mars au prix de 21,90 € (plus frais d'envoi 6 € en colissimo suivi)   : 
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PREFACE
 
        On a beaucoup daubé sur le centre. Gauche et droite qui, comme chacun sait, ne s’entendent sur rien parce qu’elles se ressemblent de plus en plus, s’unissent pour taper à bras raccourci sur ce qu’elles appellent, par dérision, le « trou noir » du paysage politique. Aujourd’hui, et surtout depuis un certain jour de 2007, c’est François Bayrou et son MoDem qui subissent les foudres des partis dominants. Il pleut les adjectifs les plus sonores, tendez vos rouges tabliers : opportunistes, girouettes, inexistants, hâbleurs, j’en passe et des plus osés. Bayrou ? Combien de divisions, disent les plus indulgents ? Et d’évoquer avec un sourire aussi railleur que condescendant, la soi-disant descente aux enfers du candidat à la présidentielle qui avait réuni, sur son nom, plusieurs millions de Français pour aboutir à des scores législatifs et municipaux tout ce qu’il y a de plus modestes. Fonte des neiges centristes, peau de chagrin, quelque chose en lui de rétréci… Et les plus déchaînés de jeter d’ores et déjà, le bébé Modem avec l’eau du bain électoral.
 
         Le livre d’Imhotep a plusieurs mérites, dont celui de montrer que le centrisme n’est pas un clone fécondé par ordinateur dans un placenta artificiel, mais bien l’une des constances séculaires de la politique française depuis le catholicisme solidaire de Lamennais, Lacordaire et Montalembert jusqu’aux derniers avatars de l’UDF post-giscardien, en passant par ces bâtisseurs d’Europe que furent Robert Schuman, Georges Bidault et Jean Lecanuet, tous ces républicains sociaux qui ont maintenu, face à une droite fermée et une gauche marxisante, les vertus du personnalisme et la nécessité de ne jamais séparer l’économique du social. Imhotep prend vigoureusement la défense de Bayrou en retraçant son parcours de béarnais stoïque, et en insistant sur le fait que l’agrégé de lettres est resté cohérent dans toutes les actions qu’il a menées, que ce soit à l’Education Nationale ou au Palais Bourbon, et que le Modem, selon lui, représente plus que jamais l’avenir souhaitable entre un Sarkozy que l’auteur ne peut pas sentir et une gauche qu’il juge toujours intoxiquée par l’utopie. Reste à savoir si cet enthousiasme militant se verra récompensé par les présents efforts d’un Bayrou, que je trouve personnellement beaucoup plus occupé à jouer les opposants de Sa Majesté qu’à inventer des lignes nouvelles dont nous avons pourtant le plus urgent besoin.
 
         L’important est qu’on lit Imhotep avec beaucoup de plaisir, en raison d’abord d’un style qui galope avec talent, de connaissances politiques et historiques sûres et d’un sens aigu de la satire. Toutes choses  qui, en ces temps de disette, sont loin d’être négligeables.
 
        André Bercoff écrivain, journaliste a publié plus d'une trentaine de livres dont le dernier en date (2008) chez Albin Michel Précis de décomposition française

 

 

 

 

Préambule

 

Comme vous le savez il y a des biographies non autorisées, celle-ci en est une. Il faut que je vous avertisse que ce n'est pas un travail d'historien scrupuleux, partant du principe que qui que ce soit qui écrive y mêle un regard coloré, autant prendre le parti de la couleur orange. Ainsi tout le monde étant averti chacun se fera-t-il son opinion en sachant où il met son œil. En vérité, je vous le dis, la partialité cela se mérite et on peut la porter en bandoulière comme une Rolex à son poignet ou une Carlita à son bras. Sachez cependant que je ne ménagerai pas mes efforts pour être cohérent et, malgré les lignes écrites sous ma propre contrainte, je tenterai de respecter un regard copernicien sur les événements.

 

Ce texte ne répond pas aux règles de l'investigation journalistique et ne révèlera aucun détail croustillant. Je laisse cela aux Luculus de la cuisine politique et aux amateurs de vol-au-vent. Ceci dit, nous verrons que cela n'empêche nullement les arrières salles de cuisine, et les tambouilles aux odeurs nauséabondes.

 

En réalité j'aurais pu titrer cet ouvrage : Vous accoucherez dans la douleur… et gagnerez vous vie à la sueur de votre front. Permettez-moi de m'expliquer à propos de ce second titre-ci. Chacun sait que celui qui a reçu en hommage à ses actes et son chemin de croix le surnom flatteur de benêt du Béarn (et parfois de conseiller municipal ou exilé de Pau) se dit pratiquant et croyant tout en se présentant comme le défenseur tyrannique de la laïcité. Et il y a de bons tyrans s'il n'y a aucun bon autocrate (je sais cela n'est ni vrai et ni n'a de sens mais cela claque au vent et je m'essaye au slogan à la Lefèvbre – le mien est mieux). Ce titre n'a donc rien à voir avec la philosophie religieuse ni aucun rapport avec les présupposés de ces formules qui veulent que la douleur serait la punition du plaisir et de la faute, et la sueur la juste récompense de sa présence sur terre. Je laisse le soin aux savants, aux exégètes et aux penseurs de débattre avec virulence du complexe de culpabilité de la religion chrétienne. Pour moi, je tire de ces aphorismes le rapprochement en clin d'œil avec la profession de foi discrète du thuriféraire d'Henri IV. Il s'agit donc là d'un fil à la patte pour retrouver les 12 vierges dans le labyrinthe de Dedalus. Mais l'autre versant de cette affaire n'est que le pied de la lettre en regard des difficultés de la naissance du Mouvement Démocrate qui, littéralement, est né dans la douleur et qui, pour se développer, devra suer comme un turc sur les viae romanae quand les voies du Seigneur sont, elles, impénétrables.

 

Je vais donc butiner pour raconter ma petite histoire, tantôt de l'intérieur, tantôt par l'extérieur et je me permettrai insolemment de donner mon avis qui ne vaut que parce qu'il n'a aucune influence et que l'infiniment petit de ma démarche concourt à retrouver dans les rêves l'infiniment grand. Je ne demande à l'avance aucun pardon, m'éloignant en cela de la repentance chère à notre Guide Illuminant, et à la fameuse conscience universelle et judéo-chrétienne car je m'exprime dans une langue indo-européenne et que dans la cosmogonie indienne il y a trop de dieux et dans l'européenne, trop de païens. J'assume à l'avance les foudroiements de la colère et les railleries de nos adversaires. Vous avez noté, j'ai écrit nos adversaires. Et oui – et il est temps d'en parler – je suis un militant dilettante du Mouvement Démocrate, qui avais, il y a assez de temps pour que l'eau qui a coulé sous les ponts depuis cette époque ait rempli le lac artificiel du barrage des trois gorges engloutissant veaux, vaches et cochons, arbres et villages,  tâté de la politique au sein du mouvement des Jeunes Giscardiens, puis du Parti Républicain. J'avais cessé net cette voie pavée de bonnes intentions quand la compromission pointait son nez et dressait ses oreilles de fennech et que le courage avait été de fuir plutôt que d'avoir mes mains à blanchir plus tard. Ce n'est qu'à l'occasion des présidentielles de 2007 que j'ai décidé de mouiller mon froc en tâches subalternes de militant basique de base. Je ne parle de cet épisode antérieur que pour dire que ma ligne de conduite politique a été assez peu sensible aux vents contraires et, croyez moi, avoir été giscardien après 81 cela vous tanne le cuir et érode passablement votre susceptibilité et si, en plus, votre combat n'était que pour le service d'un autre que vous et peu d'envie de lustrer le fond de vos pantalons à jouer au pantin obéissant, cela vous apporte une sérénité assez jubilatoire et vous autorise sans souci d'avenir à dire ce que vous pensez. Cela ne fait progresser aucune carrière que vous ne cherchiez du reste pas, mais cela vous permet de dormir comme un ange, de faire de beaux rêves et de vous réveiller le matin frais et dispo ainsi qu'en vous rasant devant la glace de ne pas penser à devenir le Guide de toutes les France(s) et de toutes les Navarre(s) mais juste de vous dire que vous n'êtes pas monté très haut, mais tout seul (Merci Cyrano). Et accessoirement de pouvoir vous regarder dans la glace sans avoir à mettre de la poudre de riz pour cacher ce rouge qui serait monté à votre front de la honte de l'avancée de votre carrière à l'aune de vos reniements successifs et de vos trahisons bien senties.

 

En un mot comme en mille je suis libre et sans avenir. Pas mal non ?

 A lire également :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52889
Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 14:29
- Publié dans : Observation Politique
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