Publicité

Publicité

Présentation

  • : MoDem 76 - Micro Observatoire Démocrate
  • mouvement-democrate
  • : MoDem 76 - Micro Observatoire Démocrate
  • : 04/05/2007

Contact

Publiez vos textes, articles, photos, vidéos ...
sur MoDem76.com.

Envoyez les sur notre Mail :



Partenaires









MoDem 76 en 24 Langues !

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles



 












Plus connue pour sa main d'oeuvre bon marché, la province du Guangdong courtise les industries de haute-technologie. Constructeurs de véhicules hybrides et groupes de télécommunications y ouvrent des centres de recherche et développement


Depuis plusieurs années, la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, longtemps considérée comme l'atelier du monde, cherche à se positionner sur les secteurs à plus haute technologie, une transition que la crise actuelle pourrait accélérer. "La politique du gouvernement de la province est très volontariste", souligne Jean Ruffier, directeur du centre franco-chinois de sociologie de recherche sur les organisations à l'Université Sun Yatsen à Canton. Des "pôles technologiques" ont été mis en place et les sociétés polluantes et peu respectueuses du droit du travail ont été incitées à partir. L'augmentation des coûts (loyer, taxes et salaires) a d'ailleurs conduit nombre d'entre elles à partir vers d'autres rivages, en Chine même ou vers des pays comme le Vietnam.
 
L'un des symboles de ce virage stratégique visant à passer des industries à forte main d'oeuvre mais à faible valeur ajoutée vers des secteurs high-tech est Shenzhen, village de pêcheurs devenu en 30 ans une métropole de 11 millions d'habitants. "Avant nous étions une arrière-cour de Hong Kong. Mais depuis le début des années 90, nous avons entamé un changement, nous sommes passés de la simple production à l'innovation", lance Zhang Hengchun, directeur général du Parc industriel high-tech de Shenzhen. Pour promouvoir leur ville, les autorités de Shenzhen préfèrent faire visiter le parc de M. Zhang au style californien, avec ses vastes avenues bordées de palmiers, qui hébergent des entreprises modernes, plutôt que les ateliers vétustes d'autres quartiers de la ville, où les conditions de travail évoquent le XIXe siècle.

C'est ici que Siemens a ouvert, il y a cinq ans, un centre de production et de recherches et développement pour l'imagerie à résonance magnétique, le premier hors d'Allemagne, employant 500 personnes, dont 200 dans la recherche et développement (R&D). "Nous développons et produisons ici pour le marché mondial, pour les Etats-Unis et l'Europe", explique Xue Min, président de Siemens Mindit Magnetic Resonance Ltd. "Nous avons les meilleurs salaires, car nous avons besoin de gens hautement qualifiés", explique-t-il. D'autres grands noms chinois des télécommunications, comme ZTE, y sont présents.

Shenzhen est également le siège du constructeur BYD Auto (pour "Build your dreams", ou "Construisez vos rêves"), qui vient de lancer sur le marché la première voiture hybride produite en série en Chine. La société, spécialisée à l'origine dans les composants électroniques et les batteries et dont le milliardaire américain Warren Buffett a acquis 9,9%, veut
devenir l'un des leaders pour ces modèles.

En 2007, les produits high-tech ont représenté une valeur de 760 milliards de dollars, soit 32,5% du produit intérieur brut de Shenzhen. Cependant, soulignent certains experts, la limite de cette politique est le faible accès aux crédits. "Pour passer à un travail intensif, il faut investir et avoir de l'argent, mais le patronat privé du Guangdong manque de capacités d'investissements", relève M. Ruffier. "Les entreprises ne peuvent pas s'appuyer sur le système bancaire, c'est l'une des grandes limites" actuellement, ajoute-t-il. Les fleurons de la haute technologie chinoise sont d'ailleurs des grands groupes publics ou fortement soutenus par l'Etat. "Ce dernier est le seul acteur qui puisse le faire", explique le chercheur.

La crise économique, qui entraîne une montée du chômage, pourrait renforcer les effets de cette politique avec la fermeture de nombreuses entreprises qui n'ont pas su s'adapter. Mais face à la menace du chômage, elle peut aussi amener les autorités à être moins exigeantes et à accepter le retour d'entreprises de main d'oeuvre, polluantes et moins regardantes sur le droit du travail. "Le levier est simple, il suffit de moins surveiller les entreprises, de nouveaux ateliers vont s'ouvrir et on recrée de l'emploi, c'est (...) très pragmatique", juge M. Ruffier.


Par François Bougon - http://www.aujourdhuilachine.com/
Mardi 30 décembre 2008
- Publié dans : Actualité Internationale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus