Plus de 93 000 signatures ! Le site du collectif
«Non à Edvige» annonce fièrement les derniers chiffres du compteur de la pétition.
Jour après jour, de nouveaux recours sont déposés devant le Conseil d'Etat contre ce fichier de police né
le 1er juillet dernier et qui instaure, selon les termes de l'organisation,
«le fichage systématique et généralisé, dès l'âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et
religieux».
François Bayrou en a même fait son nouveau cheval de bataille : ce matin sur
France-Inter, il a
lui aussi annoncé qu'il en avait appelé à la plus haute juridiction administrative pour que cet outil
«insupportable» ne voie pas le jour. Mais la
plupart des spécialistes doutent que ces recours puissent aboutir. Au mieux, ils estiment qu'ils permettront d'obtenir la limitation de la durée de conservation des informations concernant les
mineurs car , pour l'heure, les données recueillies sur les moins de 18 ans peuvent en effet être détenues ad vitam aeternam…
Mais alors que tous les regards sont braqués sur cette «pauvre» Edvige, il en ait une autre dont on entend beaucoup moins parler et qui est sans doute déjà à l'œuvre. Cristina, c'est son nom.
Comme pour Edvige il s'agit là d'un doux acronyme qui masque un efficace outil de renseignement. Cristina (pour «Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les
intérêts nationaux») est un autre fichier de police destiné à répertorier des données en matière de terrorisme. Mais, cette fois, personne ne sait quelles sont les informations qui y seront
stockées puisque le décret de création n'est jamais paru au Journal Officiel. Et pour cause : ce fichier est classé «secret défense». Et la
CNIL qui avait obtenu la publication du décret de création d'Edvige n'a pas demandé la publication de celui
de Cristina :
«D'autres fichiers antiterroristes ont existé par le passé et jamais les décrets de création n'ont été publiés», nous explique Yann
Padova, le secrétaire général de la CNIL.
Pourtant, destiné à la lutte anti-terroriste, le fichier Cristina a toutes les chances de rassembler autant sinon plus d'informations que le fichier Edvige dans certains cas. Il semblerait que
Cristina ne se contente pas de compiler des données sur les personnes surveillées par les hommes du renseignement français mais s'attaque aussi à leur entourage. Conclusion : Cristina a beau
être beaucoup plus discrète qu'Edvige, elle n'en est pas moins curieuse.