Madame,
Je n’ai jamais apprécié le parti socialiste mais j’ai suivi depuis longtemps vos actions et déclarations et j’ai toujours éprouvé une grande sympathie pour votre personne. Il est admirable que, jeune étudiante, vous ayez fait poursuivre un père militaire qui avait abandonné sa famille affectivement et financièrement. Entre autres aspects de votre vie personnelle.
J’ai trouvé que vous aviez fait une excellente campagne présidentielle, que vous aviez fait des propositions exclusives, que vous aviez mis en avant des idées fondamentales comme l’avenir des jeunes et leur formation, l’esprit du siècle des Lumières, l’éducation et la recherche, la condition dramatique de nos handicapés, la contribution des femmes à l’économie visible et invisible, la notion de société « plus juste », etc.
Ceux qui vous ont reproché d’être ignorante en économie comme Strauss-Kahn ou Sarkozy ont oublié qu’ils avaient été eux-mêmes ministres de l’économie et que ça n’a rien changé durablement pour l’économie de la France. Que même s’il y a eu quelques résultats positifs ponctuels, ils n’ont pas mis en œuvre des actions économiques durables, solides, évolutives, adaptées aux changements mondiaux dans une vision prospective. De vision, ils n’ont eu que celle de leurs ambitions personnelles : Strauss-Kahn à la Banque mondiale, Sarkozy Président.
Malheureusement, je partage avec Isabelle Alonso un profond dégoût pour l’ensemble de la classe politique qui n’a pas pu supporter l’idée qu’une femme puisse accéder aux fonctions présidentielle. La France est profondément machiste, peut-être plus qu’aucun autre pays en Europe.
Pourtant, beaucoup de gens vous ont suivie, encouragée et admirée. Il y en a même qui semblaient vous vénérer. Je me souviens d’un reportage en province où on voit des gens vous toucher, vous embrasser, vous encourager affectueusement. Je n’ai jamais vu de telles réactions pour d’autres candidats. Moi-même, je vous ai vue à un meeting de quartier, au début de votre candidature à la candidature. Je vous ai trouvée généreuse, naturelle, simple, accessible, spontanée, intelligente et …drôle.
Je trouve ignoble et sordide, contreproductive, la manière dont les caciques de votre parti vous ont traitée. Je n’avais pas de sympathie pour le parti socialiste et, aujourd’hui, je pense que cet appareil désuet tourne sur ses propres fantasmes de pouvoir et la stérilité de ses rivalités intestines, peu soucieux du bien commun et impuissant à proposer un avenir digne de ce nom à nos citoyennes et nos citoyens, en particulier les jeunes.
Aussi, je ne comprends pas que vous ne quittiez pas ce parti stupide qui n’a pas su reconnaître vos talents et encourager la révolution extraordinaire qu’aurait été l’élection, pour la première fois dans l’histoire de notre République, d’une femme aux fonctions présidentielles. Et pas n’importe quelle femme. Une femme politique expérimentée, une élue, une gestionnaire qui a fait ses preuves, une visionnaire, une mère de famille qui n’a pas renoncé aux aspects les plus positifs de la féminité.
Beaucoup de femmes qui, comme moi ne sont pas affiliées à des partis, partagent mon point de vue et ne se laissent pas influencer par les grossières attaques systématiques et indécentes, calculatrices et machiavéliques, qui vous accablent au détriment d’ailleurs des imbéciles qui les lancent.
J’avais aimé votre « bravitude » sur la grande muraille. C’était de la poésie. En poésie, on peut se permettre de créer des mots, d’utiliser des barbarismes ou des néologisme pour exprimer un sentiment fort et personnel. Vos ennemis ont fait semblant de ne pas comprendre et ont transformé votre élan de créativité en « bourditude » ou « gaffitude » lorsque vous avez osé annoncer que votre appartement avait été mystérieusement cambriolé pour la 3ème fois. On n’en a pas dit autant lorsque Besancenot et d’autres ont dénoncé l’espionnage dont ils étaient victimes.
Malheureusement, entre les médias majoritairement aux mains des amis de Sarkozy et ceux –les deux n’étant pas incompatibles- qui ont déjà voté Delanoë président en 2012, il ne faut pas espérer que vous soyez correctement relayée.
Malgré toute la réserve que j’éprouve pour les politiques, vous êtes à mes yeux, Madame Royal, la seule politique susceptible de représenter dignement la France et les Français en redonnant à notre pays et ses citoyennes et citoyens, du souffle et de l’espoir pour l’avenir.
Je vous demande amicalement, Madame Royal, de quitter le parti socialiste pour mieux vous occuper de nous, femmes et hommes de ce pays, trop méprisés et maltraités par les partis et leurs représentants. Entourez-vous des meilleures et meilleurs experts à droite, à gauche, au centre et nulle part. Il y en a beaucoup qui ne perdent pas leur temps à parader dans les médias, qui travaillent efficacement sans se soucier d’une « reconnaissance » médiatique.
Vous avez déjà démontré que vous étiez courageuse, indépendante et volontaire. Que vous n’hésitiez pas à sortir des sentiers battus, du politiquement correct. Le champ est libre hors des arènes congestionnées par la bêtise, l’égoïsme et le moi-je, moi-je, moi-je. Vous avez un champ d’action potentiel extraordinaire. Occupez-le et, cette fois, n’oubliez pas les femmes qui, féministes déclarées ou non vous ont soutenues et vous soutiendront encore.
Bien cordialement,
Une électrone très libre
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