Edvige est morte. Ou sacrément sonnée. Un Ko salué hier par François Hollande et François Bayrou qui, apprenant la teneur du futur texte recadrant le méga fichier policier, se sont félicités de «cette marche arrière» du gouvernement» et de cette «victoire pour la démocratie». Au même moment, Michèle Aillot-Marie, sèchement remise sur les rails en début d’après-midi par François Fillon, tentait de sauver la face en présentant le contenu du nouveau décret: «Un texte plus clair, plus lisible, plus transparent.»
|
|
||
|
|
Sur le même sujet |
|
|
|
|
|
|
|
||
Règle. Après la forte contestation du collectif Non à Edvige (plus de 180 000 signatures sur le site), relayée par la classe politique (jusqu’au sein du gouvernement), la ministre de l’Intérieur avait été sommée la semaine dernière de revoir sa copie par Sarkozy. Il avait donné «une règle très simple: tout ce qui n’est pas indispensable à la sécurité des Français, il faut l’enlever». Et exigé «une solution dans les tout prochains jours.»
C’est chose faite. Toute la semaine, MAM a consulté les organisations syndicales et patronales, la Cnil (Commission nationale information et libertés), la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances) Auditionnée hier soir par la commission des lois qui avait rendu 9 recommandations pour modifier Edwige, la ministre a encore soutenu que tout n’était qu’une question de confusion due à un «mélange des genres vieux de 17 ans», année du décret sur les fichiers des RG. Simple «mélange des genres» qui l’a tout de même obligé à revoir sa copie.
Ainsi, les personnalités politiques, syndicales, associatives, ou du monde économique, ne seront pas dans le successeur d’Edvige, mais dans «un répertoire administratif» tenu en préfecture. Le collectif reprochait beaucoup à Edvige de regrouper «les personnes […] ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat» ou qui jouaient «un rôle institutionnel, économique, social ou religieux». Ils ne seront plus dans un fichier policier.
Mineurs. Les informations sur la sexualité, la santé et les «origines raciales» n’y figureront plus. «Ce répertoire ne contiendra que l’état civil, la profession, l’objet ou le but de l’association, l’adresse et le téléphone», a assuré MAM.En revanche, le fichage des mineurs de 13 ans devrait être conservé dans un fichier qui concernera les questions de sécurité. MAM a toutefois concédé un «droit à l’oubli», sans en donner l’échéance. A 18 ans? Après un délai de trois ans? La ministre de l’Intérieur a déclaré que c’était «en cours de finalisation», sans donner plus de précisions .
Commentaires Récents