Il a mis le temps mais il a fini par cracher sa Valda. Bertrand Delanoë l’a annoncé, aujourd’hui, à travers une nouvelle lettre adressée aux militants socialistes : « En
toute amitié, mais avec l’intensité liée à ce moment, je souhaite te convaincre de voter au nom d’une certaine idée du socialisme. » Et cette « certaine idée du socialisme » chère au maire de Paris, c’est finalement Martine Aubry qui l’incarnerait le mieux : « J’appelle à voter massivement en sa faveur. »
Le mariage de raison est donc officiel : Aubry et Delanoë font bloc. Bloc contre Ségolène ? Certainement. Dans sa lettre, le patron de la motion A en profite pour tacler une
nouvelle fois la patronne de la motion E en rappelant ce qu’il estime être « une stratégie d’alliances claire » : une stratégie
« qui implique de s’ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l’ambiguïté d’alliances avec un parti qui se refuse à différencier la
droite de la gauche… » Et ce bloc sera bien difficile à faire vaciller puisqu’à eux deux, Aubry et Delanoë pèsent près de 50%.
Il ne veut pas être « le grand perdant »
Mais reste une question : pourquoi le maire de Paris a-t-il fini par sortir du bois lui qui, il y a encore quelques heures à Reims, expliquait ne pas vouloir « rajouter à la guerre des chefs et à la confusion » ? Il ne pouvait tout simplement pas garder le silence après avoir échoué à placer un de ses
lieutenants (Harlem Désir notamment) à la tête du fameux front anti-Ségo. Il ne pouvait pas passer son tour et laisser les rats quitter le navire de la motion A (Dès dimanche, certains
signataires de la motion de Delanoë, comme Pierre Moscovici par exemple, refusaient de dire clairement qui ils allaient choisir entre Aubry et Royal). Continuer dans le mutisme, c'était
voir sa motion éclater en autant de courants, c’était reconnaître que sa motion faisait pschitt , c’était reconnaître sa défaite. Et ça, ce n’est pas vraiment pour plaire à Bertrand
Delanoë. Déjà , à Reims, depuis la tribune, il avait lancé : « On dit que je serais le grand perdant ? Cela m'est égal. Ce qui
m'importe, c'est le Parti socialiste. »
Quoi qu’il en soit, pour les partisans de Ségolène Royal comme pour ceux de Benoît Hamon, cette alliance est une bien mauvaise nouvelle. Du coup, les deux camps stigmatisent d’une seule et
même voix le « retour du vieux parti ». Pour eux : Aubry, Delanoë, Fabius, Jospin, DSK, Hollande, c’est « on prend les mêmes et
on recommence ». Comme quoi, Hamon et Royal peuvent parfois s'accorder...
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