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  • : 04/05/2007

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300 morts et plus de 1000 blessés en deux jours de bombardements. La récente intervention militaire d’Israël menée sur Gaza est la plus meurtrière depuis 1948, année de naissance de l’Etat d’Israël. C’est donc la septième guerre de cet interminable conflit israélo-arabe.




Les hostilités ont commencé en 1948, puis, en 1956, avec la crise de Suez. 1967 est une date clé. Israël a définitivement installé sa puissance militaire, infligeant une défaite cinglante aux pays arabes. On sait pertinemment que cette victoire n’est pas due au hasard et fut longuement pensée par d’habiles stratèges de Tsahal secondés par des services de renseignements parmi les plus performants au monde. 310 avions égyptiens détruits au sol. Cette guerre des six jours a sans doute pesé lourd dans l’issue du conflit israélo-arabe, devenu progressivement un conflit israélo-palestinien. Fort complexe du reste. Actuellement, Israël fait face au Hezbollah situé au Nord, au Fatah, situé à l’Est et au Hamas dans la bande de Gaza. Trois opposants aux intérêts pas forcément convergents. Cette situation est consécutive à la guerre des six jours, une guerre dont on ne sait pas quelle fut son objectif réel pour ceux qui l’ont pensée. Toujours est-il qu’Israël a occupé des territoires et se trouve depuis en violation avec la résolution 242 de l’ONU, dont le flou dans la version anglaise offre matière à diverses interprétations. La victoire de 1967 fut célébrée par la diaspora juive de Paris mais déjà, une note dissonante fut envoyé par un certain Jean-Paul Aron, moins connu que son frère mais néanmoins esprit fin, qui ne trouvait pas très « sain » la joie manifestée autour de cette guerre éclair menée par l’Etat juif.


1973, guerre du Kippour, dans la logique la plus évidente de reconquête du Golan et du Sinaï. Israël parvient à contrer les avancées de la Syrie et de l’Egypte. Et revendique ses droits sur les territoires occupés en invoquant la raison sécuritaire. Mais s’agissant du Golan, l’enjeu véritable est l’eau. Ce plateau a été annexé par Israël mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette libéralité prise vis-à-vis du droit. Le Golan pourrait revenir à la Syrie mais le peuple israélien ne souhaite pas lâcher ce lieu où entre autres, on pratique le tourisme vert. En 1982, Israël est en guerre mais cette fois contre le Liban. La question palestinienne devient centrale. Deux Intifadas. En 2006 eut lieu la seconde guerre du Liban, très coûteuse en victimes civiles. Le Hezbollah résiste quand même à Israël en dépit de perte militaire substantielle. Et le conflit s’achève sur fond de controverses politiques. C’est justement le contexte des élections en vue qui selon les observateurs, aurait conduit Israël à mener l’intervention à Gaza, dans une fenêtre de tir ne devant rien au hasard. Nous sommes en période de fêtes alors qu’aux Etats-Unis, GW Bush ne gouverne plus tandis que Barack Obama ne sera investi qu’à la mi-janvier.



La communauté internationale assiste sans rien faire à ces bombardements meurtriers où ce sont une fois de plus, les victimes civiles qui payent un lourd tribut. Il se dit qu’Israël est un Etat pratiquement intouchable. Et qui d’ailleurs a habitué la diplomatie à passer outre des recommandations et des résolutions, non sans afficher quelques bonnes volontés de paix. Mais entre les dispositions affichées et la politique menée dans les cercles militaro-politiques, il y a souvent des distorsions. En fait, ce conflit est devenu trop complexe et vu de l’extérieur, on ne peut que déplorer les dégâts mais que faire ? Rien semble-t-il et pourquoi ? Peut-être parce que la situation est floue et qu’on ne peut instruire de procès, ni désigner des coupables. Gaza n’est pas un Etat comme la Géorgie et Israël n’est pas la Russie. Les crimes de guerre perpétrés par Tsahal le sont dans un contexte de guerre et se présentent comme des dégâts collatéraux. Rien de commun avec les massacres de Srebrenica commis par les milices serbes sous la bienveillance de Milosevic. Et qui ont finit par déclencher une réaction internationale résolue et musclée. La guerre menée par Israël conduit à des atrocités qu’on ne peut nommer pour les transcrire en résolutions du droit international. J’ai bien essayer de nommer ce que, par effet miroir historique, ou par analogie je ressens de la politique militariste d’Israël mais j’ai décidé de ne pas envoyer ce texte pour une publication. Quelque part, nous voilà condamnés au silence. C’est ce qui fait la singularité de ce conflit qui, tant qu’on n’aura pas réussi à le nommer avec des mots qui frappent, perdurera pendant des ans.


 par Bernard Dugué (son site) - http://www.agoravox.fr/
Mardi 30 décembre 2008
- Publié dans : Actualité Internationale
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