Nous avons demandé à nos Observateurs, de Cotonou à Melbourne, s'ils se sentaient concernés par la crise financière qui affole les Bourses de la planète.
Vous aussi, racontez-nous comment cette crise est perçue dans votre pays
Nous avons demandé à nos Observateurs, de Cotonou à Melbourne, s'ils se sentaient concernés par la crise financière qui affole les Bourses de la planète.
Vous aussi, racontez-nous comment cette crise est perçue dans votre pays
Bertrand Kpogo, 31 ans, est administrateur informatique à Cotonou au Bénin.
Car la crise financière, ce n'est pas notre crise ! La crise des subprimes non plus n'était pas de notre monde. Nous, nous sortons tout juste de la crise alimentaire, elle a été très dure et elle est encore dans tous les esprits. Nous n'avons pas ici, en Afrique de l'Ouest, la culture de la Bourse. Peu de Béninois ou de Togolais achètent des actions ou effectuent des transactions financières, ce qui explique que si les Bourses se sont affolées au Ghana, par exemple, où il y a beaucoup d'expatriés étrangers, ou à Abidjian, ça n'a pas été le cas à Cotonou. Nous n'avons pas non plus noté d'augmentation des prix ces derniers temps.
En Afrique, nous sommes davantage sensibles aux crises pétrolières, parce que nous importons beaucoup et que lorsque le prix du baril augmente, les secteurs qui importent sont paralysés."
Daudi Were habite à Nairobi au Kenya. Il dirige une petite entreprise qui aide les ONG kényanes et est-africaines à s'implanter.
Quoi qu'il arrive, cette crise souligne le besoin d'une coopération mondiale. En tant qu'Africains, on a l'impression que les décisions prises nous affecteront directement, et pourtant il n'y a rien que l'on puisse faire. Nous ne sommes pas autorisés à entrer dans ces négociations. On n'a donc pas beaucoup de d'espoir."
Awab Alvi est dentiste à son compte à Karachi au Pakistan.
Marc est commerçant à Melbourne en Australie. Il tient le "Waffle On", un magasin de gaufres et de sandwichs.
Les grands restaurants sont sûrement les premiers touchés, mais les gens auront toujours dix dollars [dix dollars australiens = 5 €] à dépenser pour une gaufre. C'est un petit extra qui ne casse pas le porte monnaie ! Ce qui se passe aux Etats-Unis m'amuse : c'est la plus grande économie libérale au monde, mais ce qui se passe en ce moment prouve que l'intervention de l'Etat est parfois bien utile...
En 1986, j'étais aux Etats-Unis, à Dallas, et le restaurant français dans lequel je travaillais avait dû mettre la clé sous la porte. J'ai donc une pensée toute particulière pour les personnes qui peuvent être dans cette situation en ce moment."
Cristina Civale est écrivain et journaliste à Buenos Aires en Argentine.
Au quotidien, les gens s'inquiètent de la valeur du peso argentin. C'est assez incroyable, ils se ruent pour acheter des dollars pour protéger leurs économies.
Pour le reste, nos problèmes économiques sont tellement profonds que la crise est permanente ici. Un peu plus ou un peu moins, qu'est ce que ça peut nous faire ?
On souffre déjà d'une inflation déraisonnée et d'une dévaluation de nos salaires. L'Argentine a toujours eu un modèle économique en crise, on l'a déjà vécu et on le vit tous les jours.
Les gens s'inquiètent aussi, malgré tout, de la façon dont cette crise là va frapper notre pays. Comme on n'a pas de réponse, on reprend nos réflexes du passé : on retire l'argent des banques, on achète du dollar et on continue à travailler en attendant que ça s'améliore."
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