À quelques heures du vote des militants socialistes, ça se bouscule encore aux portillons pour rappeler que Martine Aubry, au cours de sa carrière, n’a pas toujours été contre un rapprochement avec le MoDem. Mais combien sont-ils
pour rappeler que certains candidats au poste de Premier secrétaire comptent dans leurs rangs des gens qui ont passé une alliance « contre nature » avec Nicolas Sarkozy ou ont été
tenté de le faire ?
Eté 2007, Jack Lang, aujourd’hui fidèle soutien de Martine Aubry, minaudait. Il hésitait à répondre à l’appel que venait de lui lancer Nicolas Sarkozy : intégrer une commission sur la
réforme des institutions. « Je suis honoré et touché, expliquait Jack Lang à l’époque , mais
je ne me suis pas engagé et je n'ai donné aucun accord. (…) Cette proposition, je dois y réfléchir et en parler à un certain nombre d'amis
proches. » Finalement, lui qui a sans doute appris très jeune que ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent, a accepté l’offre du chef de l’Etat. Un an après, il
était l'unique socialiste à voter la fameuse
réforme .
A chacun le sien
Martine Aubry n’est pas la seule à faire la course pour la rue de Solférino, un « boulet de l’ouverture » à sa cheville. Ségolène Royal dispose aussi du sien : Manuel Valls. Le
député-maire d’Evry a toujours eu à cœur de concilier gauche et pensée libérale (rien à voir avec un certain maire de Paris qui a eu le malheur de vouloir réconcilier socialisme et
libéralisme politique...). Et les prises de position de Manuel Valls n’ont jamais été pour déplaire au chef de l’Etat. Quelque temps après son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy lui a
d’ailleurs proposé de participer au gouvernement. Manuel Valls ne suivra pas le sens du vent comme son camarade Jack et refusera, sans trop tergiverser, le maroquin. Mais l’homme garde
malgré tout un souvenir presque « ému » de sa rencontre avec le président : « Pour la première fois, confie-t-il , je me suis
dit que, contrairement aux apparences, Sarkozy n'était pas juste un homme qui parlait beaucoup, mais quelqu'un qui suivait une vraie stratégie, pensée depuis longtemps. » Manuel
Valls, lui, ce qu'il cultive depuis longtemps, c'est sa « liberté de ton ». Une « liberté de ton » qui le pousse parfois à approuver l'action gouvernementale. Une « liberté de ton » qui a même le don d'agacer dans les
rangs de sa propre motion...
Et dire que pendant des semaines, ce qui a focalisé toute l’attention, c’est la question d'une alliance avec le MoDem. Certes, elle méritait d'être débattue. Mais pas au point de chasser
toutes les autres et notamment la question du rapprochement de certains caciques du PS avec Nicolas Sarkozy. Car avec l’ouverture, le vers est déjà dans le fruit socialiste depuis un
moment…
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