François Hollande a affirmé dimanche, lors de son discours de clôture à l'université d'été de La Rochelle, que la principale menace qui guette le PS est celle de «l'ingouvernabilité», à dix
semaines du Congrès de Reims qui doit désigner son successeur. «Il faut que ce parti soit dirigé, il faut un pôle central, on ne peut pas être dans la dispersion, la fragmentation, dans
l'émiettement», c'est «l'ingouvernabilité qui peut être la menace principale», a affirmé le premier secrétaire. «J'ai toujours voulu la cohésion, l'unité, l'esprit collectif et je mets en garde
tous ceux qui seraient tentés de faire l'inverse», a-t-il prévenu.
«Il ne faut pas porter d'exclusive, nous avons besoin de tous au PS», a poursuivi François Hollande selon qui «il faut reconnaître les différences quand elles existent, mais marquer les
convergences quand elles s'imposent». Et d'ajouter: «Il faut situer la question des personnes à sa juste place», sinon ce sera «une compétition entre nous sans portée politique».
François Hollande, qui quittera la tête du PS après le Congrès de Reims, a dit qu'il éprouve de «l'émotion, pas de nostalgie». «J'assume ce que j'ai fait, je prends toute ma part des défaites,
j'assume aussi nos victoires collectives», a-t-il affirmé.
Un peu plus tôt, le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui a annoncé cette semaine sa candidature au poste de premier secrétaire, a estimé que le PS allait «finir par sortir par le haut». «J'ai
quand même confiance dans ce qu'est le Parti socialiste, parce que son idéal me paraît quand même plus indispensable que jamais (...). Je pense que par le débat démocratique, on va finir par
sortir par le haut, j'espère», a déclaré Bertrand Delanoë. De ces trois jours, «je préfère retenir ce qui, sur le fond, est le travail, la créativité des militants socialistes pour offrir une
perspective aux Français" car "ils sont dans une situation extrêmement difficile et c'est à cela qu'il faut répondre». Il a insisté sur la nécessité de «choisir une ligne et des dirigeants
politiques par le fond» et non par des accords «exagérément tactiques».
Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a pour sa par estimé que «si les divisions continuent, le PS risque de rentrer dans la confusion politique». «On a trop souffert de ces
divisions pour les entretenir, a-t-il affirmé à l'AFP. Je dis, attention casse-cou!». Il a appelé à «un sursaut» pour «dépasser les egos personnels» afin que le prochain congrès du PS de La
Rochelle «soit un moment de clarification».
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