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Pour lutter contre la mendicité, la municipalité de New Delhi a lancé une grande campagne publicitaire dans les journaux. Elle y dénonce les réseaux d’exploitation des mendiants. Le message est simple : ne donnez pas.


"Ne tuez pas leurs rêves de demain !" En bonne place dans les journaux, une publicité du département de la protection sociale de New Delhi incite les lecteurs à ne pas donner aux mendiants. "Vous avez pris pitié d'un mendiant et vous lui avez donné l'aumône. Vous n'avez pas réalisé que ces personnes sont forcées de mendier par d'autres qui les exploitent et gagnent de l'argent en profitant d'eux. Alors, la prochaine fois que vous ressentirez de la pitié pour un mendiant, arrêtez vous et réfléchissez ! Aidez vous vraiment les nécessiteux ?"

 


En Inde, chacun a été confronté à la question de la mendicité. Dans les lieux touristiques, les gares, à la sortie des temples, aux feux rouges ou tout simplement dans la rue… les formes de mendicité sont très variées.

Il y a les vieillards et les infirmes. Les enfants des rues, livrés à eux mêmes, envoyés mendier par leur famille ou exploités par d'autres. Il y a les femmes qui, avec un bébé – souvent loué pour mieux mendier – ne demandent pas de l'argent mais du lait en poudre. Elles ont en fait un marché avec l'épicier du coin : elles emmènent le touriste chez l'épicier complice. Le touriste achète une boîte de lait qu'elles viennent rendre quelques minutes plus tard à l'épicier qui leur donne la moitié de l'argent.

 


A qui donner ? A qui ne pas donner ? Faut-il donner tout court ? Ces questions, toute personne séjournant en Inde s'y trouve confrontée. Pour le département de la protection sociale de New Delhi, il ne faut rien donner, pour ne pas encourager cette pratique. D'autant qu'un certain nombre de personnes, capables de travailler, font le choix de la mendicité, parfois plus rentable.

 


La municipalité a dit qu'il n'y aurait plus de mendiants en 2010, à l'occasion des jeux du Commonwealth qui se dérouleront dans la ville. Mais comment y parvenir ? Empêcher les gens de donner limitera peut-être la mendicité, mais ne réglera pas le problème de la pauvreté pour autant.


Pour lutter contre ce phénomène, l'Inde a mis en place des maisons de réhabilitation pour les mendiants. Mais leur taux de remplissage se limite à 50 %. Les conditions de vie dans ces établissements sont en effet très mauvaises. Des emplois spécifiques ont aussi été créés pour réintégrer les mendiants dans le monde du travail. Mais pour le moment, aucune de ces initiatives n'a eu d'impact notable.

 

 

 

Par Morgane Jézéquel - http://www.aujourdhuilinde.com/

Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /2009 07:24
- Publié dans : Actualité Internationale
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