Ségolène voudrait bien y aller, mais elle ne peut pas. Du coup, Dray s'y voit. Peillon ne veut pas en parler. Delanoë veut rester dans la course. Hamon se rêve en Premier secrétaire. Le
problème, c'est qu'il ne reste que quatre jours avant l'ouverture du congrès de Reims…
(mpd01605-flickr-cc)
Elle a beau avoir été choisie par les militants, Ségolène Royal, faute de majorité, ne peut prétendre diriger le parti seule. L'ex-candidate à la présidentielle doit donc trouver des alliés
avant que ne s'ouvre le congrès de Reims, qui débouchera sur l'élection, le 20 novembre, du nouveau Premier secrétaire du parti.
Quelles alliances ?
Sur le papier, tout est possible. Vendredi matin, Ségolène Royal a téléphoné à Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon pour jeter les bases d'une synthèse. Le moins que l'on puisse dire est
que l'accueil n'a pas été des plus chaleureux. Or, si Ségolène Royal ne parvient pas à bâtir de majorité, - et c'est mal parti - la Poitevine pourrait voir les clans Delanoë et Aubry se fédérer
contre elle. Il n'est en effet pas exclu que les maires de Paris (25%) et de Lille (24%) constituent un front « tout sauf Ségolène ». Le risque ? Excéder les militants socialistes qui ne
comprendraient pas que leur choix en faveur de Royal ne soit pas respecté.
Qui sera le premier secrétaire ?
Ou plutôt : qui est candidat? Là encore, les jeux sont ouverts : la motion de Ségolène Royal désignera le sien dans les 48 heures.
«Tous les noms qui ont circulé
ne sont plus dans la course », a lâché son lieutenant, Vincent Peillon, hier matin. Une allusion à peine voilée à Bertrand Delanoë et Martine Aubry. Ségolène Royal, qui se sent
« légitime », ira-t-elle? Sans doute pas. Les « barons », ses puissants alliés de province, ne
« veulent pas d'un présidentiable à la
tête du parti », ainsi que l'a rappelé samedi Jean-Noël Guérini. Julien Dray, candidat au poste de
« Premier secrétaire de synthèse », a clairement
offert ses services dimanche sur Canal+ alors que Vincent Peillon, dont le nom circule depuis 10 jours, préfère éluder :
« Il ne faut pas croire que le
"name-dropping" médiatique est la réalité politique. Je n'ai jamais été candidat. (…) A ce stade ce n'est pas la question. » Pour compliquer le tout, Bertrand Delanoë n'a pas l'air de
vouloir jeter l'éponge : certes, samedi, il a appelé au rassemblement. Mais vendredi, il laissait planer la menace d'une candidature maintenue, histoire d'augmenter la pression sur le camp Royal :
« J'étais candidat, je peux l'être, mais je ne veux pas être un problème. Ce qui m'intéresse, c'est le fond ». Quant à Benoît Hamon, galvanisé par son score
(19%),il veut rester candidat.
En somme, le vote des motions n'a rien réglé : le PS en est toujours au stade du « un fauteuil pour quatre ». Quatre, c'est aussi le nombre de jours qui reste aux socialistes pour régler le
problème. Des nuits blanches en perspective !
Commentaires Récents