Tirant les leçons de la chanson d'Alain Bashung,
Ma petite entreprise connaît pas la crise, Alain Madelin et Jean-Marie Messier ont décidé de donner à
fond… dans le porno. Evidemment, présenté comme ça le raccourci est un petit peu rapide et on s'en délecterait déjà. La réalité est bien sûr plus complexe. Soucieux d'investir dans la nouvelle
économie, certains de nos anciens politiques et patrons emblématiques n'ont pas hésité à placer leurs billes dans une société de monétisation de l'audience sur Internet, rentabiliweb, dont le
chiffre d'affaires est notamment lié à ce qu'on appelle pudiquement des
«contenus adultes».
L'affaire remonte à 2007. Cette année-là,
selon le journal l'Expansion, le groupe
Rentabiliweb, spécialiste de la monétisation d'audience via l'audiotel ou la publicité, décide de s'attaquer aux « contenus » et annonce le
rachat de Montorgueil SAS, principal acteur francophone de la
«rencontre on line, du divertissement et du contenu d'animation». Montorgeuil édite de
nombreux sites comme Yes-Messenger.com (rencontres) et surtout CarpeDiem.fr, l'un des plus gros sponsors du web pornographique français. Rentabiliweb a aussi d'autres activités qu'elle met plus
facilement en avant: jeux en ligne, conseils aux internautes, solutions de paiement aux plateformes web etc.
Ça au moins, ce n'est pas un produit complexe!
Selon une enquête menée par le site contre-feux.com,
« début septembre le très libéral Alain Madelin, ancien Ministre de l'Industrie (1986-88) puis de l'Economie est entré au Conseil d'administration de
Rentabiliweb ». Rien d'anormal, l'information est tout juste cocasse car comme le précise Contre-feux, Madelin est en effet également
« Président du
fond Mondial de solidarité numérique, dont l'objectif est de permettre aux pays émergents d'accéder aux nouvelles technologies ! ».
D'ailleurs, Alain Madelin n'est pas le seul a avoir succombé aux charmes de rentabiliweb.
L'actionnariat de la société est
composé de nombreux ronds de cuir de la finance que l'on n'attendait pas forcément là: le vénérable groupe Arnault, la Financière Lov, holding d'investissement de Stéphane Courbit, pape de
la télé-réalité, ancien associé d'Arthur chez Endemol, l'ancien PDG de Vivendi, Jean-Marie Messier, la banque Natixis ou encore HSBC…
L'affaire aurait pu s'arrêter là: Jean Marie Messier apportant son carnet d'adresses, Bernard Arnault un peu d'argent frais et Madelin sa solidarité toute numérique à une société touche à tout
-surtout sur le web- au succès tout tracé.
Selon
Net-eco, tout n'est pas si simple, car
«l'accusateur [à savoir Contre-feux, ndlr]
n'est pas étranger à l'industrie pornographique puisque le groupe Hi-Media, éditeur de
Contre-Feux, est également propriétaire d'AlloPass, un outil de paiement audiotel présent sur de très nombreux sites adultes ».
« Hi-media et rentabiliweb peuvent, en effet, être en concurrence sur certains secteurs mais ce sont des sociétés qui n'ont rien à voir» rétorque Arnaud
Stephanopoli, le rédacteur en chef de Contre-feux.
«Les deux sociétés ne sont pas en concurrence. Au départ, rentabiliweb est une toute petite boîte qui a pris
de l'importance en rachetant Montorgueil mais 90% de son trafic, ce sont des sites pornos. Et ça nous a interpellé de voir que Madelin qui a été ministre des finances et sera peut-être amené à
l'avenir à avoir encore des fonctions publiques était au conseil d'administration de cette société».
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