Plusieurs communes refusent d'accueillir les enfants pendant la grève. Paris appliquera la loi dans 62 écoles.
(Reuters)
Première grande grève de la rentrée demain mardi dans l'Education nationale, et premier test pour le service minimum à l'école.
Après des débuts chaotiques, le service minimum, promu par le ministre Xavier Darcos, a fait l'objet d'une loi promulguée le 20 août. Elle impose l'accueil des enfants en école maternelle et en
primaire en cas de grève, à partir de 25% d’enseignants grévistes.
Entre 15 et 55% des professeurs des écoles ont déclaré leur intention de faire grève ce mardi, selon le SNUipp, le principal syndicat des instituteurs, qui a appelé à la grève dans 26
départements. Paris n’en fait pas partie mais selon le rectorat, 62 écoles parisiennes (sur les 660) comptabilisent plus de 25% d’intentions de grève parmi les équipes. Et sont donc
concernées par le service d’accueil municipal. (Cliquer ici pour consulter la liste des
écoles parisiennes concernées)
Bertrand Delanoë, pourtant fermement opposé au principe, a annoncé que le service minimum serait mis en place dans les écoles puisque «la loi est promulguée». Joint par Libération.fr lundi en
fin de journée, la mairie de Paris ne cachait pourtant pas son inquiétude. «C’est un peu le bazar, on verra bien comment on s’en sort ! L’urgence pour nous, c’est d’assurer la sécurité des
enfants. A priori, demain, ça devrait aller, la grève ne devrait pas être très suivie.»
Ailleurs, en France, plusieurs communes restent réfractaires et refusent d'assurer le service minimum dans les écoles.
En Seine-Saint-Denis, seul département francilien touché par l'appel à la grève, les maires des 26 villes de gauche ont refusé en bloc d'organiser un service minimum d'accueil. «Nous
refusons d'être complices d'un gouvernement qui remet en cause le droit de grève et la qualité même du service public de l'Education nationale», a affirmé Claude Dilain, maire PS de
Clichy-sous-Bois.
La maire de Montreuil, Dominique Voynet, est sur la même ligne: «Nous sommes confrontés à une mauvaise loi, bricolée à la hâte et inapplicable à bien des égards».
Dans le Nord-Pas-de Calais, le maire PS de Lens Guy Delcourt «n'a mis en place aucun accompagnement et se dit prêt à aller devant les tribunaux» pour dénoncer un dispositif qu'il juge
inapplicable.
A Lille en revanche, la maire PS Martine Aubry a dit qu'elle respecte la loi, mais qu'elle «est inapplicable parce que nous n'arrivons pas à trouver des gens formés». La ville a d'ailleurs
annoncé que des personnels seront mis à la disposition des établissements, mais que «techniquement, on n'aura pas les moyens d'assurer un service partout».
A Toulouse, la mairie (PS) a envoyé vendredi un courrier aux parents d’élèves des écoles publiques de la ville les informant qu’elle sera dans l’incapacité d’accueillir les écoliers dont
les enseignants seraient en grève demain. «Dès lors que les enseignants, en grève, ne sont plus dans les établissements, nous nous trouvons dans une situation où l’encadrement est
insuffisant, ce qui peut donner lieu à de graves problèmes de sécurité», justifie le maire Pierre Cohen.
Même situation à Saint-Nazaire, où, selon la mairie (PS) la loi sur le service minimum à l’école «laisse beaucoup trop d’approximations dans son application», autant d’éléments
qui «conduisent la ville à ne pas précipiter la mise en œuvre de ce dispositif».
Dans la communauté d’agglomérations Nantes Métropole, Gilles Retière, maire PS de Rezé (sud de Nantes), a même lancé un appel à candidature aux habitants afin de remédier à l’éventualité
d’un nombre insuffisant d’employés municipaux pour encadrer les enfants.
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